• [^] # Re: Idem ici

    Posté par . En réponse au journal LineageOS. Évalué à -10. Dernière modification le 18 août 2018 à 12:57.

    « ouais, mé bon, tant ke le message passe, osef que sa soit mal écrit, on se comprent ! »

    Bah oui. Chaque personne pense et s'exprime différemment, l'important c'est qu'on arrive à trouver un terrain en commun pour communiquer. En l'occurrence, le message que tu as reproduit ici est 100% compréhensible. S'il te faut des efforts pour lire ce message, c'est simplement que tu es trop formaté du cerveau à la langue dominante des élites... ou que tu n'as jamais vécu avec une personne dyslexique. Mais ça s'apprend avec la pratique :)

    Et si on ne parle pas le même français, les lecteurs peuvent comprendre de travers, voire ne pas comprendre du tout. Et si ça arrive, alors on n'a pas réussi à communiquer. (...) écrire en bon français

    C'est un risque même si on parle la même langue au même niveau. En fonction de nos expériences et de nos façons d'aborder les problèmes, on risque de ne pas se comprendre. cf. par exemple un débat en 1971 entre Michel Foucault et Noam Chomsky. Les deux sont des philosophes libertaires avec une maîtrise de la langue et de concepts académiques, pourtant leurs sphères d'analyses sont tellement différentes qu'ils ne se comprennent pas.

    Après, il n'existe pas une bonne façon de parler la langue. Il existe plein de variations d'une commune à l'autre, d'une région à l'autre qui font la richesse d'une langue et garantissent son évolution au fil des siècles. Aller faire la leçon de morale aux gens sur comment ils/elles parlent/écrivent, c'est vraiment un passe-temps de personne privilégiée qui n'a rien d'autres à faire dans sa vie que juger les autres sans les connaître.

    Dans « grammar nazi », ne l'oublions pas, il y a « nazi ». Moi-même fut un temps où je croyais en la pureté de la langue française garantie par l'Académie Française. Ça me faisait rire de me dire grammar nazi et d'expliquer aux gens comment bien écrire (j'avais 13 ans peut-être). C'est seulement en me rendant compte de la violence symbolique que je reproduisais (et de l'effet psychologique et émotionnel produit chez les personnes à qui je m'adressais) que j'ai commencé à me remettre en question. On peut sans le vouloir et sans s'en rendre compte faire du mal aux autres... régler le problème commence par déjà reconnaître qu'il y en a un.