• [^] # Re: La preuve par l'exemple

    Posté par . En réponse au lien #Metoo la meilleure alternative à un des piliers de la démocratie: la présomption d'innocence . Évalué à 1.

    Pour l'exemple d'Oxford, c'était peut-être maladroit de ma part

    Le but de mon commentaire n'était pas de porter un jugement sur toi pour avoir apporté cet exemple.
    Je pense que n'importe qui qui défend l'idée que le féminisme est néfaste fini toujours par faire référence à un tel exemple (c-à-d un exemple de "délire féminazi" qui en réalité est juste un type normal qui a dit un mot de travers et se prend une avalanche de la part de la "meute" anti-féministe, pour reprendre un terme qui n'aurait pas choqué quand associé aux féministes), parce que ces exemples sont malheureusement vraiment nombreux.

    Comme le propos de ce journal est "on est mal barré, aujourd'hui, on fait un pas de travers et on se fait traité de sexiste", je pense que cela valait la peine d'illustrer que "aujourd'hui, on est mal barré, on fait un pas de travers et on se fait traité de féminazi" est tout aussi "réel" (pour peu qu'on soit biaisé dans ce sens là).

    A titre d'exemple: ...

    Je pense que ce sont de nouveau des exemples de ce dont je parlais. Par exemple, personne ne prétend que "la place des garçons dans la cours de récré" ou "l'écriture inclusive" va magiquement tout régler. Il ne s'agit que de deux minuscules éléments dans une stratégie plus globale de faire changer les mentalités sur le plan social et inconscient.
    Attention, je ne dis pas que je défends cette stratégie.
    Ce que je dis, c'est que c'est caricatural de prendre quelqu'un qui dit "place des garçons dans la cours de récré" et de crier "houlà, féminazi", tout comme ça l'est de prendre quelqu'un qui dit "MeToo a aussi des problèmes" et de crier "houlà, sexiste".

    Pour ce qui est de Sastre ou de Quillete, ...

    Dans les deux cas, mes soucis avec ces deux sources n'est pas l'aspect controversable, mais le fait que ces deux sources ont commis des actions anti-scientifiques qui doivent avoir comme conséquence une perte de confiance dans leur propos (ce qui ne veut pas dire que je jette immédiatement leur contenu à la poubelle, ils peuvent regagner ma confiance, mais je ne leur ferais pas aveuglément confiance).

    C'est un peu la même chose pour ton lien youtube controversé discuté juste au dessus: donner un mauvais argument déforce ton propos, et il te faudra maintenant démontré que la raison de ce lien est ta paresse de trouver mieux plutôt que le fait que la vidéo te paraissait convaincante (car si tu es convaincu par une vidéo faite par quelqu'un de totalement non fiable, comment puis-je croire ton opinion? Elle a sans doute été formée par d'autres éléments tout aussi non fiables et mensongés).
    Il est fort possible que la raison soit la première, mais ça reste pas du tout idéal. C'était une gaffe, pas très grave, mais une gaffe quand même. Et plus on fait de gaffe, moins on a de crédibilité.

    Pour ce qui est de Sastre ou de Quillete, je dirais que les sciences sociales ...

    Je ne suis pas sur de comprendre l'argument qui suit.
    Est-ce que tu sépares "Sastre et Quillette" et "sciences sociales", et dis que "sciences sociales" est souvent mauvais sur le plan épistémologique et a des conséquences impactantes mais pas "Sastre et Quillette" ?
    Si oui, je ne suis pas du tout d'accord, je pense que c'est le contraire:
    1) mon problème avec Sastre et Quillette est qu'ils ont échoués sur la qualité épistémologique (c-à-d: ils ont fait des erreurs typiques des anti-sciences, en avançant ou falsifiant des conclusions pour des raisons d'incompétence ou d'idéologie)
    2) si les conclusions de "Sastre et Quillette" s'opposent à celles des "sciences sociales" (et j'imagine que c'est le cas, vu que tu utilises ces articles pour démontrer que certains arguments à l'encontre des conclusion des "sciences sociales" sont supportés), alors, ils ont le même impact. Tu ne peux pas dire: "Monsieur X défend la position A, monsieur Y la position non-A, mais monsieur X doit être évalué avec plus de soin car la position A a un gros impact". Si A a un grand impact, alors non-A, qui va influencer l'application ou non de A, a aussi un gros impact.

