C'est pas du second degré, c'est du troisième degré, et c'est ça qui est gênant, c'est le même genre de troisième degré qui est utilisé pour communiquer des idées socialement inacceptables (racisme, sexisme) tout en évitant en surface les problèmes avec la justice (justement, à travers l'excuse du deuxième degré, de l'humour, ou quand c'est plus officiel, de la double lecture). C'est ce que les anglophones appellent "dog whistle communication", je ne sais pas s'il y a un équivalent en français. L'histoire des canards, des robocops et des pelles, c'est des mots de passe à destination d'un public très précis. Quand tu communiques autour de ça, ton "sifflet à chien" est entendu seulement par certaines personnes, les autres ne voient pas vraiment ce que ça veut dire (comme ici, parce que c'est mal fait), ou quand c'est bien fait, ne voient rien à redire parce que le discours est superficiellement acceptable.
Ces méthodes sont très utilisées par l'extrême droite, par exemple. Quand un politique d'extrême droite dit "Il est inacceptable que des jeunes se retrouvent désœuvrés à trainer en ville", la majorité des gens pense qu'il parle de l'orientation au collège et au lycée, alors que les électeurs de ce parti comprennent sans ambiguité qu'il envisage d'éloigner les arabes des centres urbains.
On voit qu'ici c'est beaucoup plus maladroit parce que la communication n'est pas maitrisée du tout, mais le fond du message est assez violent : la réunion est réservée aux gens qui sont tous d'accord sur une vision plutôt complotiste de notre environnement numérique, et qui partagent une vision Trotskyste de la politique (typiquement, le progès social ne peut pas venir d'une demande majoritaire, mais plutôt de petits groupes minoritaires et organisés en vue de mettre en place une révolution).
[^] # Re: Agressivité
Posté par arnaudus . En réponse au journal En Francilie, on aime les oignons !. Évalué à 10.
C'est pas du second degré, c'est du troisième degré, et c'est ça qui est gênant, c'est le même genre de troisième degré qui est utilisé pour communiquer des idées socialement inacceptables (racisme, sexisme) tout en évitant en surface les problèmes avec la justice (justement, à travers l'excuse du deuxième degré, de l'humour, ou quand c'est plus officiel, de la double lecture). C'est ce que les anglophones appellent "dog whistle communication", je ne sais pas s'il y a un équivalent en français. L'histoire des canards, des robocops et des pelles, c'est des mots de passe à destination d'un public très précis. Quand tu communiques autour de ça, ton "sifflet à chien" est entendu seulement par certaines personnes, les autres ne voient pas vraiment ce que ça veut dire (comme ici, parce que c'est mal fait), ou quand c'est bien fait, ne voient rien à redire parce que le discours est superficiellement acceptable.
Ces méthodes sont très utilisées par l'extrême droite, par exemple. Quand un politique d'extrême droite dit "Il est inacceptable que des jeunes se retrouvent désœuvrés à trainer en ville", la majorité des gens pense qu'il parle de l'orientation au collège et au lycée, alors que les électeurs de ce parti comprennent sans ambiguité qu'il envisage d'éloigner les arabes des centres urbains.
On voit qu'ici c'est beaucoup plus maladroit parce que la communication n'est pas maitrisée du tout, mais le fond du message est assez violent : la réunion est réservée aux gens qui sont tous d'accord sur une vision plutôt complotiste de notre environnement numérique, et qui partagent une vision Trotskyste de la politique (typiquement, le progès social ne peut pas venir d'une demande majoritaire, mais plutôt de petits groupes minoritaires et organisés en vue de mettre en place une révolution).