• # Une idée pour être inclusif sans parasiter le message

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Appel de plusieurs organisations à imposer un minimum d'interopérabilité pour les GAFA. Évalué à 4.

    De toute évidence, utiliser l'écriture avec les points médians comme écriture inclusive parasite salement le message. Ici, la note de ce billet et la quantité de commentaires qui ne parlent que de la forme et absolument pas du fond en sont un bon exemple.

    La question que je me pose est donc : pourrait-on écrire inclusivement en parasitant le moins possible la lecture, de façon à ce que ce qui est le plus important, donc le message, prime sur la forme ?

    Les points médians sont très pratiques pour forcer l'inclusivité (i.e. montrer explicitement que le message est inclusif dans un contexte où ça peut être douteux) quand il y a de fortes contraintes de caractères (SMS, Twitter...) ou de temps de rédaction (pas le temps de saisir ou de réfléchir à des formes développées plus longues).

    Or, ici on est dans un journal, donc à priori avec autant de caractères et de temps de rédaction que nécessaire. On peut donc écrire une version tout à fait inclusive que le message d'origine qui serait plus lisible, par exemple :

    Lorsqu'on essaie de convaincre des utilisatrices ou utilisateurs de quitter les vilains réseaux sociaux centralisés des GAFA comme Facebook ou YouTube, censeurs et piqueurs de données personnelles, l'objection la plus courante est « mais tous mes amis et amies sont sur Facebook/YouTube/Google+[non, je rigole]/Instagram, donc si je pars, je perds ces contacts ». L'idéal serait que tout le monde parte en même temps des GAFA pour aller vers des réseaux sociaux libres et décentralisés, mais cela semble peu réaliste. Alors, que faire ?

    Cinquante-six organisations de défense des libertés,dont la Quadrature du Net, ont lancé un appel à ce que la loi impose une interopérabilité minimale aux réseaux sociaux centralisés. L'idée est de les forcer à avoir une connectivité à l'extérieur avec un protocole standard, par exemple ActivityPub. Par exemple, si YouTube avait ActivityPub, les membres de YouTube pourraient partir sur PeerTube tout en continuant à suivre/commenter/etc celles et ceux restés chez GoogleTube. Notez bien que cela n'imposerait rien sur leur fonctionnement interne, leur interface, leur logiciel (libre ou pas), seulement sur une partie de leur connectivité extérieure.

    Comme les membres de LinuxFr aiment bien ~pinailler~rentrer dans les détails, je précise qu'évidemment, cela ne résout pas tout. Par exemple, Gmail utilise le protocole standard SMTP mais :

    • ajoute des contraintes non-standard, notamment au nom de la lutte anti-spam (et, pour ActivityPub, ce serait pire car ActivityPub est sous-spécifié et peu interopérable),
    • fait quand même des choses affreuses avec les données personnelles (même si vous avez votre propre serveur de messagerie avec votre Postfix sur Alpine sur Raspberry Pi, Gmail a une bonne partie de vos messages, puisque les personnes avec qui vous correspondez1 sont sur Gmail).

    Donc, rassurez-vous, les GAFA ne risquent pas la mort même si une telle loi était adoptée et mise en œuvre. Mais cela serait quand même un pas pour desserrer l'étreinte dans laquelle ils emprisonnent actuellement leurs utilisateurs et utilisatrices.

    Et je suis sûr qu'en réfléchissant 5 minutes (je me suis contenté de remplacer les points médians au fur et à mesure que je les lisait) on peut faire plus fluide et élégant.


    1. À l'origine « vos correspondants », donc inclusif dans le message d'origine.

    La connaissance libre : https://zestedesavoir.com