Sur quelles hypothèses reposent ces chiffres ? Car je peux moi aussi avancer des chiffres fabuleux mais qui ne reposent sur rien de réaliste concrètement.
Globalement, il semble à ce stade que le discours 100% renouvelable se heurte à des problématiques peu résolus. Tout d'abord le stockage est indispensable pour gérer l'intermittence des énergies renouvelables solaires et éoliens.
Seulement le stockage demande de la place (batteries ou STEPs), des matériaux en quantité pour les batteries, a un coût financier non négligeable et engendre des pertes énergétiques en convertissant en stockant et en déstockant.
D'autant que l'Europe et en particulier la France ont peu de possibilité d'accroitre la part d'hydraulique et donc d'augmenter la quantité de STEPS. Puis il y a plusieurs type de stockage. Ici leur chiffre repose essentiellement leur production de renouvelable sur le solaire. Sauf qu'il n'y en a que le jour d'une part (donc faut de quoi stocker pour tenir la nuit), il faut lisser la disponibilité sur la semaine. S'il fait beau le week-end (où la demande est plus faible) mais moche en semaine, il faut donc un stockage adapté. Puis en électrifiant le chauffage on a besoin globalement de plus d'énergie en hiver qu'en été. Période où le solaire est faiblement efficace en Europe. Et il n'est pas rare qu'il fasse moche presque partout pendant plusieurs semaines dans nos contrées.
Au moins l'énergie solaire correspond aux périodes de besoin en climatisation, c'est déjà ça de gagné.
Donc il faut un stockage qui répondent à tous ces impératifs et globalement ça a un coût assez élevé. Du fait de l'intermittence il faut aussi globalement prévoir des éoliennes et panneaux qui ont en puissance cumulée bien plus que le nucléaire, pour être capable justement de produire suffisamment à tout moment (notamment pour le stockage ce sera nécessaire).
Pour l'instant la plupart des scénarios 100% renouvelables négligent ces questions, ils estiment que le foisonnement est efficace (alors qu'en Europe un anticyclone couvre tout le continent très facilement et les données ne démontrent pas un tel foisonnement). Ou encore qu'en cas de pic de demande mais avec une faible disponibilité on pourra toujours importer depuis les voisins. Si tous les pays reposent sur les voisins en cas de pépin, l'impasse arrivera dès la première période de froid de janvier.
Et on le voit les problèmes. L'Allemagne (tout comme la France d'ailleurs) ont dépensé des sommes importantes pour obtenir une part très minoritaire de production électrique via éolien et solaire. Le charbon pour le premier et le nucléaire pour le second sont très loin d'avoir été remplacées malgré ces sommes. Le nucléaire a quand l'avantage d'être pilotable, émet peu de CO2 et en deux décennies peut totalement décarboner l'électricité d'un pays de manière fiable avec un coût maitrisé (la preuve, c'est le cas de la France). L'Allemagne et le Danemark sont d'ailleurs les deux pays où l'électricité est la plus chère, étrangement sont ceux les pays qui ont le plus investi dans ces technologies au détriment du nucléaire.
Bref, sans les hypothèses de départ pour savoir comment ils ont résolu ces difficultés réelles, difficile d'accorder le moindre crédit à ce scénario.
[^] # Re: Résumé
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au lien 100 % d’énergie renouvelable au niveau mondial en 2050, c’est possible et rentable . Évalué à 8.
Sur quelles hypothèses reposent ces chiffres ? Car je peux moi aussi avancer des chiffres fabuleux mais qui ne reposent sur rien de réaliste concrètement.
Globalement, il semble à ce stade que le discours 100% renouvelable se heurte à des problématiques peu résolus. Tout d'abord le stockage est indispensable pour gérer l'intermittence des énergies renouvelables solaires et éoliens.
Seulement le stockage demande de la place (batteries ou STEPs), des matériaux en quantité pour les batteries, a un coût financier non négligeable et engendre des pertes énergétiques en convertissant en stockant et en déstockant.
D'autant que l'Europe et en particulier la France ont peu de possibilité d'accroitre la part d'hydraulique et donc d'augmenter la quantité de STEPS. Puis il y a plusieurs type de stockage. Ici leur chiffre repose essentiellement leur production de renouvelable sur le solaire. Sauf qu'il n'y en a que le jour d'une part (donc faut de quoi stocker pour tenir la nuit), il faut lisser la disponibilité sur la semaine. S'il fait beau le week-end (où la demande est plus faible) mais moche en semaine, il faut donc un stockage adapté. Puis en électrifiant le chauffage on a besoin globalement de plus d'énergie en hiver qu'en été. Période où le solaire est faiblement efficace en Europe. Et il n'est pas rare qu'il fasse moche presque partout pendant plusieurs semaines dans nos contrées.
Au moins l'énergie solaire correspond aux périodes de besoin en climatisation, c'est déjà ça de gagné.
Donc il faut un stockage qui répondent à tous ces impératifs et globalement ça a un coût assez élevé. Du fait de l'intermittence il faut aussi globalement prévoir des éoliennes et panneaux qui ont en puissance cumulée bien plus que le nucléaire, pour être capable justement de produire suffisamment à tout moment (notamment pour le stockage ce sera nécessaire).
Pour l'instant la plupart des scénarios 100% renouvelables négligent ces questions, ils estiment que le foisonnement est efficace (alors qu'en Europe un anticyclone couvre tout le continent très facilement et les données ne démontrent pas un tel foisonnement). Ou encore qu'en cas de pic de demande mais avec une faible disponibilité on pourra toujours importer depuis les voisins. Si tous les pays reposent sur les voisins en cas de pépin, l'impasse arrivera dès la première période de froid de janvier.
Et on le voit les problèmes. L'Allemagne (tout comme la France d'ailleurs) ont dépensé des sommes importantes pour obtenir une part très minoritaire de production électrique via éolien et solaire. Le charbon pour le premier et le nucléaire pour le second sont très loin d'avoir été remplacées malgré ces sommes. Le nucléaire a quand l'avantage d'être pilotable, émet peu de CO2 et en deux décennies peut totalement décarboner l'électricité d'un pays de manière fiable avec un coût maitrisé (la preuve, c'est le cas de la France). L'Allemagne et le Danemark sont d'ailleurs les deux pays où l'électricité est la plus chère, étrangement sont ceux les pays qui ont le plus investi dans ces technologies au détriment du nucléaire.
Bref, sans les hypothèses de départ pour savoir comment ils ont résolu ces difficultés réelles, difficile d'accorder le moindre crédit à ce scénario.