• # Re: Journées Copyleft de Madrid

    Posté par . En réponse à la dépêche Journées Copyleft de Madrid. Évalué à 10.

    Les aspects scientifiques du copyleft ont bien sûr été abordés. Si ce milieu a une très bonne culture de travail communitaire, le problème des brevets freinent énormément le partage du savoir. Le "problème des brevets" est l'explication la plus facile à proposer mais la moins crédible. En effet c'est l'originataire d'une "invention" qui décide de déposer un brevet, donc si le milieu scientifique avait une si grande "culture de travail communautaire", aucun brevet ne serait déposé et le problème ne se poserait pas (quant à l'antériorité, une publication dans une revue ou les actes d'un colloque sont justement un très bon moyen de la prouver). Par contre la réalité est en profondeur moins rose. Les laboratoires sont très cloisonnés, y compris au sein d'un même institut, et sont en concurrence les uns entre les autres, que ce soit pour l'obtention de crédits, de partenariats avec les industriels, et de publications dans les revues (qui sont un facteur très important dans la trajectoire individuelle des chercheurs). Souvent quand une idée ou réalisation d'un labo inspire un membre d'un autre labo, c'est pour mener des recherches concurrentes plutôt que de mettre en commun le travail fourni (en informatique par exemple, cela conduit à de multiples réalisations plutôt qu'à de gros projets fédérateurs, alors même que les chercheurs sont souvent, d'un point de vue personnel, des adeptes du libre et de la réutilisation). De plus, le caractère individualiste des chercheurs - lié au type d'activité intellectuelle effectuée - ainsi que leur manque de pratique du travail en équipe (le cursus initial typique d'un chercheur est lui-même très individualiste : université puis doctorat) creuse encore le déficit de mutualisation. Bien sûr, c'est un tableau dressé à gros traits, pas une vérité universelle ;)