Je travaille également dans le milieu et j'ai aussi fait une conférence à ce sujet, en anglais seulement. En montrant une stratégie qu'on peut mettre en place pour les produits embarqués.
Pour résumer un peu le topo, car devoir écouter une heure de conf sans savoir en avance ce qu'il y a dedans cela peut être contraignant.
En fait mettre à jour un système embarqué est relativement simple à mettre en place. Mais disons que tout dépend des contraintes. Car si on peut faire ça simplement, il faudra un matériel un peu plus cher, des développeurs qui bossent bien sur la question (pas de MaJ à l'arrache) et accepter le coût en bande passante associée.
Mais la question de MaJ des systèmes embarqués n'est pas tellement plus complexe que de mettre à jour un PC. Mettre à jour à chaud son système comme on le fait sur Linux traditionnellement est une aberration car à la moindre coupure de courant au mauvais moment et paf le système peut être cassé (et si on vit dans un pays où l'électricité n'est pas fiable comme en Inde, c'est gênant). Les méthodes de mises à jour hors ligne, à la Windows, macOS ou GNOME Logiciels est plus sûr à cet égard. Même si c'est décrié car le redémarrage prend beaucoup de temps.
Pour faire une MaJ on va privilégier des méthodes de MaJ qui essayent de concilier prix / temps d'indisponibilité / robustesse selon le cas d'usage que l'on a. Mais ce choix est valide aussi bien pour PC que pour l'embarqué.
Le vrai problème de l'embarqué à ce sujet est plus culturelle que technique. Maintenir un système à jour dans le temps (disons 20 ans) demande une équipe qui bosse sur le sujet tout le temps. Car il faut corriger les bogues (notamment de sécurité) sur la durée de vie du produit. Cela demande du temps et des compétences pour gérer cet aspect qui est pourtant toujours oublié. D'autant qu'il est rare qu'upstream ou le fournisseur du BSP du SoC (le Yocto ou buildroot) maintiennent aussi longtemps le produit de ce côté là.
L'autre problème, en embarqué il y a beaucoup d'entreprises qui ont la politique du vendu et oublié. Le produit est développé jusqu'à sa commercialisation, après maintenance minimale voire absente. Car à cause de la contrainte plus haut, la maintenance coûte chère et sur une longue durée. Or le produit n'étant vendu qu'une fois, il faut prévoir correctement le coût de maintenance lors de la vente. Sinon c'est cuit.
Enfin, le soucis aussi est l'absence de compromis. On veut que la MaJ soit fiable, pas chère, prenne très peu de ressources, etc. Du coup faute de compromis on aboutit souvent à une situation insatisfaisante pour le consommateur. MaJ trop peu fréquentes, plus de problèmes apportés que corrigés faute d'un suivi ou de tests à la hauteur, etc.
Je trouve que dans l'industrie PC ces biais culturels existent moins. Du coup le problème semble absent. Pourtant je vous assure que mettre à jour un OS comme Windows ou Fedora sur PC a dans l'ensemble beaucoup en commun avec la mise à jour d'un système embarqué. Et il suffit de voir les procédures en place dans ces équipes pour réaliser à quel point le sujet est souvent sous estimé de l'extérieur.
# Pas forcément un casse tête
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au journal Mettre à jour l'embarqué. Évalué à 10.
Je travaille également dans le milieu et j'ai aussi fait une conférence à ce sujet, en anglais seulement. En montrant une stratégie qu'on peut mettre en place pour les produits embarqués.
Pour résumer un peu le topo, car devoir écouter une heure de conf sans savoir en avance ce qu'il y a dedans cela peut être contraignant.
En fait mettre à jour un système embarqué est relativement simple à mettre en place. Mais disons que tout dépend des contraintes. Car si on peut faire ça simplement, il faudra un matériel un peu plus cher, des développeurs qui bossent bien sur la question (pas de MaJ à l'arrache) et accepter le coût en bande passante associée.
Mais la question de MaJ des systèmes embarqués n'est pas tellement plus complexe que de mettre à jour un PC. Mettre à jour à chaud son système comme on le fait sur Linux traditionnellement est une aberration car à la moindre coupure de courant au mauvais moment et paf le système peut être cassé (et si on vit dans un pays où l'électricité n'est pas fiable comme en Inde, c'est gênant). Les méthodes de mises à jour hors ligne, à la Windows, macOS ou GNOME Logiciels est plus sûr à cet égard. Même si c'est décrié car le redémarrage prend beaucoup de temps.
Pour faire une MaJ on va privilégier des méthodes de MaJ qui essayent de concilier prix / temps d'indisponibilité / robustesse selon le cas d'usage que l'on a. Mais ce choix est valide aussi bien pour PC que pour l'embarqué.
Le vrai problème de l'embarqué à ce sujet est plus culturelle que technique. Maintenir un système à jour dans le temps (disons 20 ans) demande une équipe qui bosse sur le sujet tout le temps. Car il faut corriger les bogues (notamment de sécurité) sur la durée de vie du produit. Cela demande du temps et des compétences pour gérer cet aspect qui est pourtant toujours oublié. D'autant qu'il est rare qu'upstream ou le fournisseur du BSP du SoC (le Yocto ou buildroot) maintiennent aussi longtemps le produit de ce côté là.
L'autre problème, en embarqué il y a beaucoup d'entreprises qui ont la politique du vendu et oublié. Le produit est développé jusqu'à sa commercialisation, après maintenance minimale voire absente. Car à cause de la contrainte plus haut, la maintenance coûte chère et sur une longue durée. Or le produit n'étant vendu qu'une fois, il faut prévoir correctement le coût de maintenance lors de la vente. Sinon c'est cuit.
Enfin, le soucis aussi est l'absence de compromis. On veut que la MaJ soit fiable, pas chère, prenne très peu de ressources, etc. Du coup faute de compromis on aboutit souvent à une situation insatisfaisante pour le consommateur. MaJ trop peu fréquentes, plus de problèmes apportés que corrigés faute d'un suivi ou de tests à la hauteur, etc.
Je trouve que dans l'industrie PC ces biais culturels existent moins. Du coup le problème semble absent. Pourtant je vous assure que mettre à jour un OS comme Windows ou Fedora sur PC a dans l'ensemble beaucoup en commun avec la mise à jour d'un système embarqué. Et il suffit de voir les procédures en place dans ces équipes pour réaliser à quel point le sujet est souvent sous estimé de l'extérieur.