• [^] # Re: Des fachos en 1793 ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Du logiciel libre et de la liberté en général. Évalué à 5.

    Êtes-vous certain d'avoir systématiquement placé la flèche temporelle dans le bon sens dans votre propos ? et de ne nullement inverser causes et conséquences ? Quoi qu'il en soit, sans être détenteur de la vérité absolue, il me semble que l'histoire quand on l'évoque de nos jours perd de plus en plus ses subtilités et nuances, tendant vers un noir et blanc manichéen. D'où ma tentative — visiblement assez vaine — d'y restaurer quelques subtilités de tons.

    Pour ceux que ça intéresse, l'article suivant donne des pistes pour comprendre ce qu'a pu être l'anticapitalisme aux racines du NSDAP et comment de présent aux origines (et dans le sigle) il s'est brutalement effacé lors de l'accession au pouvoir.

    Puisque nous connaissons tous mal l'histoire, j'en profite pour raccrocher notre logomachie et nos arguties à la thématique initiale du libre.
    On remarque un certain parallélisme entre les histoires Anglaises, Françaises, et Italienne. En Angleterre, le mouvement des enclosures est bien connu des libristes, et souvent utilisé dans notre apologétique face aux tentatives de privatisation et d'exploitation du domaine logiciel.
    Si la domination culturelle Anglo-saxonne fait que nous soyons tous au fait ce mouvement pourtant presque anecdotique en Angleterre — pour autant que je sache il n'a que faiblement part aux révolutions de ce pays — il n'en est justement pas de même en France et en Italie. Ainsi ceux qui lisent auront compris que l'extension des latifundia est à l'origine de bien des heurts du XXème dont le fascisme Mussolinien. Et en France peut-être sait-on également que c'est un mouvement similaire d'appropriation des biens communs qui est l'une des causes de la révolution. On en trouve particulièrement la trace dans l'engagement de G. Babœuf de par son métier de feudiste qui lui permis de connaître le cœur de ces malversations.

    Le parallélisme temporelle de ce triple mouvement ne peut qu'intriguer ? Peut-être est-ce lié au mouvement des lumières ? En même temps que les humanistes libéraient le peuple de superstitions stupides, ils libéraient aussi les pulsions les plus viles de ses maîtres ne craignant plus la colère divine ? Qui sait ?

    Toujours est-il que de nos jours on observe encore les mêmes forces à l'œuvre : brevets logiciels, constructions de bases de données géantes et privées de données personnelles, licences privatrices de liberté pour l'utilisateur en infraction avec les lois, privatisation des fleurons industriels nationaux, hégémonie des marchés, privatisation de systèmes sociaux (sécurité sociale contre mutuelles ; retraite par répartition, contre retraite par capitalisation), et cætera, et cætera.

    Alors, même causes, même conséquences ? À moins que le changement climatique ne mette prématurément un terme à ces bisbilles ?

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace