un salarié peut accumuler l'argent de son salaire et le transmettre à ses enfants par exemple,
Un auteur également.
Je pense qu'il faut bien distinguer le mode de rémunération du reste. Le droit d'auteur consiste à verser une rémunération différée. On pourrait salarier les auteurs (il me semble que ça existe), dans ce cas l'œuvre vit un certain temps et rapporte de l'argent à l'éditeur, qui fait le pari de rentabiliser le salaire versé initialement. Disons que c'est le cas du jeu vidéo propriétaire, pour prendre quelque chose de pas si éloigné du domaine artistique.
Dans ce modèle c'est l'éditeur qui prend le risque de perdre ou de gagner de l'argent dans la vie de l'œuvre. Dans le modèle du droit d'auteur, l'auteur est impliqué dans ces risques et bénéfices, c'est juste une autre manière de le rémunérer. Il se trouve que l'œuvre va rapporter de l'argent sur une certaine période, et donc l'éditeur et l'auteur seront rémunérés progressivement. Ça ne veut pas dire qu'ils vont toucher plus d'argent, juste que l'argent est versé au fil du temps à l'auteur.
un auteur reçoit une rémunération étalée dans le temps et je ne vois pas en quoi céder la partie qu'il n'a pas encore touchée (sous forme d'un droit à la percevoir) constitue un problème.
Problème d'égalité de traitement par exemple ? Hors droit d'auteur, y a-t-il des situations comparables dans d'autres domaines ? Personnellement je n'en vois pas.
Ça n'existe pas tellement dans d'autres domaines parce qu'on a considéré que dans le domaine artistique ces notions d'auteur et de vie de l'œuvre sont assez présentes, ce qui est moins le cas en moyenne ailleurs (ceci étant dit, il est possible de rémunérer des gens sous forme de pourcentage sur des recettes futures dans d'autres domaines d'activité, y compris d'écrire dans un contrat que ce droit concernera leurs héritiers je pense). On peut citer les actions dans une société, mais ça pourrait être un pourcentage sur les revenus futurs d'une idée ou autre contribution.
Tu peux penser que c'est un mauvais modèle de rémunération, pourquoi pas, mais la transmission aux héritiers est une autre question. Si on considère un éditeur qui pense qu'une œuvre va rapporter 100.000€ de recettes et que 20% vont à l'auteur dans le cas où ça se vent "normalement" (ni ratage ni gloire et célébrité), on peut rémunérer l'auteur de deux façons :
- Soit il est payé comme salarié, il touche 20.000€ pour sa création, l'éditeur assume les pertes ou profits si l'estimation ne se réalise pas précisément (dans un sens ou dans l'autre).
- Soit il est payé via le droit d'auteur, il touche 20% des recettes, par contrat, il assume le risque/bénéfice.
Dans le cas où l'œuvre se vend "normalement" (selon l'estimation initiale), dans les deux cas l'auteur reçoit 20.000,ドル dans les deux cas il peut les transmettre à ses enfants. Je ne vois pas en quoi dans le deuxième cas, si l'auteur meurt après avoir touché seulement la moitié de la somme, ne pas laisser ses héritiers toucher le reste est plus juste. Dans le premier cas, même s'il meurt après que l'éditeur a vendu la moitié des exemplaires, ses enfants toucheront bien l'intégralité de la somme.
Je ne comprends pas en quoi transmettre des droits aux enfants c'est un traitement différent : au contraire, ça permet à l'auteur de transmettre à ses enfants la totalité des gains de l'œuvre, comme s'il avait reçu un salaire pour l'écrire à la place.
Le droit d'auteur est là pour rémunérer l'auteur. Maintenant, ça ne me choquerait pas qu'on continue à verser les droits d'auteurs aux héritiers si ceux-ci font quelque chose pour continuer à faire vivre l'oeuvre d'une façon ou d'une autre.
Le droit d'auteur est juste une manière rémunérer l'auteur de manière différée et sans savoir combien à l'avance, pas de le rémunérer plus ou moins. Ni de transmettre plus ou moins l'argent à ses enfants. Les différences avec le salariat c'est l'incertitude sur le montant et le moment où la somme est versée. Maintenant le fait que la durée soit calculée à partir de la mort de l'auteur ou la durée de perception peuvent être un problème, mais c'est différent de la question de l'héritage.
Pour ce qui est de donner plus de droits aux héritiers sur l'œuvre (droits moraux notamment, pour décider de ce qu'elle devient en tant qu'œuvre) : bof, quand je vois ce qu'ils en font quelquefois. Surtout quand il s'agit d'une descendance assez lointaine.
Le fait qu'ils héritent la rémunération que l'auteur n'a pas eu le temps de toucher avant de mourir, ce n'est pas le problème. D'autant plus que si eux ne touchent pas l'argent, c'est l'éditeur qui le récupère (on pourrait le faire capter par l'état, mais c'est comme prendre 100% d'une partie de leur héritage).
