• # Samba ÉDU monte dans un bâteau

    Posté par . En réponse à la dépêche SambaÉdu 4, une solution de serveurs pédagogiques libres basés sur GNU/Linux. Évalué à 2.

    Témoignage : comme "personne ressource" dans un lycée de 1200 élèves, il avait été décidé à l'origine (il = le chef d'établissement et moi, il y a plus de 10 ans aujourd'hui) de jeter notre dévolu sur SE2 (via un CD gravé à partir des sources fournies par l'Académie de Caen) parce que la solution permettait d'installer rapidement (et gratuitement) un ensemble de services dédiés sur un réseau comprenant :

    1) Des machines pour les salles de TP/Physique-Chimie/SVT
    2) Des machines pour les différentes filières d'enseignement (économie, gestion, accès web filtré etc.)
    3) Des machines en usage libre en bibliothèque, y compris l'accès aux bases de données de recherches bibliographiques
    4) Des machines dédiées aux enseignants dans leur salle de travail (avec la fameuse suite bureautique californienne, mantenant remplacée par LibreOffice) .

    Une fois le parc bien connecté dans les règles de l'art (ce qui a été fait à plusieurs reprises, sur un site qui est passé par toutes une série d'avatars, y compris le retour à 0, du fait de la rénovation des bâtiments) SambaEdu bénéficie d'une prise en main facile et autorise le déploiement rapide sur les postes clients des logiciels demandés par les usagers. Une difficulté néanmoins, qui a été mentionnée : la mise à jour annuelle du LDAP concernant les élèves et une partie des personnels. Pour les personnels, le problème est marginal en terme d'accès sécurisé aux postes clients, puisque le turn-over est limité. Pour l'annuaire des élèves, il est dépendant de la constitution d'une base de données validée après la rentrée scolaire par le Rectorat, ce qui peut prendre un certain temps.

    Les conditions requises pour un fonctionnement optimal (eu égard à la charge que les serveurs doivent supporter lorsque 400 postes se connectent dans les mêmes tranches horaires), consistent à installer des machines dédiées pour séparer les services (tous les services ne sont pas sur la même machine). Il a été difficile au début de convaincre la direction de l'établissement de la nécessité de faire l'acquisition de plusieurs machines puissantes, d'autant que les dotations pour les postes clients sont des dotations sur lesquelles les établissements d'enseignement n'avaient pas la main : "politiques publiques" obligent, c'est la Région qui fait déverser plusieurs centaines de poste sous Windows, en moyenne tous les 5 ans. Après des débuts laborieux, on peut dire que depuis quelques années, les réseaux informatiques en établissement scolaire n'en sont plus au stade de l'artisanat (quoique l'absence de poste officiel de "technicien réseau", supplée par une "personne ressource" issue du corps enseignant confine parfois, de fait, à une sorte de quasi-bénévolat).

    Le lecteur étranger à l'Éducation Nationale imagine sans doute difficilement comment un professeur de Lettres implante un réseau informatique sur plusieurs centaines de postes, avec l'aide d'un technicien d'une entreprise extérieure, rémunéré au départ pour faire de la maintenance ponctuelle (une matinée/semaine) et sans aucune expérience de Linux !

    Ce qu'il faut savoir : dans un établissement cohabitent plusieurs réseaux distincts, qui accèdent tous à l'Internet, mais qui ne doivent pas "se voir" (pour des raisons de sécurité : gestion comptable de l'établissement, gestion des absences et des emplois du temps des élèves et des enseignants, etc.). Un certain nombre d'élèves "testent" cette sécurité en permanence (pendant les TP, depuis la bibliothèque, etc.). SambaEdu est très efficace en termes de contrôle d'accès à Internet. Les divers postes clients élèves/profs sont accessibles par identifiant et mot de passe, chaque connexion et bail se retrouvant dans les logs. SE s'est montré particulièrement "touchy" en ce qui concerne l'accès à Youtube, et autres sites diffusant éventuellement des cochoncetés ! Il fut un temps ou l'expression "sex ratio" renvoyait à une "erreur 404" ! (On ne peut pas en dire autant de l'usage des mobiles dans l'enceinte des lycées ...).

    Une question est souvent posée : pourquoi les postes clients dans les lycées sont-ils tous sous Microsoft (Windows 95, puis 7 ...) et non pas sous Linux (Debian) ? La raison en est simple, mais double : a) nombre de logiciels pédagogiques ont été développés historiquement sous MSDOS, puis Windows; b) dans les programmes pédagogiques (notamment en gestion/compta/financière), il est prévu que les élèves travaillent avec des outils informatiques non-libres.
    D'où la nécessité de Samba !