• # Des détails

    Posté par . En réponse au journal [PGP] Des failles de sécurité sous le sapin pour Thunderbird et Enigmail !. Évalué à 10. Dernière modification le 26 décembre 2017 à 15:33.

    Pour les curieux, l’extrait de l’audit concernant Enigmail est disponible.

    Sur la vulnérabilité TBE-01-002, je n’ai aucun commentaire à faire si ce n’est un doh! doublé d’un facepalm ... Encore une excellente illustration de la loi d’Adi Shamir : Cryptography is bypassed, not penetrated. Pourquoi attaquer de front un algorithme de chiffrement quand on peut s’en prendre à une banale expression rationnelle ?

    En revanche la vulnérabilité TBE-01-005 me laisse dubitatif. L’audit semble dire qu’Enigmail déchiffre automatiquement et silencieusement un bloc chiffré caché au fin fond d’un e-mail, permettant à un attaquant d‘obtenir une copie déchiffré d’un message simplement en l’insérant subrepticement dans le fil d’une conversation.

    Je ne sais pas dans quelles conditions (p.ex. quelles versions d’Enigmail et/ou de GnuPG) ils ont testé ça (ni même si ils ont réellement testé ce scénario ou s’il s’agit juste d’une vulnérabilité théorique), mais le déchiffrement d’un bloc chiffré, même caché au fin fond d’un email de plusieurs centaines de lignes, n’est la plupart du temps pas silencieux puisque GnuPG doit demander à l’utilisateur de saisir la phrase de passe de sa clef privée. Ce n’est que si la phrase de passe est déjà dans le cache de l’agent GnuPG (donc si l’utilisateur s’en est servi dans les dix minutes précédentes, dans la configuration par défaut) qu’on ne lui demande rien. Ce n’est pas insurmontable pour l’attaquant (qui pourrait s’arranger par exemple pour envoyer lui-même un mail chiffré à sa victime quelques minutes avant de lui envoyer le mail contenant le message dont il veut obtenir le texte clair), mais ce n’est ni très discret ni aussi facile que ne semble le suggérer l’audit.

    Ah, et sinon :

    Enigmail est une extension pour Thunderbird permettant de chiffrer les communications en utilisant OpenGPG.

    Je vais (encore) chipoter, mais « OpenGPG », ça n’existe pas. Piqûre de rappel :

    • PGP (Pretty Good Privacy) = le programme original, écrit par Zimmerman au début des années 1990
    • OpenPGP = le standard (RFC 4880) décrivant le format des messages et clefs manipulés par PGP
    • GnuPG (GNU Privacy Guard, parfois appelé gpg qui est en fait le nom du binaire principal) = une implémentation libre du standard OpenPGP