• [^] # Re: Difficile à interpréter

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Jeunesse et décadence (cf https://linuxfr.org/sondages/suis-je-un-jeune-ou-vieux-lecteur-de-linuxfr). Évalué à 3.

    Lol ... mais arrêter de rêver !!!! Le public, c'est des gamins et ça m'étonnerait qu'ils regardent des vidéos de vulgarisation scientifique

    Ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas la majorité qu'il n'y en a pas. ;)

    D'ailleurs, dans ce classement ou encore celui la je ne vois aucune chaine de vulgarisation scientifique, aucune de grand reportage, mais plutôt:
    * Des sessions de jeu vidéo
    * Des tests de jeu vidéo
    * Des "vidéos marrantes"

    Oui et ? En quoi c'est différent de regarder du foot à la télé, ou des dessins animés, et autres sitcoms ? Pourtant c'est ce que faisait le gamin lambda dans les années 90 (et même avant) ? Et nombre d'entre eux voulaient devenir sportif de haut niveau plus tard par exemple.

    Le média a changé, les codes autour également mais la base de ces activités est la même. C'est du divertissement. Pourtant je suis sûr qu'à tes yeux être acteur dans un film (ou regarder un film) ou jouer au foot au niveau pro (ou regarder les compétitions de foot) c'est moins péjoratif alors que c'est pourtant pareil.

    Figure toi que, dans mon enfance, j'ai eu l'exemple inverse: j'avais un gout certain pour la photographie. Après en avoir discuté avec un conseiller d'éducation, celui-ci m'a orienté vers un CAP.
    J'ai préféré continuer sur une voie générale puis j'ai découvert l'informatique 1 ans plus tard... tu vois ou je veux en venir ?
    Je ne suis pas convaincu qu'un gamin de 15 ans sache réellement ce qu'il veut faire parce que, à cet age la, d'une part son mental est en pleine transformation et le risque de se lasser est énorme.
    D'autre part, tu peux à tout moment découvrir quelque chose de nouveau qui va susciter une vocation.
    Pour finir, les jeunes ont bien souvent une vision idéalisée du métier: celle visible de leur chapelle.

    Je te rejoins sur un point, il est délicat à 15 ans de savoir exactement ce qu'on veut faire plus tard (mais cela n'empêche pas que ça arrive tout de même, c'était mon cas par exemple).

    Mais ce que tu dis est valable dans les deux sens. Je vais m'expliquer.

    Le soucis principal avec le système actuel c'est que l'orientation est un sujet traité par dessus la jambe. Que ce soit par les parents ou les établissements scolaires. Tu es nul en classe ? Voie professionnelle. La voie pro t'intéresse mais tu es bon à l'école ? On va te forcer de poursuivre en général coûte que coûte.

    Et pendant longtemps (car apparemment le lycée a changé) c'était pareil au sein de la général entre les filières L / ES / S. Les bons étaient dirigés en S, les moyens en ES et les mauvais en L. Quelque soit leur orientation futur envisagé et de l'attrait réel pour les matières considérées.

    Puis bon, les conseillers d'orientation ou les professeurs ont aussi une vision très étriquée des filières universitaires et professionnelles. Le nombre de fois où j'ai entendu qu'une carrière scientifique n'était pas envisageable sans avoir appris le latin... Une blague quoi !

    Il y a un gros travail à faire dessus, car cet accompagnement doit être fait proprement, c'est un sujet sérieux et difficile. On peut facilement s'y perdre surtout l'enfant. Et pourtant le cadre est assez médiocre.

    Pour l'aspect double tranchant, je vais donner mon retour d'expérience. Dans mon école d'ingé, quelques années seulement après le diplôme en poche, il y a une poignée d'élèves qui ont en fait abandonné l'ingénierie. reconversion dans des filières professionnelles ou agricoles pour certains ou dans d'autres domaines très éloignés. Pourquoi ? Ils ont fait ces études par la pression familiale, car le salaire était correct, le statut social assez bon et le chômage bas. Bref le job rêvé pour une progéniture.

    Sauf que l'enfant n'était pas heureux et avec la confrontation de la vie active a été fatale. Ils ont préféré aller dans des filières moins positivement connotées par la société. Du coup ils ont perdu pas mal de temps et ça a eu un coût pour eux comme pour la société. Génial. Tout ça parce que les parents forcent le choix de l'enfant jusqu'au jour où il peut s'émanciper.

    Pour finir, les jeunes ont bien souvent une vision idéalisée du métier: celle visible de leur chapelle.
    Je ne suis pas convaincu que, par exemple, ceux qui ont coché youtubeur aient conscience que pour une vidéo de 10 minutes, il y a souvent des heures de travail de prise d'image, de montage vidéo, sans compter les heures passées à trouver des sources de revenues (sponsoring, vidéos publi-rédactionnelle, etc..)
    Je ne suis pas non plus convaincu qu'ils aient conscience que sur 100 000 wannabe-youtubeur, une poignée seulement rencontrera le succès qui leurs permettra de prétendre à vivre de ça.
    Au final, voiloir être youtubeur, c'est pas plus réaliste que vouloir être footballeur ou musicien pro.

