J'ai auto-hébergé mes courriels pendant.. 10 ans ? je ne sais plus. Cette expérience m'a donné une liberté avec les les courriels que je n'aurai pas pu appréhender autrement. Aujourd'hui, je trouve que l'email est le moyen le plus pratique pour communiquer.
L'usage perso
J'ai commencé à héberger mes courriels quand j'ai pris mon nom de domaine. Sur un pc branché derrière ma box ADSL, avec une configuration postfix aux petits oignons (remplacer + par - comme caractère de séparation, filtres antispams personnalisés, etc). J'avais une adresse de prénom@domain.tld et contact@domain.tld.
Héberger ses courriels donne le sentiment d'avoir sa boite aux lettres à la maison. Par comparaison, une adresse auprès d'un fournisseur externe peut être comparé à avoir sa boite aux lettres au supermarché du coin.
Pour les échanges avec les personnes physiques, je reste sur l'adresse prenom@nom.tld : je tiens à limiter les adresses avec lesquelles j'écris, sinon je m'y perd.
Par exemple : je contacte un vendeur sur le boncoin via le formulaire du site, j'échange trois mails avec le vendeur avant de conclure l'achat, puis le vendeur envoie l'objet par la collissimo. Quelle adresse faut-il mettre sur le formulaire du bon coin ?
Mon adresse nommée ? C'est l'adresse qui sera communiquée au livreur pour que je reçois le mail de suivi alors que je préfère la garder privée.
Une adresse personnalisée ? Il y a de fortes chances que j'oublie de la sélectionner au moment d'échanger avec le vendeur, et ça va rendre l'échange encore plus compliqué. Et si j'envoie un mail depuis mon téléphone, je n'ai même pas la possibilité de choisir mon adresse expéditeur.
Bref, tous les courriels que j'envoie se font avec mon adresse nommée (sauf les mailing list publiques).
L'usage commercial
Là c'est différent : on se rend compte que les données (les courriels) sont séparées du compte (l'adresse) : il est possible de créer une configuration dans laquelle l'accès imap n'a rien à voir avec les adresses de réception (nom de domaine différent, nom de compte différent etc). Et à partir de ce moment là, c'est l'explosion !
Quand je fais un achat en ligne, l'adresse ne sert qu'à réceptionner la facture, donc je me suis lâché. Chaque compte est créé avec sa propre adresse mail. Comme dit plus haut, en remplaçant le + par un autre caractère dans la conf postfix, il est facile de multiplier les adresses à moindre frais.
Le but n'est pas de pister qui vend mes données (là dessus, je n'ai et qu'un exemple en dix ans d'adresse ayant été réutilisée dans des spams), mais de cloisonner mes identités : en cas de piratage du compte, je n'ai pas à changer tous mes autres accès.
Les à côtés
Il faudrait faire tout un chapitre sur l'organisation des dossiers dans une boite mail (merci sieve !), mais si l'on laisse la composante le courriel sert à établir une correspondance de côté on ouvre la porte à pleins d'usages :
les rappels des anniversaires (sh monscript.sh | mail -E -s "Evenements proches" monadresse@domain.tld)
etc
Comme le mail est accessible de partout, ça me donne un point d'accès unique aux échanges, notifications etc. Dès que je lis un article, il est automatiquement marqué comme lu, je peux le transférer, archiver ceux que je souhaite etc.
La fin de l'autohébergement
J'ai arrêté d'autohéberger mes courriels parce que c'était une donnée trop précieuse pour que je la protège moi-même. fail2ban ne suffit pas pour bloquer les tentatives d'accès (je constate que ça n'est plus 1 ip qui tente cinq connexions en dix minutes, mais 500 ips qui vont boucler, chacune ne faisant qu'une tentative toutes les trois heures).
Aujourd'hui je paye un service pour ça, qui me permet de conserver les usages que j'avais mis en place pendant cette période folle où j'ai expérimenté plein d'utilisations différentes : j'ai un peu cherché quel solution utiliser, et j'en ai trouvé une qui me permet de conserver tout mes usages : net-c.
Je pense quand même que la sécurisation des accès reste le point faible du mail. Ca n'a pas été pensé dès le début, et les couches de chiffrement que l'on met en place pour éviter l'interception ne font pas tout. Il faudrait une solution qui empêche l'accès par mot de passe et le remplace par une clef (comme ssh). Je n'ose pas imaginer ce qui se passerai si tous mes mails étaient diffusés.
