En fait, pour ne pas s'étendre éternellement et laisse au lecteur de notre «débat» un petit résumé, on peut se mettre d'accord sur les choses suivantes :
* Les rédacteurs de la GPL avaient très probablement l'intention de considérer que l'interaction d'un programme avec un logiciel sous GPL imposait à ce programme de se conformer à la GPL.
* Rien n'est explicite dans la GPL, et ce lien ne peut exister que si le programme est considéré comme un travail dérivé du logiciel sous GPL.
* Cette interprétation est soutenue par le projet GNU et la FSF, comme en témoignent la FAQ du projet GNU et l'existence de la LGPL, qui lève justement cette restriction pour les bibliothèques. Il y a toutes les chances qu'il s'agisse également de l'interprétation de l'auteur d'un logiciel sous GPL, encore plus probable s'il s'agit d'une bibliothèque. Cependant, la rédaction de la GPLv3 prouve que les auteurs de la licence ne sont pas aussi sûrs d'eux, puisque la GPLv3 admet que dans un "aggregate", chaque élément garde sa licence.
* Cette interprétation est toutefois contestée ouvertement par des gens influents (comme Linus Torvalds) et compétents (comme les avocats de l'OSI ou de la commission Européenne), avec tout un tas de degrés divers sur les détails (importance de la liaison dynamique/statique ou non, importance de la distribution conjointe ou non, etc). D'après le document cité par exemple, en Europe, l'interopérabilité prévaut sur le droit d'auteur pour les logiciels, et l'interopérabilité entre composants logiciels ne peut être interdite par une clause de la licence.
* Ces interprétations n'ont apparemment jamais été testées directement devant un tribunal, et elles restent donc des interprétations. Autrement dit, mettre sous une autre licence un logiciel qui se lie à une bibliothèque GPL est dangereux (parce que l'auteur de la bibliothèque pourrait suivre l'interprétation de la FSF et considérer qu'il s'agit d'une contrefaçon), mais inversement, en tant qu'auteur d'une bibliothèque sous GPL, il ne faut pas surestimer ses chances de faire valoir ses droits, car beaucoup de gens compétents considèrent l'interprétation de la FSF comme abusive.
Merci pour cette discussion, qui m'a permis de creuser le sujet, et de sortir de l'interprétation "GNU/FSF" que j'imaginais naïvement comme universelle. Il semble en effet que l'idée qu'une simple laison, voire une inclusion dans un même binaire, ne peut raisonnablement pas être considéré comme un travail dérivé, et que le ton péremtoire de la FAQ de GNU ne reflète pas la diversité des opinions des spécialistes sur le sujet. J'espère avoir pu convaincre nos lecteurs au moins que des gens très sérieux pensent que la GPL ne protège pas de ce cas spécifique (interfaçage entre composants logiciels). Je ne souhaite pas continuer ce «débat», puisque j'ai simplement l'impression que tu ne souhaites pas considérer la possibilité que tu te puisses te tromper...
[^] # Re: Contacter les auteurs de Geogebra?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Du respect de la licence des logiciels libres : GeoGebra - SimulaMaths. Évalué à 5. Dernière modification le 02 mai 2018 à 14:19.
Quelques liens supplémentaires, pour enrichir la réflexion :
Il semble que la position officielle de la commisson européenne est que l'interprétation de la FSF est au mieux douteuse, au pire invalide. C'est une lecture très utile :
* https://joinup.ec.europa.eu/collection/eupl/eupl-compatible-open-source-licences#section-3
* https://joinup.ec.europa.eu/news/why-viral-licensing-ghost
En fait, pour ne pas s'étendre éternellement et laisse au lecteur de notre «débat» un petit résumé, on peut se mettre d'accord sur les choses suivantes :
* Les rédacteurs de la GPL avaient très probablement l'intention de considérer que l'interaction d'un programme avec un logiciel sous GPL imposait à ce programme de se conformer à la GPL.
* Rien n'est explicite dans la GPL, et ce lien ne peut exister que si le programme est considéré comme un travail dérivé du logiciel sous GPL.
* Cette interprétation est soutenue par le projet GNU et la FSF, comme en témoignent la FAQ du projet GNU et l'existence de la LGPL, qui lève justement cette restriction pour les bibliothèques. Il y a toutes les chances qu'il s'agisse également de l'interprétation de l'auteur d'un logiciel sous GPL, encore plus probable s'il s'agit d'une bibliothèque. Cependant, la rédaction de la GPLv3 prouve que les auteurs de la licence ne sont pas aussi sûrs d'eux, puisque la GPLv3 admet que dans un "aggregate", chaque élément garde sa licence.
* Cette interprétation est toutefois contestée ouvertement par des gens influents (comme Linus Torvalds) et compétents (comme les avocats de l'OSI ou de la commission Européenne), avec tout un tas de degrés divers sur les détails (importance de la liaison dynamique/statique ou non, importance de la distribution conjointe ou non, etc). D'après le document cité par exemple, en Europe, l'interopérabilité prévaut sur le droit d'auteur pour les logiciels, et l'interopérabilité entre composants logiciels ne peut être interdite par une clause de la licence.
* Ces interprétations n'ont apparemment jamais été testées directement devant un tribunal, et elles restent donc des interprétations. Autrement dit, mettre sous une autre licence un logiciel qui se lie à une bibliothèque GPL est dangereux (parce que l'auteur de la bibliothèque pourrait suivre l'interprétation de la FSF et considérer qu'il s'agit d'une contrefaçon), mais inversement, en tant qu'auteur d'une bibliothèque sous GPL, il ne faut pas surestimer ses chances de faire valoir ses droits, car beaucoup de gens compétents considèrent l'interprétation de la FSF comme abusive.
Merci pour cette discussion, qui m'a permis de creuser le sujet, et de sortir de l'interprétation "GNU/FSF" que j'imaginais naïvement comme universelle. Il semble en effet que l'idée qu'une simple laison, voire une inclusion dans un même binaire, ne peut raisonnablement pas être considéré comme un travail dérivé, et que le ton péremtoire de la FAQ de GNU ne reflète pas la diversité des opinions des spécialistes sur le sujet. J'espère avoir pu convaincre nos lecteurs au moins que des gens très sérieux pensent que la GPL ne protège pas de ce cas spécifique (interfaçage entre composants logiciels). Je ne souhaite pas continuer ce «débat», puisque j'ai simplement l'impression que tu ne souhaites pas considérer la possibilité que tu te puisses te tromper...