• [^] # Re: intéressant

    Posté par . En réponse au journal Faire des plateformes sociales des éditeurs pour sauvegarder le statut d'hébergeur. Évalué à 9. Dernière modification le 13 mars 2019 à 09:59.

    Je suis déçu de voir que mon message ne semble pas clair car justement tout mon argumentaire réponds à plusieurs points que tu soulèves.

    Reconnaître qu'avoir un travail d'éditorialisation des contenus fait de votre activité celui d'un éditeur aurait pour effet de mettre l'activité d'hébergeur, la vraie, celle qui ne fait rien d'autre que fournir une plateforme neutre à ce qu'il héberge, à l'abri des sursauts législatifs qui visent à réguler les activités de ces plateformes sociales. En laissant à ces plateformes le même statut alors qu'elles ne font absolument pas la même activité est de mon point de vu très risqué pour l'avenir du réseau.

    L'effet de la massification des accès serait loin d'être le même sans facebook ou twitter. La présence sur un même réseau sociale d'une majorités des individues de la planète n'est pas sans conséquence sur la manière dont les gens vont communiquer entre-eux et sur ce qui va en ressortir, d'autant que ces deux plateformes brillent par leur absence de neutralité éditoriale.

    Ça va paraître suranné, mais il n'est pas difficile de démontrer l'implication des réseaux sociaux comme Facebook dans, par exemple, la radicalisation des individus de par les bulles de filtre qu'il impose à ses membres. Un paquet de démonstration a déjà été faite par des journalistes. Et quand on se retrouve à faire ce genre de choses et avoir ces conséquences sur les sociétés, on ne devrait plus être considéré comme un hébergeur.

    Laissons le législateur réguler autant qu'il veut ces plateformes qui ne sont pas neutre. Ces plateformes censurent de facto de part le fait qu'elles mettent en avant certain contenu et pas d'autre. Il suffit de voir ce que disent les créateurs qui cherchent à vivre de leur activité sur youtube et qui ne savent pas quelle est la règle éditoriale de la plateforme afin que son contenu soit mis en avant ou non censuré. Si youtube n'était qu'un hébergeur, ces créateurs n'auraient pas à se soucier de la mise en avant de leur contenu, et si youtube était un éditeur, alors ils auraient une charte éditoriale claire sur laquelle s'appuyer, quitte à risquer de se faire censurer à priori, mais au moins ils sauraient à quoi s'en tenir au moment de décider sur quoi ils souhaitent travailler.

    La concentration de ces plateformes fait également qu'il est impossible pour un acteur alternatif de voir le jour. Imaginez juste un instant que sur internet, les FAI privilégies les contenus hébergés par AWS parce que c'est là que y'a le plus de contenu et que c'est plus facile et plus économique de ne pas router les connexions ailleurs. C'est exactement ce qui se passe avec une plateforme comme Youtube, sauf que le FAI c'est toi qui n'a pas de temps à perdre à aller voir si ce qui est héberger sur vimeo ou dailymotion a de l'intérêt à tes yeux.