• [^] # Re: Pourquoi je viendrais ? J'ai pas compris !

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal En Francilie, on aime les oignons !. Évalué à 5.

    Sauf que personne n'a été capable de produire un seul exemple réel de ces soi-disant "cas où l'art prend le contrôle de l'utilisateur".

    Pourtant, il y en a plein. Suffit juste d'ouvrir les yeux sur les pratiques des détenteurs des droits qui n'ont rien à envier aux méthodes des grands éditeurs de logiciels.

    Tu as acheté un DVD, tu n'as pas le droit de le relouer (il faut une licence spéciale) ni de faire une diffusion semi-publique à partir de celui-ci comme pour un évènement de quartier. Il faut des accords correspondants.

    Tiens, cela rappelle les limitations de licences à une machine donnée, pour usage familial évidemment (les licences pro sont plus chères), etc.

    Tu t'appelles Netflix, avec des abonnés tout content d'avoir un catalogue qui leur convient et qui payent pour y avoir accès. Dedans tu as certaines œuvres de Disney au catalogue. Mince, Disney veut monter un service concurrent pour avoir une part du gâteau, pas de soucis, au renouvellement de contrat avec Netflix il suffit de refuser une extension du dit contrat (ou d'exiger une somme délirante). Les utilisateurs et Netflix n'ont aucun moyen de recourt car Disney possède les droits sur ces licences et peuvent du jour au lendemain dire stop. D'ailleurs ce phénomène existe dans le milieu des produits dérivés où ton entreprise du jour au lendemain peut perdre le droit de concevoir et de distribuer certains produits pourtant essentiels à son activité. Alors qu'il en avait le droit avant.

    Tu es un service qui veut percer dans la VOD avec des services sympas que les autres ne proposent pas ? Faut une licence pour accéder au catalogue que les gens veulent.

    Tiens, tu es au service touristique de ta ville. Tu veux donc agrémenter la page Wikipédia de jolies photos des plus beaux monuments, de plus beaux lieux. De même sur le site touristique de la ville tout ça. Zut, dedans il y a des œuvres d'arts encore protégés par le droit d'auteur (architecture, éclairage, sculptures, etc.). Tu ne peux pas les diffuser n'importe comment, le détenteur des droits sur cette œuvre doit être contactée préalablement, potentiellement avec une licence payante à la clé.

    Un univers te plaît comme Harry Potter, mais tu trouves que les jeux vidéo officiels sont mal exploités ? Tant pis pour toi, tu ne peux pas espérer produire toi même un jeu à la hauteur de tes attentes toi même. Tu n'as pas le droit.

    Enfin, les œuvres culturelles littéraires sont rarement traduits dans plus de 70 langues. Si tu parles une langue peu rentables tu peux te brosser pour accéder à une traduction avant la fin des droits d'auteur sur l’œuvre en question.. Et si tu tentes de le traduire pour que tes semblables aient accès à cette culture, gare à toi, ils peuvent te tomber dessus car ils ont tous les droits de bloquer la traduction. Tu ne crois pas pourtant que certaines œuvres comme au hasard le journal d'Anne Franck puissent bénéficier d'une traduction non officielle dans une langue non couverte ? Et comme la culture dans nos sociétés est assez important, cela vaut pour n'importe quelle œuvre.

    Bref, on retombe sur les mêmes problématiques qu'avec le Logiciel Libre. Croire que l'art est un univers différent ne tient finalement pas beaucoup. D'autant plus que l'art fait parti de la culture et que la vie culturelle dans nos sociétés est une part significative de nos loisirs et activités. Donc quiconque qui a un pouvoir important sur cette culture a un pouvoir important tout court sur les gens. Il ne suffit pas de dire suffit de se passer de voir Star Wars au cinéma, dans ce cas je pourrais rétorquer qu'il suffit de se passer d'un ordinateur ou d'un logiciel propriétaire pour être libre. Cela ne fait pas avancer le schmilblick.