• [^] # Re: Est-ce qu'on a le droit de ne pas s'inquiéter?

    Posté par . En réponse au journal Le filtrage à la source. Évalué à -1.

    Envoyer un mail et se battre des semaines ?

    Une plateforme d'hébergement de code (type Github) a intérêt à être réactive si elle ne veut pas perdre son marché, et de limiter elle-même les faux positifs.

    Et des portions qu'on aurait du mal à coder de façon différente de toutes façons, du parcours de liste ou de graphe par exemple.

    ... du code trivial, donc, qui ne rentre pas dans le cadre de la propriété intellectuelle. S'il ne s'agit que de quelques lignes, pourquoi irait-il déclencher une alerte rouge?

    Le code d'un logiciel entier ça se fait "protéger" pour 250 euros à l'APP

    Et l'APP encourage également le dépot de code sous licence libre. Pourquoi ne pas saisir l'occasion?

    En plus, techniquement, ça semble tout à fait faisable de déterminer automatiquement la compatibilité des licences. Dans les dépôts de logiciels, on indique en général la licence des projets ; si le système de détection identifie un bout de code existant sous licence X, il peut tout à fait vérifier la compatibilité de la licence X avec la licence du projet.

    il y a toujours des faux positifs.

    Oui, il y en a toujours. Mais combien? Un commit sur 1000? Un commit sur 10000?

    Il ne faut pas oublier la finalité de ces filtres. La finalité, c'est d'éviter les pertes d'exploitation liées à la contrefaçon. On se prend la tête sur des conséquences potentielles de la mise en place d'un tel système, mais ces conséquences n'ont aucun intérêt pour les ayant droit. Qu'est-ce qu'un gros éditeur de logiciel peut avoir à faire qu'une fonction de 2 lignes qui parcourt un graphe dans un logiciel libre ait, par hasard (*), une ressemblance avec deux lignes sur 100M d'un gros projet commercial? Rien à battre. C'est une force et une faiblesse ; une faiblesse parce que personne n'en a rien à faire que ton commit se retrouve bloqué, mais aussi une force parce que personne n'en a rien à faire que la plateforme d'hébergement laisse passer ce genre de choses pour éviter les réclamations.

    (*) le hasard, en droit d'auteur, je n'y crois pas une seconde. C'est un argument trop faible, qui ne tient pas la vérification. Ça n'est pas forcément intuitif, mais la plupart des phrases sont uniques. Une seule phrase peut souvent permettre de définir un plagiat. Si je prends ta première phrase, "Le point de vue optimiste c'est que tout pourrait être mis en place de façon pertinente et juste". Sur Google:
    * "le point de vue optimiste" : 2470 résultats
    * "Le point de vue optimiste c'est" : 8 résultats
    * "Le point de vue optimiste c'est que" : 2 résultats
    * ""Le point de vue optimiste c'est que tout" : 0 résultat.

    Étant donné que la base de données de Google recouvre probablement la majorité des écrits qui ont jamais été produits, il est probable que personne n'ait simplement écrit "le point de vue optimiste c'est que tout" avant toi. C'est étonnant, non? Tu peux parier une certaine quantité d'argent que la phrase complète "Le point de vue optimiste c'est que tout pourrait être mis en place de façon pertinente et juste" n'a jamais été, ni ne sera jamais plus, écrite ou prononcée par aucun autre être humain que toi (et moi qui te cite). C'est assez contre-intuitif, et tant de gens essayent d'argumenter sur Wikipédia qu'il n'y a pas 50 manières de rédiger une information. En effet, il n'y en a pas 50, il y en a probablement 50 milliards de milliards :-)

    Je pense que c'est exactement la même chose pour le code. Trois ou quatre lignes identiques, ça ne peut pas être du hasard. J'imagine que c'est d'ailleurs facilement testable en cherchant les bouts de binaires ou d'assembleur identique entre logiciels libres ; on doit facilement déterminer la probabilité pour, par hasard, avoir une séquence de n éléments identifiques.