• [^] # Re: Fétichisme de la monnaie

    Posté par . En réponse à la dépêche La monnaie libre pour une économie du Libre. Évalué à 2.

    Le nœud du problème n'est donc pas la monnaie, mais celui de la propriété, et les monnaies alternatives ne peuvent pas le régler puisqu'elles se conçoivent elle-mêmes comme de simples outils d'échanges. Tout au plus, elles peuvent intervenir à la marge.

    La création monétaire est une propriété à part entière (certains l'ont, d'autres pas et la loi veille au grain). Le projet de monnaie libre est donc cohérent avec votre analyse puisqu'il peut potentiellement redonner cette propriété à tous les humains de manière équitable.

    L'enjeu pour la majorité est ainsi, dans un premier temps, de prendre conscience de cet état de fait, ce devrait être le rôle des partis politiques de gauche et des syndicats qui ne le remplissent pas pleinement, malheureusement. Il se trouve que la grève générale est le meilleur moyen pour atteindre cet objectif. Lorsque la production s'arrête, que plus rien ne fonctionne, le salariat peut enfin prendre conscience de son réel pouvoir : c'est bien lui qui fait tourner la machine tandis que le pouvoir des capitalistes repose sur le consentement des salariés. Dans un second temps, il faudra que le salariat tire les conséquences de son réel pouvoir et s'approprie le contrôle de l'économie, de manière collective et démocratique, et selon des modalités (cadre constitutionnel, juridique, monétaire) qu'il jugera pertinentes. La société pourra alors enfin mettre les immenses richesses matérielles et intellectuelles dont elle dispose au service de la majorité, avec un dessein différent de la rentabilité et de l'accumulation.

    Je ne comprends pas pourquoi il faudrait que cela se fasse en deux temps. Le temps entre la prise de conscience (supposée) et le moment où les nouveaux outils réalisés à partir de cette prise de conscience seront opérationnels peut-être très long, on fait quoi entre-temps ? On n'échange plus ?
    De plus, cela suppose un peuple qui évoluerait d'un seul bloc. Je préfère incarner mes valeurs et tenter de les faire vivre maintenant plutôt que d'attendre une hypothétique prise de conscience dont la pertinence du contenu restera de toute manière relative à chacun. Ma manière de rêver l'avenir m'appartient, je ne cherche pas à l'imposer, j'invite simplement mes congénères à rejoindre si ça les tente les espaces où j'incarne moi-même un peu de ce rêve. Je prends aussi le temps de les informer de mon mieux toujours perfectible.