• [^] # Re: Notion d'insulte

    Posté par . En réponse au journal Appel à interviews. Évalué à 0.

    Oui mais non. Le fait que les femmes sont majoritaires dans tous les domaines universitaires, et que ce déséquilibre s'accentue depuis 20+ ans, est une réalité bien documentée ; ce n'est pas de l'opinion, juste de la statistique:

    Mais quel est le problème avec ça ?
    Par exemple, lorsqu'il s'agit de déséquilibre en politique ou parmi les dirigeants d'entreprise, les études montrent que les femmes sont moins représentées notamment parce qu'il existe des barrières injustes à leur égard basées non pas sur leur mérite, mais sur des préjugés.
    D'ailleurs, ne trouves-tu pas PIRE que les femmes au final gagne moins alors qu'elles étudient plus, n'est-ce pas la preuve qu'il y a un déséquilibre encore plus grand à l'encontre des femmes ?

    On notera aussi que les femmes gagne plus que les hommes aux alentours de 20-30 ans. Certains idiots pensent qu'il s'agit d'une preuve que les femmes sont donc favorisées. Sauf que le salaire des hommes progresse ensuite bien plus, et qu'au total 12euros pendant 20 ans n'est pas aussi avantageux que 10euros pendant 5ans suivis de 15euros pendant 5ans suivi de 20euros pendant 10ans. Et la raison de cette différence de salaire entre 20-30 ans peut être que les femmes sont placées dans des postes de subalternes permanents, pour des raisons de préjugés sexistes.

    De nouveau, ce genre d'argument résonne creux: il ressemble à une mauvaise imitation des critiques du sexisme: on trouve un endroit où il y a un déséquilibre, et on l'agite comme s'il s'agissait d'une preuve, oubliant tout le contexte autour. Dans une société non discriminante, il y a plein de déséquilibre. Si parmi un groupe de 20 personnes toutes de même qualification, tu embauches 10 à l'aveugle et que ces 10, par hasard, sont tous noirs, est-ce que ça veut dire que tu es raciste ?

    Si tu veux réellement l'égalité, alors, tu dois accepter qu'il existera des situations où "plus de femmes ...". Inversement, c'est quelque chose de compris par les mouvements de droit des femmes: ils ne s'attaquent pas à un simple déséquilibre, mais uniquement quand celui-ci est le résultat de préjugés injustes.

    Mais on peut dire exactement la même chose des "mouvements des droits des femmes" non ?

    Non. Les mouvements des droits des femmes sont focalisé sur les problèmes des femmes, et ils n'ont pas été créé "pour combattre les mouvements des droits des hommes".
    Honnêtement, dans les mouvements des droits des hommes, il y a beaucoup de personnalité qui sont idéologiquement très très bizarres.

    Est-il vraiment si dur d'admettre que même si des inégalités de genre existaient à la base, le balancier a bien souvent été poussé vraiment trop loin dans l'autre sens ?

    Il y a plein de biais prouvés scientifiquement. Ces biais impliquent que si le balancier est maintenant équilibré, les personnes qui étaient en situations avantageuses avant le rééquilibre vont trouver que "le balancier a été poussé trop loin dans l'autre sens".

    En d'autres termes: s'il n'y a pas une part non négligeable de personnes se plaignant que le balancier n'a pas été poussé trop loin, alors, ça signifie que le balancier n'a même pas atteint l'équilibre.

    Évidemment, il est possible qu'il soit poussé trop loin, mais ton "impression" n'est pas la bonne méthode. Pour vérifier qu'il a été poussé trop loin, on fait des études. Pour l'instant, aucune étude n'arrive à la conclusion que ça a été poussé trop loin.

    Les hommes s'éloignent maintenant, de façon significative et observable, de pans entiers de la société (mariage et études) car il s'y sentent sous-représentés et défavorisés. C'est pas moi qui le dit, c'est eux.

    Oui, c'est effectivement le sentiment d'injustice qui est normal lorsqu'on rétablit l'équilibre. C'est en soi une bonne chose, cela signifie que les hommes, lorsqu'ils étaient favorisés, ne l'étaient pas consciemment, ils pensaient vraiment que c'était une situation équilibrée. Maintenant que la situation devient réellement équilibrée, les hommes ont la tâche plus difficile car ils sont en concurrence avec les femmes, et donc on le sentiment d'avoir été dépossédé de leur droit.
    Comme tu le dis, ils se sentent sous-représentés et défavorisés, mais de nouveau, rien ne supporte le fait que ça soit une réalité.

    Après, c'est une vision très naïve de l'égalité. Certains prétendent qu'ils veulent l'égalité, mais ils ne veulent absolument aucun impact sur leur vie. Comment est-ce même possible? Ils veulent à la fois l'égalité mais à la fois ne pas perdre leur avantage que leur donnait l'inégalité.

    Même le marché s’inquiète, qui se demande s'il n'aurait pas un chwya détruit les fondamentaux qui lui permettent d'exister.

    Il est mathématiquement impossible que cela soit un élément fondamental de la société: est-ce que la société nécessite une séparation entre les cheveux blonds et les cheveux bruns. Théoriquement, il n'y a pas de différence pragmatique entre hommes et femmes (dans la très très grosse majorité des cas, le travail fait par une femme peut être fait avec tout autant d'efficacité par un homme et inversement). Ce n'est donc pas un élément fondamental. Ensuite, que certains hommes soient affectés par la "male fragility" au point de rendre le passage vers une société égalitaire instable pour l'économie, c'est possible, mais ce serait hypocrite de prétendre que c'est de la faute des pro-égalité: ce sont ces hommes ayant la "male fragility" qui sont le problème.