Présenter les arguments en respectant l'interlocuteur, sans jamais sous-entendre qu'il serait idiot de ne pas suivre les préceptes qu'on lui recommande ?
C'est nécessaire. Aussi, ne pas lui dire ce qu'il doit penser ou faire. Plutôt lui donner des éléments de compréhension.
Parler souvent mais sans insister de logiciel libre à notre entourage ?
Pourvu que ça ne soit pas perçu comme hors-sujet.
Je l'ai déjà dit ici, mais je trouve que Framasoft donne un exemple remarquable en matière de communication. Ils n'attaquent pas les gens, proposent des alternatives, posent les problèmes sans accuser les gens et sans dire quoi faire, sont encourageants.
Aussi, quelques pistes de réflexion en vrac (sans prétention, j'ai écrit ça comme ça me venait) :
Être complètement cohérent, c'est très rare. Personne n'est parfait (oui, sauf peut-être vous). Se sentir coupable, ou culpabiliser les autres sur leurs incohérences, ça ne sert à rien. Il me semble qu'il vaut mieux ne pas s'attarder là-dessus, et chercher à s'améliorer / encourager à améliorer. Et se concentrer sur la progression (et la noter, aussi bien pour vous que pour vos interlocuteurs :-))
D'ailleurs, on n'a pas toujours toutes les solutions pour être complètement cohérent tout de suite. On peut chercher à trouver ou construire ces solutions, et aussi essayer de pousser la société vers ces solutions. On fait du mieux qu'on peut dans le monde dans lequel à hauteur de ses moyens.
D'ailleurs, on ne connaît pas tout le temps tout. C'est acceptable de dire « je ne sais / savais pas ça[, je vais me documenter] ». C'est vrai pour la personne en face.
Avant d'essayer de convaincre quelqu'un, il vaut mieux être convaincu soi-même et avoir une position solide. (Sauf si, ô joie, la personne en face n'est pas forcément de votre avis mais est disposée à vous aider à construire le vôtre. Ça arrive ! Vous pouvez vous aussi éventuellement le faire :-))
Être à l'écoute : la personne, si elle ne suit ou n'applique pas les idées défendues, c'est peut-être parce que cela lui poserait des problèmes. Ces problèmes sont valides. Il y a plusieurs stratégies qui viendront de la personne elle-même pour contourner ou faire disparaître ses problèmes si l'idée lui parle. Et ça peut prendre beaucoup de temps. L'entourage de la personne est effectivement important. Suivre une idée qui n'est pas très répandue peut isoler, presque par définition, selon les sujets si c'est mal mené, mais il y a des manières d'éviter ça.
Les gens ont parfois besoin de temps pour assimiler des idées. Temps qu'il faut leur laisser. Sur certains sujets, ces idées peuvent les faire se sentir coupables, ou bousculer leur confort. Ça peut les braquer et là c'est fini : ils risquent de ne plus écouter. Ils peuvent ne pas avoir conscience de pourquoi ils sont bousculés, surtout s'ils n'ont jamais été bousculés sur d'autres sujets auparavant.
Parfois, les gens ne sont pas réceptifs ou fermés, et ça ne sert à rien d'argumenter. Mais très souvent, si vous êtes bienveillant, ils posent des questions eux-mêmes : c'est le moment de leur répondre en douceur !
Parfois, les gens se moquent. Puis, ils attaquent. Il faut prendre sur soi, et parfois, c'est leur manière d'interroger justement. C'est un moment où il est très important de se contrôler et de bien réfléchir à ce qu'on dit. Ce n'est pas toujours facile à encaisser et à faire. Parfois, ils vont soulever des points valides : surtout, ne pas être de mauvaise foi. Ces points sont valides, soit vous avez des arguments pour les « solutionner » en douceur, soit on peut dire qu'on ne sait pas et qu'on se documentera. Vous êtes convaincu·e que votre idée est bonne, non ?
Parfois, vous avez peut-être tort. Vous avez tout à gagner à écouter les gens.
Parfois, votre interlocuteur et vous avez tou·te·s les deux raisons. Seulement, vous ne partez pas des mêmes prémisses ou du même point de vue. C'est important d'identifier ça.
Parfois, votre interlocuteur vous fourni un argument moisi, une attaque ad-hominem, fait une erreur de logique. C'est humain. Gardez votre calme, soulignez le problème ou non, et si ça se reproduit trop c'est que la personne n'est peut-être plus prête à continuer à entendre vos idées. Il est peut-être temps de sortir en douceur de cette discussion à l'aide d'une diversion ou d'un changement de sujet discret (mais parfois convenu).
# Faire passer son avis
Posté par raphj (site web personnel) . En réponse au journal Militantisme : parler d'un sujet pour convaincre. Évalué à 6.
C'est nécessaire. Aussi, ne pas lui dire ce qu'il doit penser ou faire. Plutôt lui donner des éléments de compréhension.
Pourvu que ça ne soit pas perçu comme hors-sujet.
Je l'ai déjà dit ici, mais je trouve que Framasoft donne un exemple remarquable en matière de communication. Ils n'attaquent pas les gens, proposent des alternatives, posent les problèmes sans accuser les gens et sans dire quoi faire, sont encourageants.
Aussi, quelques pistes de réflexion en vrac (sans prétention, j'ai écrit ça comme ça me venait) :