• [^] # Re: Consultation

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Calculateur de retraite après la réforme. Évalué à 5.

    « [l]e système de retraite est affiché comme revenu décalé : on met plus de côté donc on recevra plus, pour avoir un niveau de vie équivalent. Même principe que pour le chômage.
    Ce n'est pas affiché comme système de solidarité. »

    Affiché où précisément ? Si on en crois la section historique de la page Wikipedia sur le système de retraite Français on observera effectivement que ce système est schématiquement tiraillé entre deux tendances. Celle d'un système de solidarité et celle d'un système d'organisation du chacun pour soi (joli oxymore en apparence s'il ne s'agissait pas en sous main d'un synonyme de tous pour le pouvoir).

    Exemples :

    « La vie des anciens a longtemps reposé sur la solidarité inter-générationnelle et de menus travaux artisanaux. De nombreuses formes d'entraide volontaires existaient dès le Moyen Âge : corporations, sociétés de secours mutuels. »

    « Pour le secteur privé, les sociétés de secours mutuels (les premières en 1804 pour les ouvriers), dites aussi sociétés de prévoyance18,19,20 ont permis un palliatif, mais leur développement était entravé par la réglementation[...] »

    « La loi sur les « retraites ouvrières et paysannes » (ROP, 191024,25,26) crée des systèmes de retraite par capitalisation à adhésion obligatoire, défendus par des membres du Parti radical comme Léon Bourgeois et Paul Guieysse, qui bénéficient à 3 millions de salariés sur 8 millions, et 40 millions de français [...] »

    « Les querelles se poursuivront jusqu'en 1930, pour savoir qui de l’État, des syndicats, du patronat ou de la mutualité doit gérer ce système. Un compromis est trouvé : protection maladie par répartition et capitalisation pour la retraite, tous deux obligatoires, couvrant théoriquement 10 millions de personnes en 1930 et 15 en 1941. »

    « [...] René Belin va reprendre les projets de la fin des années 1930 qui visaient notamment à substituer le principe de répartition à celui de capitalisation [...] »

    N'ayant pas connaissance d'une loi fondamentale stipulant que la retraite est un revenu décalé et ne saurait-être un système de solidarité nationale ; considérant par ailleurs que la raison d'être de l'état est le souverain bien du peuple et que celui-ci passe nécessairement par la solidarité et la fraternité qui s'expriment à l'égard des plus fragiles ;
    et ne voyant pas en quoi le chacun pour soi et la loi du plus fort pourraient justifier une nécessité d'organisation ; il ne me semble pas déraisonnable de plaider ouvertement pour un système de retraite solidaire par répartition. Et comme vous le soulignez il s'agit bien d'une opinion politique parfaitement antinomique du chacun pour soi que vous semblez présenter sous la perspective TINA si j'ai bien suivi.

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace