Je comprends ce que tu dis. Cependant, encore une fois, tout est histoire de contexte.
Histoire de dresser un peu le tableau : les formations en informatique comptent entre 15 et 20% de femmes (en étant assez optimiste : en génie électrique et informatique industrielle, on est plus proche de 10%; en informatique de gestion, on tourne effectivement autour de 15-20%). On retrouve cette proportion dans les métiers de l'informatique (admin, dév, etc.) en général (peut-être un peu plus, autour de 20-30% si on considère les personnes qui aident à la rédaction et traduction de doc technique, specs, etc.).
Il faudrait que je retrouve des informations et sources fiables (et surtout, à jour), mais la dernière fois que j'avais participé à une discussion sur le sujet (sur LinuxFR je pense), on comptait entre 5 et 10% de femmes qui participaient régulièrement et activement à des projets open source (et ça diminuait encore plus si on se concentrait sur le côté développement uniquement). Un recherche rapide me donne cet article, qui cite entre autres cette publication sur la population de StackOverflow.
On observe donc que les femmes sont largement sous-représentées dans les projets libres, à hauteur de 1⁄4 à 1⁄3 par rapport aux autres projets informatiques.
Ceci étant posé, lorsque tu dis
En gros : je préfère "si vous voulez encourager les gens à contribuer à linux, ..." plutôt que "si vous voulez encourager les femmes à contribuer à linux, ..."
... la seule chose que j'ai envie de répondre est oui, mais non.
Premièrement, je vais me permettre de faire une analogie pas si foireuse que ça (je pense). Prenons la mesure (et l'optimisation) de performance dans une application. Lorsqu'on évalue la performance d'une application, on utilise perf, gprof, oprofile, etc., et on détermine là où on perd le plus de temps dans le programme. Dans mon expérience, il y a généralement deux gros types de profils qui émergent :
On passe un temps relativement égal (à 5% près) dans toutes les fonctions du programme. Dans ce cas, on doit faire un boulot super chiant d'examiner les fonctions une à une et voir s'il n'y a rien d'évident à optimiser tout de go dans chaque fonction, mais de façon générale, on peut arguer qu'à moins de changer certains algorithmes ou structures de données fondamentaux pour le fonctionnement du système avec d'autres qui assurent la même fonction mais pour une complexité moindre, on ira grapiller les % de perf là où on peut.
Le programme passe un temps non-négligeable dans 1, 2, ou peut-être 3 fonctions, et le reste du temps est morcelé en fractions de pourcents pour toutes les autres. Par exemple : lorsque 50% du temps d'un programme est passé dans une fonction unique, il semble évident qu'on va devoir régler ce problème en priorité. Une fois que cette portion de code a été optimisée et son temps d'exécution est divisé par deux, deux choses arrivent : la fonction en question ne prend plus que 25% du temps original d'exécution total, mais aussi : en réalité, elle prend malgré tout 30% du nouveau temps d'exécution. Une fois que cette optimisation a été effectuée, on re-mesure le tout, car de nouveaux effets peuvent avoir été déclenchés et changer un peu la donne en termes de performance.
Si je reprends le cas de la représentation des femmes dans les projets libres :
Le HOWTO qui nous intéresse indique clairement qu'il concerne ce qu'il faut faire (selon ses auteurs) si un LUG veut attirer plus de femmes. Les quelques points que l'on a discuté (ne pas critiquer trop lourdement, encourager, etc.) sont à remettre dans le contexte d'une section qui parle principalement (sans exagérer) de ne pas avoir un comportement sexiste, de ne pas harceler une femme qui viendrait voir de quoi il retourne, et de ne pas réifier les femmes (je te laisse aller vérifier sur le lien que j'avais posté).
Si je reprends mon analogie de la mesure et optimisation de perfs, il me semble (personnellement) évident que le fait qu'il y ait des hommes qui n'oseraient pas contribuer au dév du noyau (et qui auraient les capacités pour le faire) est bien moins préoccupant que le fait qu'il y ait 70% de femmes en moins en proportion dans les projets libres que dans les autres projets info 1. Il faut d'abord régler ce problème, on verra ensuite comment les choses évoluent.
Mon intuition est qu'une fois que le problème de comportement envers les femmes est résolu (et encore une fois, même s'il y a sans doute des instances de sexisme sur la LKML et dans le dév/la communauté libre en général, je ne pense pas que, par exemple, Torvalds soit lui-même sexiste), alors le cas des hommes dont tu parles le sera aussi par effet de bord.
Tu noteras que je ne parle pas du tout de chercher une quelconque parité : je me base sur une proportion de femmes de ~20% parmi les développeurs de projets info, vs. ~7% de femmes dans le libre. Même en prenant une hypothèse « optimiste » — 20% de femmes dév en général, et 10% dans le libre —, on se retrouve quand même avec 50% de femmes dév en moins dans le libre qu'ailleurs. ↩
[^] # Re: Article du New Yorker
Posté par lasher . En réponse au journal Linus confie momentanément les rênes du noyau à Greg KH. Évalué à 3.
Je comprends ce que tu dis. Cependant, encore une fois, tout est histoire de contexte.
Histoire de dresser un peu le tableau : les formations en informatique comptent entre 15 et 20% de femmes (en étant assez optimiste : en génie électrique et informatique industrielle, on est plus proche de 10%; en informatique de gestion, on tourne effectivement autour de 15-20%). On retrouve cette proportion dans les métiers de l'informatique (admin, dév, etc.) en général (peut-être un peu plus, autour de 20-30% si on considère les personnes qui aident à la rédaction et traduction de doc technique, specs, etc.).
Il faudrait que je retrouve des informations et sources fiables (et surtout, à jour), mais la dernière fois que j'avais participé à une discussion sur le sujet (sur LinuxFR je pense), on comptait entre 5 et 10% de femmes qui participaient régulièrement et activement à des projets open source (et ça diminuait encore plus si on se concentrait sur le côté développement uniquement). Un recherche rapide me donne cet article, qui cite entre autres cette publication sur la population de StackOverflow.
On observe donc que les femmes sont largement sous-représentées dans les projets libres, à hauteur de 1⁄4 à 1⁄3 par rapport aux autres projets informatiques.
Ceci étant posé, lorsque tu dis
... la seule chose que j'ai envie de répondre est oui, mais non.
Premièrement, je vais me permettre de faire une analogie pas si foireuse que ça (je pense). Prenons la mesure (et l'optimisation) de performance dans une application. Lorsqu'on évalue la performance d'une application, on utilise
perf,gprof,oprofile, etc., et on détermine là où on perd le plus de temps dans le programme. Dans mon expérience, il y a généralement deux gros types de profils qui émergent :Si je reprends le cas de la représentation des femmes dans les projets libres :
Mon intuition est qu'une fois que le problème de comportement envers les femmes est résolu (et encore une fois, même s'il y a sans doute des instances de sexisme sur la LKML et dans le dév/la communauté libre en général, je ne pense pas que, par exemple, Torvalds soit lui-même sexiste), alors le cas des hommes dont tu parles le sera aussi par effet de bord.
Tu noteras que je ne parle pas du tout de chercher une quelconque parité : je me base sur une proportion de femmes de ~20% parmi les développeurs de projets info, vs. ~7% de femmes dans le libre. Même en prenant une hypothèse « optimiste » — 20% de femmes dév en général, et 10% dans le libre —, on se retrouve quand même avec 50% de femmes dév en moins dans le libre qu'ailleurs. ↩