Voilà un peu mon expérience, je continue de penser que le mail est beaucoup plus pratique et a beaucoup plus d'usage que ce que l'on peut supposer si l'on se contente de l'adresse fournie par son FAI, mais il faut un peu prendre le temps pour ça.
# Mon exéprience
Posté par chimrod (site web personnel) . En réponse au journal De l'usage du courrier électronique en 2018. Évalué à 6.
J'ai auto-hébergé mes courriels pendant.. 10 ans ? je ne sais plus. Cette expérience m'a donné une liberté avec les les courriels que je n'aurai pas pu appréhender autrement. Aujourd'hui, je trouve que l'email est le moyen le plus pratique pour communiquer.
L'usage perso
J'ai commencé à héberger mes courriels quand j'ai pris mon nom de domaine. Sur un pc branché derrière ma box ADSL, avec une configuration postfix aux petits oignons (remplacer
+par-comme caractère de séparation, filtres antispams personnalisés, etc). J'avais une adresse de prénom@domain.tld et contact@domain.tld.Héberger ses courriels donne le sentiment d'avoir sa boite aux lettres à la maison. Par comparaison, une adresse auprès d'un fournisseur externe peut être comparé à avoir sa boite aux lettres au supermarché du coin.
Pour les échanges avec les personnes physiques, je reste sur l'adresse prenom@nom.tld : je tiens à limiter les adresses avec lesquelles j'écris, sinon je m'y perd.
Par exemple : je contacte un vendeur sur le boncoin via le formulaire du site, j'échange trois mails avec le vendeur avant de conclure l'achat, puis le vendeur envoie l'objet par la collissimo. Quelle adresse faut-il mettre sur le formulaire du bon coin ?
Bref, tous les courriels que j'envoie se font avec mon adresse nommée (sauf les mailing list publiques).
L'usage commercial
Là c'est différent : on se rend compte que les données (les courriels) sont séparées du compte (l'adresse) : il est possible de créer une configuration dans laquelle l'accès imap n'a rien à voir avec les adresses de réception (nom de domaine différent, nom de compte différent etc). Et à partir de ce moment là, c'est l'explosion !
Quand je fais un achat en ligne, l'adresse ne sert qu'à réceptionner la facture, donc je me suis lâché. Chaque compte est créé avec sa propre adresse mail. Comme dit plus haut, en remplaçant le
+par un autre caractère dans la conf postfix, il est facile de multiplier les adresses à moindre frais.Le but n'est pas de pister qui vend mes données (là dessus, je n'ai et qu'un exemple en dix ans d'adresse ayant été réutilisée dans des spams), mais de cloisonner mes identités : en cas de piratage du compte, je n'ai pas à changer tous mes autres accès.
Les à côtés
Il faudrait faire tout un chapitre sur l'organisation des dossiers dans une boite mail (merci sieve !), mais si l'on laisse la composante le courriel sert à établir une correspondance de côté on ouvre la porte à pleins d'usages :
sh monscript.sh | mail -E -s "Evenements proches" monadresse@domain.tld)Comme le mail est accessible de partout, ça me donne un point d'accès unique aux échanges, notifications etc. Dès que je lis un article, il est automatiquement marqué comme lu, je peux le transférer, archiver ceux que je souhaite etc.
La fin de l'autohébergement
J'ai arrêté d'autohéberger mes courriels parce que c'était une donnée trop précieuse pour que je la protège moi-même. fail2ban ne suffit pas pour bloquer les tentatives d'accès (je constate que ça n'est plus 1 ip qui tente cinq connexions en dix minutes, mais 500 ips qui vont boucler, chacune ne faisant qu'une tentative toutes les trois heures).
Aujourd'hui je paye un service pour ça, qui me permet de conserver les usages que j'avais mis en place pendant cette période folle où j'ai expérimenté plein d'utilisations différentes : j'ai un peu cherché quel solution utiliser, et j'en ai trouvé une qui me permet de conserver tout mes usages : net-c.
Je pense quand même que la sécurisation des accès reste le point faible du mail. Ca n'a pas été pensé dès le début, et les couches de chiffrement que l'on met en place pour éviter l'interception ne font pas tout. Il faudrait une solution qui empêche l'accès par mot de passe et le remplace par une clef (comme ssh). Je n'ose pas imaginer ce qui se passerai si tous mes mails étaient diffusés.
Voilà un peu mon expérience, je continue de penser que le mail est beaucoup plus pratique et a beaucoup plus d'usage que ce que l'on peut supposer si l'on se contente de l'adresse fournie par son FAI, mais il faut un peu prendre le temps pour ça.