On peut noter au passage que si les héritiers font vivre l'œuvre (d'une manière qui rapporte de l'argent) ils touchent un surcroît de rémunération parce qu'elle rapporte plus d'argent, ce surcroît étant dû à leur travail et pas à celui de l'auteur d'origine.
[^] # Re: Schyzophrénie.
Posté par ylsul . En réponse au journal Payez vos journaux. Évalué à 2.
Je pense qu'il faut bien distinguer le mode de rémunération du reste. Le droit d'auteur consiste à verser une rémunération différée. On pourrait salarier les auteurs (il me semble que ça existe), dans ce cas l'œuvre vit un certain temps et rapporte de l'argent à l'éditeur, qui fait le pari de rentabiliser le salaire versé initialement. Disons que c'est le cas du jeu vidéo propriétaire, pour prendre quelque chose de pas si éloigné du domaine artistique.
Dans ce modèle c'est l'éditeur qui prend le risque de perdre ou de gagner de l'argent dans la vie de l'œuvre. Dans le modèle du droit d'auteur, l'auteur est impliqué dans ces risques et bénéfices, c'est juste une autre manière de le rémunérer. Il se trouve que l'œuvre va rapporter de l'argent sur une certaine période, et donc l'éditeur et l'auteur seront rémunérés progressivement. Ça ne veut pas dire qu'ils vont toucher plus d'argent, juste que l'argent est versé au fil du temps à l'auteur.
Ça n'existe pas tellement dans d'autres domaines parce qu'on a considéré que dans le domaine artistique ces notions d'auteur et de vie de l'œuvre sont assez présentes, ce qui est moins le cas en moyenne ailleurs (ceci étant dit, il est possible de rémunérer des gens sous forme de pourcentage sur des recettes futures dans d'autres domaines d'activité, y compris d'écrire dans un contrat que ce droit concernera leurs héritiers je pense). On peut citer les actions dans une société, mais ça pourrait être un pourcentage sur les revenus futurs d'une idée ou autre contribution.
Tu peux penser que c'est un mauvais modèle de rémunération, pourquoi pas, mais la transmission aux héritiers est une autre question. Si on considère un éditeur qui pense qu'une œuvre va rapporter 100.000€ de recettes et que 20% vont à l'auteur dans le cas où ça se vent "normalement" (ni ratage ni gloire et célébrité), on peut rémunérer l'auteur de deux façons :
- Soit il est payé comme salarié, il touche 20.000€ pour sa création, l'éditeur assume les pertes ou profits si l'estimation ne se réalise pas précisément (dans un sens ou dans l'autre).
- Soit il est payé via le droit d'auteur, il touche 20% des recettes, par contrat, il assume le risque/bénéfice.
Dans le cas où l'œuvre se vend "normalement" (selon l'estimation initiale), dans les deux cas l'auteur reçoit 20.000,ドル dans les deux cas il peut les transmettre à ses enfants. Je ne vois pas en quoi dans le deuxième cas, si l'auteur meurt après avoir touché seulement la moitié de la somme, ne pas laisser ses héritiers toucher le reste est plus juste. Dans le premier cas, même s'il meurt après que l'éditeur a vendu la moitié des exemplaires, ses enfants toucheront bien l'intégralité de la somme.
Je ne comprends pas en quoi transmettre des droits aux enfants c'est un traitement différent : au contraire, ça permet à l'auteur de transmettre à ses enfants la totalité des gains de l'œuvre, comme s'il avait reçu un salaire pour l'écrire à la place.
Le droit d'auteur est juste une manière rémunérer l'auteur de manière différée et sans savoir combien à l'avance, pas de le rémunérer plus ou moins. Ni de transmettre plus ou moins l'argent à ses enfants. Les différences avec le salariat c'est l'incertitude sur le montant et le moment où la somme est versée. Maintenant le fait que la durée soit calculée à partir de la mort de l'auteur ou la durée de perception peuvent être un problème, mais c'est différent de la question de l'héritage.
Pour ce qui est de donner plus de droits aux héritiers sur l'œuvre (droits moraux notamment, pour décider de ce qu'elle devient en tant qu'œuvre) : bof, quand je vois ce qu'ils en font quelquefois. Surtout quand il s'agit d'une descendance assez lointaine.
Le fait qu'ils héritent la rémunération que l'auteur n'a pas eu le temps de toucher avant de mourir, ce n'est pas le problème. D'autant plus que si eux ne touchent pas l'argent, c'est l'éditeur qui le récupère (on pourrait le faire capter par l'état, mais c'est comme prendre 100% d'une partie de leur héritage).
On peut noter au passage que si les héritiers font vivre l'œuvre (d'une manière qui rapporte de l'argent) ils touchent un surcroît de rémunération parce qu'elle rapporte plus d'argent, ce surcroît étant dû à leur travail et pas à celui de l'auteur d'origine.