• [^] # Re: A propos du Boeing 737.

    Posté par . En réponse à la dépêche Bogues de logiciel et bogues de management : 737 Max et autres catastrophes. Évalué à 10.

    Pourquoi ? Parce que le premier concurrent du remplaçant de l'A320 sera ... l'A320, un avion optimisé jusque dans ses derniers retranchements depuis 30 ans, re-motorisé de surcroît, qui a fini par atteindre un taux de disponibilité opérationnel extrêmement élevé (idem pour Boeing, avant l'arrivée du Max). Et cet indicateur (surtout depuis l’essor des compagnies à bas-coût) est considéré en priorité par les compagnies, même avant la performance, le prix de vente ou la consommation (un avion rentable est un avion qui vole). Le temps que le remplaçant arrive à rivaliser avec son prédécesseur, lorsqu'on voit les déboires de conception rencontrés depuis les années 2000 par les avionneurs est, à mon avis, ce qui explique pourquoi personne n'a encore dégainé pour proposer le remplaçant de son best-seller.

    Je pense qu’avec ce mode de pensée, nous allons inéluctablement vers une perte des compétences : qui saura fabriquer un avion « neuf » dans 20 ans ?

    Je ne suis pas sûr que ce dont a été capable Tesla dans le domaine automobile en bousculant les acteurs traditionnels qui continueraient sans ça à nous vanter le diesel (car-ça-on-sait-faire-et-c’est-rentable) soit reproductible dans beaucoup de domaines.

    Et c’est valable dans l’informatique : chapeau bas à linux, mais y a-t-il une relève ?

    Alors on peut se dire que tant que ça marche, pourquoi chercher plus loin ? Je réponds que ça n’est pas en perfectionnant le silex qu’on a inventé la bougie.

    Alors qu’on nous rabat les oreilles avec l’innovation, la frilosité n’a jamais été aussi prégnante. La dictature du « ROI » risque de nous mener vers la stagnation intellectuelle.

    « Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »