• [^] # Re: Pourquoi ne pas faire du libre ?

    Posté par . En réponse au journal Gabarit Abrupt pour Livre Libre. Évalué à 5.

    En tant que maison, nous n'avons rien contre le copyleft (mais rien pour non plus). Par contre, notre préférence va au domaine public volontaire. Il y a a néanmoins beaucoup de réticence encore chez les auteurs. On y travaille, mais la route est longue...

    L'application de la clause NC est un compromis ; son application chez nous une sorte torsion (pas une application stricto sensu). Elle est destinée principalement à faire barrière à certaines pratiques peu convenables du milieu. Il est difficile de faire un parallèle entre l'économie du logiciel libre et celle du livre (encore plus du livre francophone, notamment par rapport à la force de frappe de certains acteurs) : j'ai expliqué quelques-uns de ces points dans ce commentaire et dans celui-ci. Il y a des pratiques par ex. de re-diffusion commerciale aujourd'hui avec des outils comme Createspace qui peuvent être nuisibles et également des cas relatifs aux poches ou aux traductions assez scandaleuses (et il faut aussi entendre que certains auteurs ne veulent pas que certains types d'autres personnes, physiques ou morales, aux valeurs divergentes se sucrent sur leur dos). Cette clause est une manière de garder un certain contrôle et peut-être de tisser du lien, puisqu'avec notre politique de partage (qui ressemble à une licence à réciprocité), nous levons gratuitement cette clause pour une création dérivée.

    si les auteurs ne s'attendent pas à gagner de l'argent, pourquoi ne feraient-ils pas profiter la communauté de leurs œuvres ? Si ce qui les dérange est que des personnes se fassent de l'argent avec leur travail

    C'est ce qui dérange en effet. Il s'attendent à gagner un peu d'argent (même très peu) ; il s'agit là, sans doute, dans notre époque, avec ses valeurs (que nous ne partageons pas), d'une reconnaissance (face souvent au silence qui entoure la création, quelques francs de droits témoignent d'un intérêt pour l'oeuvre créée). Et avec nous, ils gagnent de l'argent sur leurs ventes (entre 10% et 50% sur une vente). Et au-delà de ce point particulier, les réflexions sur la rémunération des auteurs sont un sujet d'une grande actualité. Il s'agit là d'une expérience, peut-être que demain de nouveaux modèles pérennes s'établiront (un vrai mécénat numérique qui permet de vivre, et non seulement de se payer une bière) et remplaceront le droit d'auteur.

    Vraiment, il n'y a pas de position idéologique ferme ici (si ce n'est notre goût pour le domaine public volontaire), un auteur qui nous proposerait un texte de qualité en copyleft, eh bien, nous l'éditerions avec joie.

    Et au-delà de ce propos particulier, il est aussi difficile pour de nombreux créateurs d'appliquer les réflexions du logiciel libre (des outils) à des œuvres littéraires. C'est le débat entre art et artisanat.

    Mais sur le fond, nous partageons vos réflexions, c'est pour cela que nous avons utilisé pour ce gabarit une licence MIT (et que nous mettons en avant le domaine public volontaire).