• [^] # Re: Pas inquiété

    Posté par . En réponse au journal Le Conseil constitutionnel autorise les juges à vous demander vos clés de chiffrement. Évalué à 3.

    (Comment prouve-t-on que tu as connaissance du mot de passe est une autre question.)

    Je vais faire quelques hypothèses (faites attention avec votre café ou votre bol de céréales).

    Pour avoir une preuve que quelqu’un ne connaît pas une information il faut avoir la preuve qu’entre la génération de l’information et le moment ou on pose la question il ne peut pas y avoir eu de communication de l’info à la personne. Ça implique qu’on ait pu « garder un œil » soit sur le secret (ie: dans un coffre, dans un endroit connu et protégé, idéalement auquel seul le juge aurait accès, sinon un huissier ça ira), soit sur la personne en question (ie: c’est pratiquement impossible ! c’est le cas en théorie si la personne est en tôle...).

    Pour prouver le contraire maintenant, que la personne connaît forcément telle information (hors cas trivial où la personne donne l’information et hors cas d’amnésie), il faut prouver qu’on lui a communiqué ou bien prouver que c’est la personne elle-même qui est la source de cette information. Dans le premier cas, si on peut prouver la communication d’un message particulier c’est qu’on connaît le message en question, reste le deuxième cas.

    Dans le cas d’une clé de chiffrement (de sa passphrase pour être plus précis), comme c’est en général la personne qui génère elle-même ce secret, prouver qu’elle le connaît revient à prouver que c’est bien elle qui l’a choisi lors de la génération de la clé. Si la clé est celle qui permet de déverrouiller une partition chiffrée sur un ordinateur donné, il faut prouver que seule la personne mise en cause a pu avoir accès au matériel en question.

    Pour en revenir à l’amnésie, serait-elle limitée à cette seule information précise, elle est toujours possible. Imaginons un⋅e mis⋅e en cause qui posséderait plusieurs ordinateurs, si celle-ci déclare : « J’ai installé ce laptop il y a six mois mais finalement je ne m’en suis pas servi car j’ai préféré utiliser un portable. Ne l’ayant pas déverrouillé depuis lors j’ai oublié le mot de passe. ». Il faudrait alors prouver (ie: images, témoignages, ...) que le matériel abritant les données chiffrés a été utilisé régulièrement par l’accusé⋅e sur la période.

    Pour conclure, ce ne sera quasiment jamais possible de prouver ce fait, il n’y aura dans ces cas là que des faisceaux d’éléments concordants, je pense.