    Si les thèses des evopsys peuvent être sujettes à caution, j'apprécierais qu'il en fût de même pour les premières. Ce n'est pas le cas, souvent contredit avec l'argument d'autorité: plein d'études entrent en contradiction

    Pas sur de comprendre ça non plus.

    Premièrement, je ne suis pas convaincu sur le fait qu'il y ait "plein d'études qui entrent en contradiction". J'ai l'impression que cette affirmation tire une balle dans le pied de "si les concepts de micro-aggressions et patriarchie sont si largement considéré comme une base stable, c'est parce que le secteur est dominé par les gauchistes". Qu'il y ait de temps en temps une étude avec des conclusions contradictoires à la dizaine d'autres, ça arrive, c'est comme ça que les sciences marchent. Que ce genre de cas soit monté en épingle à la manière de ce qui se passe avec le réchauffement climatique, ce n'est pas surprenant, mais cela ne devrait pas avoir d'impact sur l'analyse de quelqu'un qui sait prendre du recul.

    Deuxièmement, les thèses des evopsys doivent effectivement être sujettes à caution (malheureusement, beaucoup font de la mauvaise science avec l'evopsys: prouver qu'une chose qu'on croyait impossible est possible par un exemple évolutionniste existant est ok (l'existence de chien vert, passé ou présent, prouve que l'impossibilité d'avoir un chien vert est incorrecte), prouver qu'une hypothèse émise par quelqu'un est impossible car un exemple évolutionniste existant ne l'a pas utilisé, c'est de la pseudo-science (l'existence de chiens blancs ne prouve pas l'inexistence de chiens noirs)).
    Mais je ne vois pas pourquoi tu dis que les sciences sociales ne sont pas sujettes à caution. De nouveau, j'ai l'impression que c'est une grosse rumeur: on t'a dit "en science sociale, ils font de la mauvaise science, c'est pour ça qu'ils supportent l'idée de patriarchie" (change "patriarchie" par X si tu veux, ce n'est qu'un exemple), c'est là une solution rassurante. La raison pour laquelle le concept de patriarchie est répandu, c'est, selon moi, parce que c'est un modèle puissant qui réussi mieux que d'autres modèles à expliquer les faits (historiques et présents) de manière cohérentes et minimales. Que certains tarés aillent inventer des hypothèses stupides, c'est inévitable (ça veut pas dire que c'est bien), mais ça ne veut pas dire que le concept de patriarchie n'est pas régulièrement remis sur le ring.
    Et, tout comme il existe des tarés avec leur hypothèse stupide de patriarchie partout, il existe des tarés avec leur modèle "anti-patriarchie" qui est soi-disant génial mais refusé à cause du complot des gauchistes (et, comme par hasard, ces personnes étaient anti-patriarchie avant même de construire leur fameux modèle).

    Sans s'interroger sur les budgets alloués pour chaque discipline: A qui profite le crime ?

    De nouveau, ça me parait être un argument facile: tu peux le sortir pour tout.
    Par exemple, Sastre: si elle passe à la télé et dans les journaux, et, grâce à ça, vend ses livres, c'est au moins en partie parce qu'elle est "la féministe anti-3ème-vague". Du coup, le même argument s'appliquerait: tout ce que dit Sastre est des mensonges vu que c'est comme ça qu'elle gagne ses budgets et son argent.
    Évidemment, ce n'est pas ce que je pense, ça montre juste que si tu utilises cet argument, il peut aussi être utilisé contre toi, 1 partout, balle au centre. (avec la différence que celui qui y croit vraiment se décrédibilise un peu pour ne pas avoir remarqué ça)

    Par ailleurs, le marché "anti-féministe" rapporte lui-même beaucoup. Parfois même en créant les faux "féminazis" ou en les incitant. Je ne pense pas que ça soit un facteur suffisant pour balayer de la main tout les arguments ou prétendre que tout est un complot, mais c'est toi qui a introduit le sujet et c'est sans doute intéressant:
    https://observer.com/2017/02/i-helped-create-the-milo-trolling-playbook-you-should-stop-playing-right-into-it/
    C'est l'article d'un publiciste qui explique comment il a fait exprès de monter des campagnes à l'encontre de son client "politiquement incorrect" pour augmenter ses ventes (ce n'est donc pas un article "moi vs. eux", le type est dans le camp de "l'alt-right").