Je vais compléter un peu Zenitram dans la critique.
Être libre dans son informatique c'est faire qu'on ne soit pas emprisonné par des machines : des textes d'opinion n'enferment pas un utilisateur dans un fonctionnement d'une machine en particulier.
Le libre c'est aussi le partage de connaissance tu sais. Quelqu'un qui débute en informatique peut lire, étudier et comprendre des tas de choses à partir de l'existant. Ici, en limitant les possibilités de diffusion dans des langues étrangères, tu brises ce partage universel.
Tu brises aussi bien entendu la possibilité de retravailler le texte à ta sauce, pour améliorer la communication. Si tu trouves le texte de base bien mais que certaines zones peuvent être avantageusement changées pour que cela colle à ton public ou à ton activité, tu ne pourras pas. Tu dois réinventer la roue. Tiens je connais un milieu où réinventer la roue est mal vue.
« Qu'analyser » les sources est impossible ? (liberté 1) C'est un texte, le contenu est la source.
Bonjour pour appliquer cette liberté en pratique quand tu n'es pas locuteur de la langue du texte d'origine. Et que obtenir une traduction ne soit pas naturelle car il y a des contraintes fortes.
Et en plus, faire l'analogie entre un code informatique, qui a une destination d'exécution sur une machine, à fin d'usage pratique, et un texte à destination d'êtres humains, ne donne pas toujours de comparaison très heureuse.
Non mais personne ne dit que un texte politique a les mêmes implications qu'un bout de logiciel. Tu t'inventes une histoire.
Comme je l'ai dit, je n'ai aucun soucis à ce que l'art libre (et les discours d'opinion) ne soient pas défendues par eux et qu'ils ne s'en préoccupent pas.
Ce qui me préoccupe c'est qu'ils utilisent des arguments qu'on utilise contre le LL d'habitude. C'est ça qui est hypocrite. Pourquoi le logiciel proprio ne serait pas une bonne idée alors ?
Je veux dire, modifier un texte pour nuire à Stallman, ce n'est pas impossible que cela arrive. Mais :
Rien n'empêche formellement que cela arrive, licence libre ou pas. D'autant que la licence libre implique de différencier ce qui est d'origine et ce qui a été modifié.
Cela peut arriver au LL aussi. On se souvient d'ailleurs des versions modifiées de GIMP et Firefox pour répandre des malwares via leur installateurs. Pourquoi les développeurs pour préserver leurs réputations ne pourraient pas empêcher cela aussi ?
Déjà, le LL a été inventé bien avant ce phénomène de société. Ensuite, ça ressemble à un argument rhétorique bancal : il faudrait ne pas faire quelque-chose parce que des cons peuvent le pourrir ?
Le phénomène de modifier les paroles des gens n'est pas un phénomène nouveau, en 1984 cela existait déjà. Mais cela prend une autre ampleur.
Et non, cela ne justifie rien, mais cela prouve surtout que la motivation initiale à la protection est bancale : en pratique, c'est une protection bien faible.
Je ne vois pas en quoi c'est lourd : la FSF offre des recommandations afin d'être clair et d'éviter les confusions, qui sont source de frustrations et de malentendus (d'où l'origine de cette discussion que nous avons, d'ailleurs !).
Un texte sera forcément interprété, bloquer une traduction par peur que cela soit mal compris est une mauvaise justification. Je suis quasiment sûr que le texte d'origine peut fournir plusieurs manières de le lire et de l'interpréter. Après tout, le diable est dans les détails.
Suffit d'ailleurs de voir le temps qu'on passe à étudier des auteurs en classe pour réaliser qu'un texte unique suivant qui le lit peut faire ressurgir des tas de choses différentes.
Et ensuite l'envoyer à des équipes pour relecture. Oui, ça n'est pas totalement libre, mais c'est un moyen de travailler en équipe de manière cohérente.
Et si la FSF n'a personne d'apte à relire le travail car la langue n'est pas connue, on fait comment ? Tu ne vois pas le frein que cela peut être pour diffuser leurs idées ?
Et surtout, qu'est-ce que cela peut vraiment leur faire d'être plus souple ? RMS a vraiment plus peur que un de ses textes servent la propagande nazie, ou soit mal retranscrite, mais par contre aucun problème si Emacs a servi a piloter un missile nucléaire pour tuer des gens ?
