• [^] # Re: En fait, tu te plains de la liberté des autres

    Posté par . En réponse au journal Au revoir, LinuxFR. Évalué à 4. Dernière modification le 27 septembre 2019 à 12:57.

    En fait je crois qu’on devrait s’en foutre un peu, excusez-moi le langage. Je ne pense pas que c’est un problème de se dire que Kant aurait pu dire une connerie monumentale en disant que l’infanticide ne serait pas un crime du même niveau qu’un assassinat d’adulte. Je crois qu’il a lui aussi le droit à la connerie.

    Je crois qu'il y'a méprise sur mon intention. Ma volonté était simplement de remettre un peu d'ordre sur la vérité de ce qu'à pu dire Kant sur certain sujet. La question de l'infanticide était présentée de telle manière, dans la vidéo, que cela pouvait faire dire à Kant le contraire de ce qu'il avait dit : il me fallait rétablir la vérité sur ce point.

    Mais Kant n'était pourtant pas un être parfait (la perfection n'est pas humaine, seule la perfectibilité est dans notre nature) et il avait bien des préjugés de son époque : il était patriarcal (la gestion du foyer doit revenir à l'homme du fait de sa supériorité naturelle sur la femme pour la gestion de cette charge), quelques peu raciste (mais certainement pas au point que le laisse entendre la vidéo), homophobe (l'homosexualité masculine n'est pas seulement immorale, elle doit être punie de castration) et j'en passe...

    Ceci étant, j'admire tout de même cette homme pour son œuvre philosophique et elle n'a rien à souffrir des ses prises de positions précédentes : il est tout à fait possible d'ếtre kantien aujourd'hui, même sur le plan de philosophie pratique (droit et éthique), sans partager ces positions (même celle sur la masturbation ;-). C'est là aussi un point qui m'a dérangé dans cette vidéo : la morale kantienne se résumerait à celle d'un prussien piétiste du 18ème siècle, n'aurait pas grand chose d'universelle et serait de peu de valeur aujourd'hui.

    Un jugement superficiel, habitué à conclure un peu trop rapidement et sans fondement, pourrait certes arriver à une telle conclusion en partant des exemples et de la présentation de la vidéo, mais il n'en est rien. Tout ceci n'est que des faits sans importance, sans aucune incidence, sur le cœur, et ce qui constitue l'essence, de la morale kantienne : l'impératif catégorique.

    Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse valoir comme principe d'une législation universelle.

    Cela est d'autant plus drôle que c'est justement ce qu'oppose Liorel à l'auteur du journal dans le commentaire initial du thread sur lequel nous discutions :

    Donc si je comprends bien, tu souhaites pouvoir t'exprimer, mais le fait que d'autres critiquent (faisant ainsi usage de leur propre liberté d'expression) te chagrine ?

    Liorel, et avec lui tous ceux qui partagent sa position, sont en réalité des kantiens qui s'ignorent sur le plan de la philosophie pratique. :-)

    L'auteur du journal souhaite pouvoir s'exprimer librement et critiquer qui bon lui semble : telle est sa maxime. La raison pratique, moralement législatrice, lui ordonne alors (via l'impératif catégorique) que cette maxime doit être universalisable comme principe législatif. Or il semble vouloir refuser cette universalisation, ce que lui reproche Liorel. ;-)

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.