Mais il part du principe que les entreprises peuvent être substituées aux associations.
Je ne pense pas du tout que ça soit le cas (je veux dire : non, je pense que personne ne considère qu'on peut substituer une entreprise à une association). Je pense que c'est plutôt une question d'arbitrage sur la distribution des ressources financières limitées de l'État, soit vers le secteur non-marchand (que ce soit fonction publique ou milieu associatif), qui assurent des missions d'intérêt général, soit vers le secteur marchand, qui assure le fonctionnement dynamique (certains diront "la fuite en avant") de l'économie. Le problème, c'est qu'on s'aperçoit quand même qu'on ne peut pas assurer les missions collectives de l'État sans faire rentrer du pognon, que les gens sont de plus en plus demandeurs en actions publiques coûteuses, et qu'une part sans cesse plus grande des ressources collectives sert à couvrir la charge de la dette, qui est un poste dont on se passerait bien. La logique des années 1980-2000, qui consistait à couvrir les frais de fonctionnement de l'État par de la dette, n'a plus de sens actuellement, c'est un cul de sac. L'endettement, ça ne peut servir qu'à investir dans de la croissance qui te donnera les moyens de rembourser ta dette, sinon, elle s'accumule. Et si tu fais ce qui est "logique", c'est à dire financer les restos du cœur et assurer les problèmes de santé, la vieillesse, la pauvreté, ton modèle de fonctionnement n'est pas pérenne.
C'est clair que d'un point de vue purement gestionnaire, assurer la sécurité, c'est une mission importante, parce que si tu n'assures pas la sécurité, ton économie va en pâtir et ça va mal se terminer. Mais de ce point de vue comptable, assurer la sécurité ne te fait pas gagner d'argent ; ça permet "juste" de ne pas en perdre. Or, ne pas perdre d'argent est important, mais ça ne te permettra jamais de rembourser tes dettes. Du coup, il est anormal de couvrir les frais de sécurité avec de la dette, c'est pas viable. On peut le faire bien sûr quand on n'a pas le choix, mais je trouve que le choix de ne pas le faire est justifiable et logique si on s'intéresse à la pérennité de notre modèle social.
Bien sûr, l'absurdité du raisonnement tient au fait que l'État a du mal à récupérer ses investissements dans la croissance économique, soit parce que ces investissements sont absurdes et inaptes à générer de la croissance (typiquement, le crédit impot recherche), soit parce que la rentabilité des entreprises n'est assurée que grâce à la perfusion de l'État et qu'elles sont incapables de gagner leur indépendance (typiquement, le secteur primaire, avec l'agriculture et la pêche). Du coup, l'état n'assure plus ses missions de peur de creuser la dette, et ne reçoit jamais les fruits de ses investissements dans le secteur privé, ce qui peut facilement laisser à penser qu'il aurait dû dépenser utilement puisque de toutes manières ça n'a servi à rien.
[^] # Re: Victoire pour Framagit ... défaite pour Framasoft (ou pas !)
Posté par arnaudus . En réponse au journal Une victoire pour Framagit. Évalué à 4.
Je ne pense pas du tout que ça soit le cas (je veux dire : non, je pense que personne ne considère qu'on peut substituer une entreprise à une association). Je pense que c'est plutôt une question d'arbitrage sur la distribution des ressources financières limitées de l'État, soit vers le secteur non-marchand (que ce soit fonction publique ou milieu associatif), qui assurent des missions d'intérêt général, soit vers le secteur marchand, qui assure le fonctionnement dynamique (certains diront "la fuite en avant") de l'économie. Le problème, c'est qu'on s'aperçoit quand même qu'on ne peut pas assurer les missions collectives de l'État sans faire rentrer du pognon, que les gens sont de plus en plus demandeurs en actions publiques coûteuses, et qu'une part sans cesse plus grande des ressources collectives sert à couvrir la charge de la dette, qui est un poste dont on se passerait bien. La logique des années 1980-2000, qui consistait à couvrir les frais de fonctionnement de l'État par de la dette, n'a plus de sens actuellement, c'est un cul de sac. L'endettement, ça ne peut servir qu'à investir dans de la croissance qui te donnera les moyens de rembourser ta dette, sinon, elle s'accumule. Et si tu fais ce qui est "logique", c'est à dire financer les restos du cœur et assurer les problèmes de santé, la vieillesse, la pauvreté, ton modèle de fonctionnement n'est pas pérenne.
C'est clair que d'un point de vue purement gestionnaire, assurer la sécurité, c'est une mission importante, parce que si tu n'assures pas la sécurité, ton économie va en pâtir et ça va mal se terminer. Mais de ce point de vue comptable, assurer la sécurité ne te fait pas gagner d'argent ; ça permet "juste" de ne pas en perdre. Or, ne pas perdre d'argent est important, mais ça ne te permettra jamais de rembourser tes dettes. Du coup, il est anormal de couvrir les frais de sécurité avec de la dette, c'est pas viable. On peut le faire bien sûr quand on n'a pas le choix, mais je trouve que le choix de ne pas le faire est justifiable et logique si on s'intéresse à la pérennité de notre modèle social.
Bien sûr, l'absurdité du raisonnement tient au fait que l'État a du mal à récupérer ses investissements dans la croissance économique, soit parce que ces investissements sont absurdes et inaptes à générer de la croissance (typiquement, le crédit impot recherche), soit parce que la rentabilité des entreprises n'est assurée que grâce à la perfusion de l'État et qu'elles sont incapables de gagner leur indépendance (typiquement, le secteur primaire, avec l'agriculture et la pêche). Du coup, l'état n'assure plus ses missions de peur de creuser la dette, et ne reçoit jamais les fruits de ses investissements dans le secteur privé, ce qui peut facilement laisser à penser qu'il aurait dû dépenser utilement puisque de toutes manières ça n'a servi à rien.