Je travaille dans le développement de logiciels, une autre tâche d'ingénierie. Et, crois-le ou non, je n'essaie pas de fournir des logiciels sans erreur à mes clients. Vraiment, je n'essaie même pas.
Ceux qui conçoivent des logiciels savent qu'ils font un compromis entre différents critères : rapidité/coût de développement, fiabilité, rapidité d'exécution, facilité de maintenance, quantité d'erreurs dedans, ... Et donc aucun de ces critères n'est maximisé, parce que ça se ferait au détriment des autres et qu'on ne peut pas les sacrifier totalement.
Et ce n'est pas une forme d'arnaque : c'est conçu exprès pour servir au mieux les clients : bien sûr on pourrait (essayer de) produire des logiciels sans erreur, mais c'est aussi 1 ou 2 zéros de plus sur le coût de développement (et donc sur la facture, il n'y a pas de mystère : c'est le client qui paie). À moins que le client ait un besoin très particulier (envoyer le bidule dans l'espace, installation industrielle sensible, ...) il n'y a aucune raison d'écrire des logiciels sans erreur (surtout d'en payer le coût correspondant). Le logiciel a une utilité bien définie (faire gagner du temps au client), un coût, une fiabilité, ... Le client n'a aucun intérêt à payer très cher pour un logiciel sans erreur, ça lui coûterait plus cher que les gains de productivité qu'il en attend.
Les logiciels n'ont pas forcément de durée de vie donc la comparaison n'est pas directe, mais le même principe s'applique aux objets du quotidien (et les autres d'ailleurs, moins visibles) : ils ne sont pas conçus pour durer éternellement, ça n'aurait aucun sens. Y compris pour le client.
Pour ce qui concerne les logiciels, le problème de vendre de la qualité (fiabilité/sécurité) rejoint d'ailleurs ceux des objets, notamment quand ils sont bon marché et que les consommateurs ne veulent pas investir du temps pour choisir et prennent souvent le moins cher : il est facile de vendre des fonctionnalités, moins de vendre de la qualité. Soit parce que le client ne regarde que le prix (c'est plutôt de sa faute), soit parce qu'il est difficile pour lui d'évaluer la qualité du résultat (et là c'est plus compliqué à traiter). Parmi les solutions (partielles, forcément) : la période de garantie (qui n'est pas éternelle), le support intégré à l'abonnement (s'il y a abonnement ou contrat de maintenance), la réputation de l'entreprise issue de travaux passés (ça c'est quelque chose que le client peut vérifier, au moins un peu).
[^] # Re: Halte à l'obsolescence programmée...
Posté par ylsul . En réponse à la dépêche Du rififi dans ta cartouche d’encre. Évalué à 2.
Je travaille dans le développement de logiciels, une autre tâche d'ingénierie. Et, crois-le ou non, je n'essaie pas de fournir des logiciels sans erreur à mes clients. Vraiment, je n'essaie même pas.
Ceux qui conçoivent des logiciels savent qu'ils font un compromis entre différents critères : rapidité/coût de développement, fiabilité, rapidité d'exécution, facilité de maintenance, quantité d'erreurs dedans, ... Et donc aucun de ces critères n'est maximisé, parce que ça se ferait au détriment des autres et qu'on ne peut pas les sacrifier totalement.
Et ce n'est pas une forme d'arnaque : c'est conçu exprès pour servir au mieux les clients : bien sûr on pourrait (essayer de) produire des logiciels sans erreur, mais c'est aussi 1 ou 2 zéros de plus sur le coût de développement (et donc sur la facture, il n'y a pas de mystère : c'est le client qui paie). À moins que le client ait un besoin très particulier (envoyer le bidule dans l'espace, installation industrielle sensible, ...) il n'y a aucune raison d'écrire des logiciels sans erreur (surtout d'en payer le coût correspondant). Le logiciel a une utilité bien définie (faire gagner du temps au client), un coût, une fiabilité, ... Le client n'a aucun intérêt à payer très cher pour un logiciel sans erreur, ça lui coûterait plus cher que les gains de productivité qu'il en attend.
Les logiciels n'ont pas forcément de durée de vie donc la comparaison n'est pas directe, mais le même principe s'applique aux objets du quotidien (et les autres d'ailleurs, moins visibles) : ils ne sont pas conçus pour durer éternellement, ça n'aurait aucun sens. Y compris pour le client.
Pour ce qui concerne les logiciels, le problème de vendre de la qualité (fiabilité/sécurité) rejoint d'ailleurs ceux des objets, notamment quand ils sont bon marché et que les consommateurs ne veulent pas investir du temps pour choisir et prennent souvent le moins cher : il est facile de vendre des fonctionnalités, moins de vendre de la qualité. Soit parce que le client ne regarde que le prix (c'est plutôt de sa faute), soit parce qu'il est difficile pour lui d'évaluer la qualité du résultat (et là c'est plus compliqué à traiter). Parmi les solutions (partielles, forcément) : la période de garantie (qui n'est pas éternelle), le support intégré à l'abonnement (s'il y a abonnement ou contrat de maintenance), la réputation de l'entreprise issue de travaux passés (ça c'est quelque chose que le client peut vérifier, au moins un peu).