• [^] # Re: Oui

    Posté par . En réponse au journal Misogynie et discrimination à l'embauche. Évalué à 4.

    Ben, pas tellement. Tout ce qu'on peut dire, c'est que les blancs sont un sous-groupe des noirs : une petite fraction des humains (qui sont apparus en Afrique, et ça on est tous d'accord là-dessus) est sortie d'Afrique, et pour des raisons mal comprises, il s'est avéré que la peau noire est mal adaptée aux latitudes élevées (ça pourrait avoir un lien avec la vitamine D, mais on en savait trop peu sur le métabolisme de la vitamine D pour tirer des conclusions définitives quand j'ai fini mes études, et je ne suis pas retourné me documenter dessus - je m'en excuse par avance).

    Voilà à peu près tout ce qu'on peut dire sur les différences blancs/noirs, notamment parce que les "noirs" sont un groupe bien trop divers pour en tirer des conclusions (il n'y a pas l'effet d'entonnoir génétique lié à une petite population sortant d'Afrique). Du coup, les différentes sous-populations de "noirs" sont aussi différentes entre elles qu'elles pourraient l'être de la population des "blancs" (ce qui est équivalent à dire que les blancs sont un sous-ensemble des noirs au plan génétique).

    Après, on a bien mis en évidence des médicaments, des pathologies qui marchent/affectent principalement les noirs (c'est notamment étudié aux USA). Ceci peut avoir deux causes :
    - Certaines pathologies génétiques(surtout la drépanocytose, en fait) affectent indifféremment toutes les populations noires (et certaines populations asiatiques). C'est le résultat d'une sélection naturelle. Être porteur sain du gène de la drépanocytose (un allèle sain, un allèle malade) confère une protection contre le paludisme (qui sévit principalement en Afrique et en Asie). Résultat, le palu a exercé une pression de sélection en faveur de la drépanocytose. On constate d'ailleurs que chez les noirs américains, où il n'y a pas de palu, la proportion de drépanocytose baise progressivement par rapport à leurs ancêtres africains.
    - Certains médicaments ont eu un effet "prouvé" chez les noirs mais pas chez les blancs. C'est un résultat à prendre avec d'énormes pincettes car il s'agit d'analyses en sous-groupes, et que dans ce genre d'études, on fait toujours plein d'analyses en sous-groupes. Il n'est pas surprenant que quelques-unes soient positives par le seul fait du hasard. Ceci dit, on sait que la distribution des différents allèles de sensibilité/résistance à des médicaments peut varier selon les populations. Pour le moment, on en est à prescrire des médicaments en fonction de la couleur de peau, en utilisant cette dernière comme un proxy du génome. Peut-être que, si les tests génétiques voient encore leur coût diminuer, on en viendra à prescrire le médicament en fonction de la présence ou absence d'un allèle d'efficacité plutôt que de la couleur de peau.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.