• [^] # Re: Réactance1

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Écriture inclusive, féministes et Wikipédia. Évalué à 2.

    Absolument ! C'est particulièrement drôle dans ce genre de cas. On a toujours l'impression, avec ce type de pensée, que le réel est libre en première instance, puis contraint par des règles dans un second temps. Les structures et règles sociales et institutionnelles implicites et inconscientes, bien que très contraignantes, sont ignorées au motif qu'on ne les perçoit pas spontanément : si je ne le ressens pas, c'est que ça n'existe pas. Je ne ressens pas la domination masculine (surtout quand je suis un homme), donc elle n'existe pas. En revanche, l'obligation de s'arrêter aux feux rouges et la prune qu'on me file si je ne la respecte pas sont bien réelles, elles. Et c'est d'autant plus vrai lorsque lesdites règles sont mis au jour par les sciences sociales (cf. le très pertinent commentaire de François Chaix).

    Je prends toujours le même exemple, mais il me semble particulièrement parlant : il ne viendrait à l'idée de personne (ou si peu de gens) de contester le fait que la Terre soit une boule. Pourtant c'est absurde ! Rien de ce que je perçois ne tend à me faire penser que c'est le cas. Pourtant, personne ne proteste en indiquant "ne pas aimer être 'contraint' par des mouvements scientifiques".

    De façon analogue, on trouve ici "artificiel" de promouvoir la biographie d'une femme parce que c'est une femme. Mais pourtant, si les biographies d'hommes sont hégémoniques, ce n'est pas parce qu'ceux-ci sont intrinsèquement supérieurs aux femmes : c'est tout simplement parce que ce sont des hommes. Donc le "réel" favorise les hommes parce qu'ils sont des hommes (pour tout un tas de raisons socio-historiques) mais on ne peut pas favoriser une femme parce que c'est une femme parce que, dans un cas, c'est une règle implicite, dans l'autre une règle explicite.