• # Et vous, vous faites quoi?

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal De l'avenir des projets communautaires face aux sirènes de la finance. Évalué à 10.

    On en arrive là parce que le modèle communautaire n'a pas marché. Quand on est une entreprise et qu'on veut faire du logiciel libre et le diffuser gratuitement, il faut bien trouver un "modèle d'affaires" (business model), une façon de faire rentrer des sous.

    Il y a des projets pleinement communautaires, parce qu'ils sont gros, et que du coup plusieurs entreprises/fondations/... peuvent y contribuer. Je pense à Linux, à WebKit, à clang par exemple.

    Et il y a des projets plus petits, portés par une seule entreprise dont c'est le métier principal. On pourrait se dire "ils pourraient fournir le logiciel libre gratuitement, et vendre le support". Oui mais voilà, quand en plus on est sur un mode "service" (comme github ou gitlab), on est quand même un peu obligé de fournir du support sur le produit.

    Ils pourraient aussi facturer les nouveaux développement à la première personne qui les demande (ou bien en partageant via des bounties/crowdfunding), mais ça serait très cher, et si la personne qui paie sait que ça finira par être libre, elle peut aussi bien décider d'attendre que quelqu'un paie à sa place.

    En ce qui me concerne, je travaille dans une entreprise qui utilise beaucoup de logiciel libre. Gitlab (déployé en interne), Linux, iptables, ...
    Cependant, jusqu'à maintenant on n'a que peu contribué. Notre démarche va être (on y réfléchit) d'avoir des développeurs avec un peu de temps réservé (par exemple une journée par mois) pour contribuer à du logiciel libre. Les logiciels ont vraiment besoin de contributeurs, et faire en sorte que les entreprises paient avec du temps de leurs employés, plutôt qu'avec de l'argent, ça serait peut être intéressant. Pour le projet libre qui récupère les contributions, pour l'employé qui peut faire du logiciel libre, et pour l'entreprise qui bénéficie des nouvelles fonctionnalités ainsi réalisées, d'employés contents qui sont plus motivés, et de retombées en terme d'image de marque.

    Si plus de monde se met à faire ce genre de choses, alors on pourra avoir du logiciel communautaire bien maintenu. Sinon, à un moment donné il va falloir se décider à passer à la caisse. Et si une entreprise voit qu'elle ne récupère pas de contributions valables en publiant ses sources, il est probable qu'elle arrête de s’embarrasser avec ça. C'est là qu'on tombe dans le modèle "open core". Du Libre en version "on aimerait bien, mais ça paie pas les salaires à la fin du mois".