• [^] # Re: qwant ?

    Posté par . En réponse au journal De la difficulté de trouver un moteur de recherche pertinent pour un site institutionnel du libre. Évalué à 3.

    J'ai l'impression que vous n'avez jamais entendu parler des "gag order" au USA. Ce genre de procédure pourrait très bien arrivé en France.

    Votre raisonnement me semble extrêmement confus. La seule différence entre une enquête traditionnelle et une requête administrative pour accéder à vos données chez un tiers ne tient qu'à la probabilité que vous soyez mis au courant par le tiers en question, c'est très douteux. Quelle est la probabilité que votre employeur vous informe qu'il a été interrogé par la police? Quelle est la probabilité que votre épicier le fasse? Quel est l'intérêt qu'un voisin vous dise "au fait, la police est venue me poser des questions sur vous?". La possibilité existe, mais si vous pensez que la défense de votre vie privée tient à la possibilité qu'un tiers vous mette au courant, ça me semble très très fragile.

    Un terme a même été inventé pour justement faire la différence avec une enquête : la surveillance de masse.

    On ne peut pas argumenter si on nage dans le n'importe quoi. Une enquête est sous contrôle d'un juge (judiciaire ou administratif), les requêtes sont nominatives est individuellement justifiées. Si la police veut avoir accès à la base de données d'une entreprise privée (là encore, rien de spécifique aux FAI ou aux GAFAM, l'accès aux "fadettes" des portables, ou même avant, à vos factures de téléphone fixe, étaient exactement du même registre), elle ne peut le faire que par une procédure encadrée.

    La "surveillance de masse" se rapproche plus de l'histoire des boites noires chez les FAI. On en avait déja discuté ici, cette possibilité n'existe que pour les FAI et les hébergeurs de contenu, elle exclut les moteurs de recherche et les intermédiaires. Le contexte reste très flou, mais rien n'indique que les infos remontées soient nominatives (les boîtes noires, a priori, n'ont pas accès aux bases de données de l'entreprise). J'imagine que le système est basé sur la détection de patterns "suspects", qui doivent pouvoir donner lieu, sur une base individuelle, à l'ouverture d'enquêtes.

    Avez-vous une idée du cout de suivre une personne h24

    Je ne comprends même pas l'argument. Les droits de l'homme ne dépendent heureusement pas du coût de leur violation... Si la torture était horriblement chère, est-ce qu'elle deviendrait tolérable pour autant?

    Sans compter que techniquement, avec la vidéosurveillance généralisée, l'utilisation de balises radio, etc., il est tout à fait possible de diminuer drastiquement le coût de la surveillance. Je vous accorde que j'ai déja entendu l'idée de préserver la vie privée par la diminution volontaire de la productivité des services de police (paperasse, interdiction d'utilisation de méthodes informatiques, interdiction de recours à des appareils de mesure, etc), et je trouve cette idée profondément stupide.

    Bien sûr qu'il identifie chaque personne.

    Non, ça n'a aucune valeur légale, c'est une information basée sur des probabilités et il est inimaginable que les services de l'état puissent avoir accès d'une manière ou d'une autre à une telle information, et surtout pas de manière générale.

    Pourquoi rajouter la contrainte du temps réel ? Je n'ai jamais parler de ça, et c'est en rien nécessaire pour être dangereux

    Les données sont forcément effacées/résumées/archivées après quelques semaines ou quelques mois (il suffit de faire un simple calcul du coût de stockage). On peut fantasmer autant qu'on veut sur le budget de la NSA, mais il est par exemple physiquement impossible de stocker la trace GPS récupérée par des applications pour smartphone sur des centaines de millions de personnes sur plusieurs mois/années, et il est encore moins possible de les analyser.