• [^] # Re: Spam politique

    Posté par . En réponse au journal Impressions sur la campagne pour les européennes. Évalué à 2. Dernière modification le 26 mai 2019 à 15:51.

    J'ai tendance à éviter les sources d'infos qui ont l'air plus centrées sur convaincre qu'informer, ce qui arrive parfois avec les vulgarisations « engagées » (je sais pas si c'est le cas ici, j'ai pas regardé).

    Perso, le sujet du climat est un sujet qui m'a fait « perdre » pas mal de temps et m'a conduit à reconsidérer à quel point il est important ou non de connaître la vérité d'un sujet scientifique.

    Comme il n'est pas toujours évident de savoir pourquoi un phénomène est à un moment particulièrement médiatisé, à une époque je me posais la question de me faire une idée, en consultant moi-même la littérature, à quel point le CO2 pouvait avoir une influence (suivant présence dans la troposphère ou la stratosphère), quels autres facteurs n'avaient encore pas assez été étudiés (océans, soleil), etc., et dans quelle mesure il y avait lieu de vraiment s'alarmer.

    Avec le temps, je me suis rendu compte que tous mes efforts au fond n'avaient aucun intérêt : que les conséquences soient 10%, 50%, 90% ou 200% des prévisions les plus alarmantes, les mesures à prendre sont de toutes façons les mêmes mesures de bon sens qui aident la planète déjà de bien d'autres façons (évitant pollutions diverses de l'air et la terre, gaspillage des ressources, etc.). En deux mots : consommation responsable.

    Malheureusement, les dirigeants ne prennent pas la chose au sérieux et se contentent de faire des demi-mesures statistiquement non significatives, de légiférer pour l'achat/vente de quotas CO2, de créer des subventions diverses en son nom (voitures électriques, recherches dont certaines qui n'ont parfois rien à voir, etc.). Bref, le sujet attire des intérêts parasitaires de tout type qui n'ont pas de sentiments pour la planète : ils viennent pour profiter de la situation, quelle qu'elle soit. Réduire la consommation reçoit une médiatisation inversement proportionnelle à celle que reçoit le CO2, ça n'a absolument aucun sens lorsqu'on sait que la première est la cause principale du CO2 humain. La médiatisation se fait plutôt dans le sens inverse : plutôt que réduire la part de la voiture individuelle et repenser la société et le travail, il faut passer à la voiture électrique subventionnée, recycler une partie pour continuer à travailler plus pour consommer plus, etc. Aucune des mesures qui se font a une chance réelle d'avoir une influence significative sur le cours des choses — les vraies mesures sont incompatibles avec la croissance.

    Du coup, cette focalisation sur le consensus chaque fois qu'un « sceptique » apparaît me surprend, car les actes ne suivent pas : le dit consensus est traité par une partie de la population (particulièrement les médias, politiciens et certains milieux sociaux aisés) plus comme un acte de foi religieux, comme si « croire » au consensus était suffisant en soi pour réussir à changer quoi que ce soit, un permis pour continuer son train de vie sans arrières-pensées, en attendant que le Consensus vienne tout régler ; le danger c'est les « hérétiques » qui n'ont pas la foi, peu importe s'ils polluent en fait pareil que les « croyants » et n'ont en fait pratiquement pas d'influence. Remarque : je mets entre guillemets pour dire que l'argument peut être valable peu importe ce que pense la personne et donc que je ne sous-entends pas qu'être d'un avis ou d'un autre fasse de la personne un croyant.

    J'ai l'impression que la plupart des gens, peu importe ce qu'ils pensent, n'ont pas l'intention de modifier leur train de vie significativement pour la planète. À partir de cette constatation, à moins que ça change, peu importe ce que dit la science et peu importe s'il y a des hérétiques : les profiteurs et les je-m-en-foutistes sont ceux qui décident en pratique. Dans ce genre de sujets qui demandent de vrais changements de fond, tant essayer de se convaincre plus soi-même en creusant plus le sujet, comme essayer de partager ses connaissances pour convaincre les autres, est au final, à mon avis, assez inutile, si ce n'est pour le plaisir d'apprendre des choses s'il s'agit d'un sujet qui nous plaît.