Posté par arnaudus .
En réponse au journal web.
Évalué à 10.
Dernière modification le 17 janvier 2018 à 10:07.
Moi ce qui me gêne, c'est l'utilisation du terme «liberté» pour désigner quelque chose qui est quand même très éloigné de l'acceptation courante du terme en français.
Quand Google, la police, ou les chinois du FBI connaissent les détails de tes connexions et tes requêtes sur Internet, c'est une atteinte à ta vie privée. Le droit à la vie privée fait partie des droits de l'Homme (cf déclaration universelle, article 12: «Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.»).
J'imagine que le concept d'«arbitraire» dans le cas où tu as accepté des conditions générales qui autorisent un tiers à stocker des informations a dû faire l'objet de multiples débats.
L'autre truc compliqué, c'est que rien n'empêche un État de mettre en place une politique sécuritaire (par exemple la mise en place de ces «boites noires» chez les FAI), ce qui est interdit, c'est de les utiliser pour s'immiscer arbirairement dans la vie privée des gens. Ma lecture rapide et naïve, c'est qu'il n'est pas contraire aux droits de l'Homme de logguer les connexions de tout le monde, à partir du moment où ces logs ne sont disponibles qu'après une procédure constitutionnelle (juge d'instruction, juge administratif, etc). Du coup, paradoxalement, c'est bien le recours à des tiers privées (FAI, GAFAM, hébergeurs) qui sépare les pouvoirs ; l'un stocke toutes les données sans les exploiter, et l'État peut, en faisant la paperasse nécessaire, y accéder de manière sélective.
Bref, tout ça pour dire que la liberté, c'est heureusement bien au-delà du stockage de ses infos personnelles sur des serveurs. On pourrait imaginer un monde où on connait tout des activités publiques de tout le monde (quand on va sur Internet, en quelque sorte, c'est comme si on sortait de chez soi ; c'est aussi quelque chose qui est compliqué à assimiler) mais où on serait quand même libres de faire ce qu'on veut. C'est un monde où je n'aimerais pas vivre, mais je pense que ce monde serait techniquement un monde libre.
Au passage, le respect à la vie privée se heurte aussi à d'autres libertés fondamentales, comme la liberté d'expression. La justice met des limites aux deux afin de créer un compromis acceptable, mais je pense que personne ne peut considérer que le respect à la vie privée est un droit absolu.
[^] # Re: Le petit XKCD du jour
Posté par arnaudus . En réponse au journal web. Évalué à 10. Dernière modification le 17 janvier 2018 à 10:07.
Moi ce qui me gêne, c'est l'utilisation du terme «liberté» pour désigner quelque chose qui est quand même très éloigné de l'acceptation courante du terme en français.
Quand Google, la police, ou les chinois du FBI connaissent les détails de tes connexions et tes requêtes sur Internet, c'est une atteinte à ta vie privée. Le droit à la vie privée fait partie des droits de l'Homme (cf déclaration universelle, article 12: «Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.»).
J'imagine que le concept d'«arbitraire» dans le cas où tu as accepté des conditions générales qui autorisent un tiers à stocker des informations a dû faire l'objet de multiples débats.
L'autre truc compliqué, c'est que rien n'empêche un État de mettre en place une politique sécuritaire (par exemple la mise en place de ces «boites noires» chez les FAI), ce qui est interdit, c'est de les utiliser pour s'immiscer arbirairement dans la vie privée des gens. Ma lecture rapide et naïve, c'est qu'il n'est pas contraire aux droits de l'Homme de logguer les connexions de tout le monde, à partir du moment où ces logs ne sont disponibles qu'après une procédure constitutionnelle (juge d'instruction, juge administratif, etc). Du coup, paradoxalement, c'est bien le recours à des tiers privées (FAI, GAFAM, hébergeurs) qui sépare les pouvoirs ; l'un stocke toutes les données sans les exploiter, et l'État peut, en faisant la paperasse nécessaire, y accéder de manière sélective.
Bref, tout ça pour dire que la liberté, c'est heureusement bien au-delà du stockage de ses infos personnelles sur des serveurs. On pourrait imaginer un monde où on connait tout des activités publiques de tout le monde (quand on va sur Internet, en quelque sorte, c'est comme si on sortait de chez soi ; c'est aussi quelque chose qui est compliqué à assimiler) mais où on serait quand même libres de faire ce qu'on veut. C'est un monde où je n'aimerais pas vivre, mais je pense que ce monde serait techniquement un monde libre.
Au passage, le respect à la vie privée se heurte aussi à d'autres libertés fondamentales, comme la liberté d'expression. La justice met des limites aux deux afin de créer un compromis acceptable, mais je pense que personne ne peut considérer que le respect à la vie privée est un droit absolu.