• [^] # Re: Proposition n°1: la production doit être durable

    Posté par . En réponse au journal Cahier de doléances. Évalué à 1.

    Rien n’est plus difficile à prévoir que l’avenir.

    Certes, et du coup, le fait de regarder ce qui s'est passé avant semble bien plus pertinent plutôt que d'affirmer sans preuve que notre mode de vie va se terminer de manière violente et catastrophique pour tout le monde. Personne ne prétend que rien ne va changer et qu'il n'y aura pas de conséquences de nos actions et de notre course effrenée vers la croissance (économique, démographique...), mais existe-il dans le passé des exemples d'un tel effondrement? De nombreuses civilisations se sont éteintes sans avoir du tout connu ces phases exponentielles, et l'histoire indistrielle récente montre l'existence de solutions de remplacement à ces problèmes de disponibilité des matières premières. Donc, s'inquiéter et surveiller, pourquoi pas, mais courir en rond en pleurant «on va tous crever», ça relève plutôt du jeu (on joue à se faire peur, on invente des problèmes peu crédibles pour inciter à des changements de comportement...) que de la prédiction économique.

    Par exemple, les disparités de richesse et la misère sont plus liés aux crises économiques qu'à un problème de fond avec l'économie de marché. Durant les phases de croissance économique, la totalité de la société s'enrichit, mais pendant les crises, les riches perdent moins que les pauvres. Les crises sont dues presque systématiquement à des problèmes de bulles spéculatives, des cas typiques où l'économie de marché ne fonctionne pas; c'est peut-être ces crises qui sont à l'origine des problèmes de répartition des richesses, et pas les phases de croissance?

    Pour l'énergie, on aurait moins de problèmes si on se décidait sur l'avenir du nucléaire. Vouloir se priver en même temps des gaz à effet de serre et du nucléaire, ça semble très compliqué. L'urgence étant les GES, il serait probablement plus raisonnable de se dire qu'on se donne 40 ou 50 ans pour sortir du nucléaire, plutôt que de prendre le risque de pénurie énergétique. Sur le fond, ce qui est inévitable, et très souhaitable, c'est bien l'augmentation substantielle des prix de l'énergie. Et encore une fois, c'est contraire à ce que demandent les gilets jaunes, mais c'est inévitable. Isoler une baraque n'est pas rentable, mettre en place un chauffe-eau qui fonctionne autrement qu'avec une résistance électrique n'est pas rentable, même remplacer un chauffage électrique par un poële à bois n'est probablement pas rentable... Parce que l'électricité ne coûte rien, ou presque! Tripler le prix du kWh permettrait une transition rapide vers une société moins consommatrice d'énergie, et de privilégier une production moins polluante. Mais encore une fois, plus de pouvoir d'achat, c'est plus de déchets, plus d'empreinte écologique, plus de gaspillage, c'est complètement contradictoire.