• [^] # Re: Allez hop, des doléances en bon uniforme

    Posté par . En réponse au journal Cahier de doléances. Évalué à 7.

    Je parle à un niveau global dans le contexte où l'argent est créé ex-nihilo contre intérêt, c'est à dire à peu près celui qu'on a en Europe ou 97% de l'argent en circulation est créé dans ce contexte.
    Pour que le phénomène soit plus facile à cerner, il vaut mieux partir de zéro. Sinon, on pioche dans l'argent plus vieux qui disparaît avant de rembourser les emprunts dont il provient, compliquant la compréhension du problème mais ne le changeant pas fondamentalement.

    J'ai un village et une banque. Dans le village, aucun argent n'existe encore (je pars de zéro).
    Disons que j'ai 10 habitants qui empruntent chacun 100 000 pour construire leur maison. Chacun devra rembourser 130 000 lorsque sa maison sera finie.

    L'un s'est spécialisé dans la récupération de la terre, l'autre dans les bougies... Ce que tu veux, en tout cas, à eux 10, ils ont assez de compétences pour réunir les outils et matériaux nécessaires pour construire leur maison. Avec leur argent, ils s'achètent les uns les autres les services et matériaux dont ils ont besoin pour la construction et se retrouvent à la fin avec le 1 000 000 € répartis différemment (par exemple 55, 65, 75, 85, 95, 105, 115, 125, 135 et 145).

    N'empêche que s'ils ont 130 000 chacun à rembourser, on voit bien dans notre hypothèse que seuls 2 des 10 sont en mesure de le faire.
    Et quelque soit la répartition, il manque 300 000 € dans l'argent global. Comme cet argent n'existe pas (il n'a pas été créé - ex nihilo, bien sûr), quelques soient les surplus de stock de terre ou la capacité de main d’œuvre des uns et des autres, pour pouvoir rembourser, il faut mettre les 300 000 en circulation. Cela ne peut se faire que par emprunt puisque c'est le seul moyen de créer de l'argent. Malheureusement, ces 300 000 étant eux-même soumis à intérêt, ils ne pourront pas être remboursé non plus.

    J'espère avoir été clair. La difficulté pour se représenter cette situation, c'est de bien comprendre qu'on ne peut utiliser que l'argent qui a été émis. Si cette émission est faite contre intérêt, on ne peut pas les rembourser sans en émettre encore et cela enclenche un cercle vicieux qui se voit très bien sur la dette mondiale.

    Le rôle des banques est justement d'émettre cet argent en fonction de la valeur des biens et services en circulation. Si l'émission correspond bien à cette croissance, l'inflation est faible. Si l'émission est trop forte, il y a inflation (de plus en plus d'argent représente une valeur à peu près identique. C'est l'écueil de la planche à billets d'antan).