    Il n'y a pas besoin d'avoir un succès fou pour vivre de Youtube, à savoir obtenir juste un SMIC. C'est bien plus sélectif pour le sport de haut niveau (où par ailleurs peu de sports permettent d'en vivre même si tu es bon) ou les arts en général.

    Je peux te retourner l'argument, ceux qui rêvent de marcher sur la Lune ou de gagner un match de coupe de monde de football ne voient que l'aspect sympa mais ne réalisent pas la difficulté de la sélection (peu d'élus par rapport au nombre de candidats) ou les difficultés en coulisse qu'impliquent de tels métiers pour se préparer.

    Donc je ne vois pas ce que cela change en fait.

    Oui, excuse moi de préfèrer que ma progéniture s'oriente vers un métier ou il passera son temps dans un bureau climatisé et ou il pourra profiter de son temps libre et de sa retraite autrement qu'en boitant ou en passant son temps assis pour éviter la douleur...

    Après, si sa vocation est d'être mécanicien ou chaudronnier, je respecterai et ferai tout pour qu'il s'accomplisse dans cette voie.

    D'abord un métier manuel ne signifie pas qu'à 60 ans tu sois tout bousillé du corps. Tout le monde ne fini pas dans une mine ou travaille dans une usine mal équipée. Comme dans la restauration par exemple. ET il y a pas mal de gens qui n'échangeraient pas leur métier dans ce secteur pour un autre malgré les difficultés.

    Ensuite c'est bien que tu soutiennes tes éventuels enfants dans de tels voies. Mais je t'assure que nombre de parents ne sont pas dans cet optique. Le bonheur de l'enfant dans son métier n'est pas souvent pris en compte, le salaire ou la prestance sociale a plus d'importance. C'est pourtant aberrant. On peut vivre plus heureux avec un job qu'on aime et un SMIC qu'avec un gros salaire mais un métier alimentaire.

    Enfin c'est un peu facile quand même. Tu ne souhaites pas que tes enfants fassent ces métiers, mais pourtant il faut bien que quelqu'un fasse ce travail difficile ou mal considéré socialement. Donc tu souhaites que ce fardeau repose sur d'autres même si ton enfant aurait préféré faire de tels métiers.

    Parce que c'est un choix de facilité et d'égo, ou au final, il n'y a pas réel mérite.

    Réussir sur Youtube n'est pas un vrai mérite ? C'est quoi le mérite alors ? Tu réalises la difficulté du succès sur de telles plateformes ?

    C'est du boulot de tenir dans la durée avec du succès, cela demande du travail, du matériel, de l'imagination et de tenir une bonne cadence. Je ne trouve pas ça moins méritant que bien d'autres métiers dans notre monde.

    Après oui tu as un peu de chance, mais comme pour tout. Celui qui s'est formé dans les années 70 dans l'informatique a eu le nez creux pour son avenir, la startup qui a réussi à décoller alors qu'un an avant un autre sur un sujet intéressant s'est cassé la gueule, etc. Pourtant dans ces exemples tu vas les trouver normal voire positif mais dans le cas de Youtube non. Pourtant tout ne repose pas ici uniquement sur le mérite personnel, il y a toujours un peu de réussite derrière avec la maxime d'être au bon endroit au bon moment. De manière indépendante du mérite propre de chacun.

    Encore une fois ... la facilitée: foutre son gosse devant youtube, c'est tellement plus simple que de lui donner le gout des choses vraies par des activités partagées...

    Quelle condescendance. Une activité vraie doit être partagée ? C'est quoi une vraie activité donc ?

    Sur ce sujet dans ma vie j'ai entendu de tout. Aller jouer dehors, lire des livres (ou le contraire car la lecture c'est solitaire !), les jeux de société en famille (mais surtout pas les jeux vidéo), etc.

    Pourtant j'ai globalement fait l'inverse gamin. J'ai beaucoup regardé la TV (et pas que C'est pas sorcier), j'ai beaucoup joué à des jeux vidéo et j'ai passé un temps incroyable devant mon ordinateur (et pas que pour apprendre à coder, bien au contraire). Mais j'ai une vie sociale et familiale heureuse et un boulot qui me plaît maintenant. Et je poursuis adulte mes loisirs d'enfant avec plaisir. Donc les conseils à deux francs sur ce que doit faire un enfant pour être bien plus tard, je pense que c'est vraiment pourri.

    Il n'y a pas de recette miracle sur l'éducation d'un enfant, sinon ça se saurait.