Car oui, la liberté de tous les usages, c'est aussi des usages assez peu éthiques. Apparemment, cela leur pose moins de problèmes que quelqu'un déforme leur pensée d'origine pour n'importe quelle raison. Je ne trouve pas cela cohérent, définitivement non.
Cette distinction est la base de toute la réflexion de Stallman et de la FSF, si tu la mets de côté sans réfléchir tu loupes toute la compréhension de leur action.
Moi ce que je vois, c'est qu'ils utilisent des arguments qu'on utilise contre les LL dans un autre domaine sans se demander si cela était vraiment justifié ou non. Ce n'est pas une pensée cohérente. Après ils en font ce qu'ils veulent.
[^] # Re: leçon de vie
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au journal Festival d'installation : Jusqu'où et comment pactiser avec le diable ?. Évalué à 8. Dernière modification le 02 avril 2019 à 22:36.
Je vais compléter un peu Zenitram dans la critique.
Le libre c'est aussi le partage de connaissance tu sais. Quelqu'un qui débute en informatique peut lire, étudier et comprendre des tas de choses à partir de l'existant. Ici, en limitant les possibilités de diffusion dans des langues étrangères, tu brises ce partage universel.
Tu brises aussi bien entendu la possibilité de retravailler le texte à ta sauce, pour améliorer la communication. Si tu trouves le texte de base bien mais que certaines zones peuvent être avantageusement changées pour que cela colle à ton public ou à ton activité, tu ne pourras pas. Tu dois réinventer la roue. Tiens je connais un milieu où réinventer la roue est mal vue.
Bonjour pour appliquer cette liberté en pratique quand tu n'es pas locuteur de la langue du texte d'origine. Et que obtenir une traduction ne soit pas naturelle car il y a des contraintes fortes.
Non mais personne ne dit que un texte politique a les mêmes implications qu'un bout de logiciel. Tu t'inventes une histoire.
Comme je l'ai dit, je n'ai aucun soucis à ce que l'art libre (et les discours d'opinion) ne soient pas défendues par eux et qu'ils ne s'en préoccupent pas.
Ce qui me préoccupe c'est qu'ils utilisent des arguments qu'on utilise contre le LL d'habitude. C'est ça qui est hypocrite. Pourquoi le logiciel proprio ne serait pas une bonne idée alors ?
Je veux dire, modifier un texte pour nuire à Stallman, ce n'est pas impossible que cela arrive. Mais :
Le phénomène de modifier les paroles des gens n'est pas un phénomène nouveau, en 1984 cela existait déjà. Mais cela prend une autre ampleur.
Et non, cela ne justifie rien, mais cela prouve surtout que la motivation initiale à la protection est bancale : en pratique, c'est une protection bien faible.
Un texte sera forcément interprété, bloquer une traduction par peur que cela soit mal compris est une mauvaise justification. Je suis quasiment sûr que le texte d'origine peut fournir plusieurs manières de le lire et de l'interpréter. Après tout, le diable est dans les détails.
Suffit d'ailleurs de voir le temps qu'on passe à étudier des auteurs en classe pour réaliser qu'un texte unique suivant qui le lit peut faire ressurgir des tas de choses différentes.
Et si la FSF n'a personne d'apte à relire le travail car la langue n'est pas connue, on fait comment ? Tu ne vois pas le frein que cela peut être pour diffuser leurs idées ?
Et surtout, qu'est-ce que cela peut vraiment leur faire d'être plus souple ? RMS a vraiment plus peur que un de ses textes servent la propagande nazie, ou soit mal retranscrite, mais par contre aucun problème si Emacs a servi a piloter un missile nucléaire pour tuer des gens ?
Car oui, la liberté de tous les usages, c'est aussi des usages assez peu éthiques. Apparemment, cela leur pose moins de problèmes que quelqu'un déforme leur pensée d'origine pour n'importe quelle raison. Je ne trouve pas cela cohérent, définitivement non.
Moi ce que je vois, c'est qu'ils utilisent des arguments qu'on utilise contre les LL dans un autre domaine sans se demander si cela était vraiment justifié ou non. Ce n'est pas une pensée cohérente. Après ils en font ce qu'ils veulent.