On ne peut pas lui reprocher d'être clair, iconoclaste (l'entendre dire, devant une commission au Sénat, que ce qui a mis fin à l'esclavage de masse, c'est le pétrole pas cher et non la démocratie, ça surprend !) et direct : pour lui, la fin des énergies à pas chères est la source des printemps arabes et des montées des populismes (Brexit, Trump, ...).
Au contraire, si ses calculs sur le climat et l'énergie sont justes, ses interprétations politiques et historiques sont souvent faux ou que partiellement exacts. Et très souvent quand il sort de son sujet de maitrise, à savoir la calcul énergétique et comment baisser l'émission de CO2 de l'énergie, ils se content d'arguments faibles ou peu étayés pour conclure. Alors que bizarrement dans le reste de son œuvre c'est rempli de calculs en étant proche de la démonstration.
Du coup je me méfie de ses interprétations politiques et historiques.
Je vais donner deux exemples qui me semblent douteux.
Il lie démocratie à énergie peu chère et abondante. Pourtant les débuts de la démocratie moderne à savoir britannique, américaine et français ont débuté avant la révolution industrielle. Et l'esclavage dans ces lieux n'était pas spécialement répandue.
Il a fait un article récent sur la situation italienne. Qui dit qu'en gros comme l'énergie et le PIB ont commencé à flancher avant la crise de 2008 (vers 2005), c'est la preuve que l'Italie n'arrive pas à avoir de la croissance car elle manque d'énergie (car apparemment l'Algérie a baissé sa production, que l'Italie utilisait).
Pourtant son article me semble très incomplet pour conclure que l'origine de la crise est énergétique :
Le PIB a un lien avec l'énergie consommé, mais le lien n'est pas immédiat ni unique. Le PIB peut varier pour d'autres raisons et il peut y avoir des décalages entre cause et conséquence. Par exemple il y a du stock, des investissements, etc. qui peuvent retarder une baisse de PIB tout en baissant immédiatement l'énergie consommée.
Il dit que l'Italie n'arrive plus à acheter de l'énergie (nécessaire à sa croissance) à cause de la concurrence avec les pays émergents. Ok. Mais il n'explique pas pourquoi seulement l'Italie est touchée en Europe d'une part, et pourquoi l'Italie qui est un pays très riche aurait du mal à payer plus cher que d'autres pays pour s'approvisionner.
Il passe totalement outre que l'Italie a des problèmes structurels latents depuis très très longtemps. Il me semble bizarre de parler de la crise italienne en ne parlant que d'un facteur alors qu'en réalité il y a en a probablement plusieurs dont certains sont bien identifiés.
Et pour cet article là, cela manque grandement d'analyses et de preuves. Il se contente presque de la corrélation "l'énergie fluctue comme le PIB en avance de phase) lui suffit à établir le lien de cause à effet. Bah non, ce n'est pas une preuve. Mais ce n'est pas dénué d'intérêt.
Cela me surprend que pour ces analyses là il manque de rigueur alors que pour le reste il est assez bon sur ce point. Du coup je me méfie pour ces analyses.
Par contre, quand il parle du nucléaire, il a une fâcheuse tendance à facilement occulter les inconvénients (notamment celui de l'acceptation citoyenne).
Ce n'est pas un inconvénient l'acceptation nucléaire, c'est une difficulté dans la mise en œuvre. Car cela se règle et n'est pas un problème intrinsèque au nucléaire.
Il a résumé sa pensée sur le nucléaire d'une façon très claire et que j'approuve totalement : je préfère prendre le risque de devoir déménager suite à un accident nucléaire (évènement rare) pour éviter une catastrophe certaine et inévitable au niveau mondial. Il préfère en effet qu'on s'attaque au premier problème majeur et très complexe du réchauffement climatique d'abord plutôt que de le faire échouer en mettant le combat contre le nucléaire en premier plan. En gros on doit choisir nos combats. Et à écouter certains dans le milieu écolo, ce n'est pas gagner de raisonner ainsi alors que de manière pragmatique c'est ce qu'il faudrait faire.
[^] # Re: Le plein s'il vous plait
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au journal [Aujourd'hui c'est vendredi] prix du carburant, association d'automobilistes. Évalué à 9.
Au contraire, si ses calculs sur le climat et l'énergie sont justes, ses interprétations politiques et historiques sont souvent faux ou que partiellement exacts. Et très souvent quand il sort de son sujet de maitrise, à savoir la calcul énergétique et comment baisser l'émission de CO2 de l'énergie, ils se content d'arguments faibles ou peu étayés pour conclure. Alors que bizarrement dans le reste de son œuvre c'est rempli de calculs en étant proche de la démonstration.
Du coup je me méfie de ses interprétations politiques et historiques.
Je vais donner deux exemples qui me semblent douteux.
Il lie démocratie à énergie peu chère et abondante. Pourtant les débuts de la démocratie moderne à savoir britannique, américaine et français ont débuté avant la révolution industrielle. Et l'esclavage dans ces lieux n'était pas spécialement répandue.
Il a fait un article récent sur la situation italienne. Qui dit qu'en gros comme l'énergie et le PIB ont commencé à flancher avant la crise de 2008 (vers 2005), c'est la preuve que l'Italie n'arrive pas à avoir de la croissance car elle manque d'énergie (car apparemment l'Algérie a baissé sa production, que l'Italie utilisait).
Pourtant son article me semble très incomplet pour conclure que l'origine de la crise est énergétique :
Et pour cet article là, cela manque grandement d'analyses et de preuves. Il se contente presque de la corrélation "l'énergie fluctue comme le PIB en avance de phase) lui suffit à établir le lien de cause à effet. Bah non, ce n'est pas une preuve. Mais ce n'est pas dénué d'intérêt.
Cela me surprend que pour ces analyses là il manque de rigueur alors que pour le reste il est assez bon sur ce point. Du coup je me méfie pour ces analyses.
Ce n'est pas un inconvénient l'acceptation nucléaire, c'est une difficulté dans la mise en œuvre. Car cela se règle et n'est pas un problème intrinsèque au nucléaire.
Il a résumé sa pensée sur le nucléaire d'une façon très claire et que j'approuve totalement : je préfère prendre le risque de devoir déménager suite à un accident nucléaire (évènement rare) pour éviter une catastrophe certaine et inévitable au niveau mondial. Il préfère en effet qu'on s'attaque au premier problème majeur et très complexe du réchauffement climatique d'abord plutôt que de le faire échouer en mettant le combat contre le nucléaire en premier plan. En gros on doit choisir nos combats. Et à écouter certains dans le milieu écolo, ce n'est pas gagner de raisonner ainsi alors que de manière pragmatique c'est ce qu'il faudrait faire.