• [^] # Re: Ha l'utopie..

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Solution au conflit de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Évalué à 10.

    Ça veut dire que l’État redistribue déjà moins que ce qu’il s’est engagé à redistribuer (à l’issue de luttes syndicales ça va sans dire...).

    Je veux bien que les syndicats aient apportées de bonnes choses, mais toutes les bonnes choses de notre pays d'un point de vue social ne vient pas d'une lutte syndicale. Le RSA (et son parent le RMI) ont une origine essentiellement politique et non syndicale.

    Ce n’est pas toujours désintéressé, la France, en tant que pays sur la scène internationale, y trouve son compte.

    Tout comme aider les pauvres ça a son intérêt aussi (paix sociale, maintient de la consommation, baisse de certains coûts comme de la santé car les gens se soignent mieux et en préventifs, etc.). C'est une évidence et j'ai presque envie de dire : on ne fait rien en étant totalement désintéressé et à dire vrai on s'en fout. L'important est de savoir faire converger nos besoins et nos centres d'intérêts pour avancer.

    Les zadistes ont fait brûler ces pneus pour quelle raison ? Pour faire de l’engrais ? Si l’État avait accepté d’écouter la voix des écologistes et accepté ce squatte, pas cherché à imposer par la force un projet inutile et délétère, il n’y aurait pas eu de pneu brûlé.

    Rappel, on a un État de droit. Ça signifie que :

    • Si un projet ne te plaît pas, tu peux présenter ta candidature ou soutenir la candidature d'un politique pour faire abandonner la loi ou le projet ;
    • Si tu n'as pas réussi l'étape 2, tu peux manifester avec d'autres mécontents dans les limites de la loi. Même faire grève si nécessaire.
    • Si l'étape 2 échoue, le recours à la justice est possible jusqu'à la juridiction européenne si nécessaire, en te basant sur le droit à l'environnement par exemple pour faire respecter la loi.
    • Si l'étape 4 échoue, tu as épuisé tous tes recours possibles, le projet ira au bout.

    On a quand même la chance de vivre dans un pays où une personne arbitraire ne peut pas imposer tout et n'importe quoi. La population a bien des moyens pour faire appliquer ou changer la loi. Mais cette notion de décision non arbitraire est dans les deux sens, si Macron ne peut pas tout imposer, les zadistes non plus.

    Si on commence à trouver que les recours quand ça va dans notre sens c'est bien, sinon c'est pourris, c'est vraiment le meilleur moyen de revenir à un État arbitraire, avec la loi du plus fort.

    L'État était dans son droit de faire l'aéroport (même si je suis d'accord que c'était une connerie, tous les recours ont validé ce projet). Macron a fait un geste salutaire en y renonçant. Et maintenant les zadistes réclament plus encore ? Je pose sincèrement la question : qui est légitime dans cette affaire ? Les zadistes n'ont ni le droit avec eux dans leurs revendications, ni un scrutin national les soutenant.

    Oui ça s’appelle l’aide à l’installation. Vois-le comme un investissement pour un futur meilleur.

    Mais ils ont déjà été financés. Ils ont été normalement éduqués, soignés, avec diverses indemnités (allocations familiales quand ils étaient jeunes, bourses, RSA ou autre une fois adulte pour certains) aux frais de l'État. Et je suis pour qu'on le fasse de manière inconditionnelle hein, je ne veux pas leur retirer cela. Mais ils ne peuvent pas dire que l'État n'a rien fait pour eux, et ne sont pas tellement en mesure d'en réclamer plus encore (sans respecter le droit).

    À un moment, il faut être raisonnable. Ils ont fait une activité illégale pendant des années. Ils ont fini par obtenir ce qu'ils voulaient et maintenant ils veulent aller encore plus loin dans l'illégalité pour en avoir plus encore ? Stop. Je trouve déjà bien que l'État ait choisi d'abandonner ce projet ce qui était leur souhait. À eux de se montrer raisonnable et de se satisfaire de la décision qu'ils attendaient.