Bon, j'arrive un peu après la bataille, mais j'étais occupé à d'autres choses plus techniques (que je vais produire ici même quand j'aurai fini).
Techniquement, j'ai appris l'anglais au collège en classe de sixième, comme pas mal de monde. C'était en 1987, ce qui ne nous rajeunit pas. Je n'étais pas franchement mauvais, j'aimais ça, mais je n'ai jamais été un premier de classe non plus. J'ai donc pu pendant très longtemps me revendiquer d'un simple « anglais scolaire ». Ça me permettait tout juste de le baragouiner un peu si jamais je devais me faire comprendre quelque part (dans un aéroport, par exemple) mais guère plus côté oral. Par contre, ça me permettait de le lire relativement facilement, et la programmation exercée depuis « le plus jeune âge » sur les MO6 de l'école m'avait permis d'aborder facilement l'anglais technique.
Par la suite, j'ai commencé par essayer de lire des romans en anglais avec un dictionnaire à côté. C'est une bonne idée en soi mais franchement, pour chaque page du livre, on se réfère dix fois au dico et ça devient vraiment ingérable. Mais ça fait son effet quand même à la longue.
Le premier coup d'accélérateur est venu avec les DVD quand, après avoir vu les épisodes qui me plaisaient le plus, je les revisionnais en version originale sous-titrée (VOST). À l'époque, j'essayais aussi d'aller voir les films en VO au cinéma du quartier mais à défaut d'un niveau suffisant, on reste le nez collé sur les sous-titres, on se concentre ni sur le film ni sur l'histoire et au final, on en ressort fatigué sans avoir gagné grand chose. Mais les séries ont fini par donner des résultats et une jeune prof d'anglais connue plus tard nous avait confirmé que c'était ce qui, à l'usage, donnait le plus de résultats.
Quand j'ai commencé à me sentir suffisamment à l'aise en lecture, j'ai commencé à faire des traductions. En 1997, j'avais entrepris de traduire le painless guide to CRC error detection algorithms, à l'époque où l'ADSL était expérimentale et où on partageait encore l'info en s'envoyant des CD.
Les moteurs de recherche étaient déjà au point mais quand Google a commencé à se démocratiser, c'est devenu plus facile d'accéder à beaucoup de documents en anglais ciblant les centres d'intérêts mais surtout, il est devenu très facile de voir si tel ou tel idiome existait ou non, et la recherche par image sur un terme en anglais a permis de constater instantanément quelle est l'acception la plus fréquente d'un mot dans le langage courant. Et ça, c'est devenu un vrai atout si on ne peut pas s'immerger directement dans une population anglophone.
Mais malgré cela, ce qui m'a réellement fait faire les plus gros progrès, c'est le fait de me retrouver en environnement professionnel, dans un centre de recherche, avec des collaborateurs de toutes les nationalités (même si le centre en lui-même était à quatre kilomètres de mon domicile). L'anglais était donc de rigueur vis-à-vis de toutes les personnes dont le français n'était pas la langue native.
J'y suis entré en étant capable de comprendre mon interlocuteur mais en répondant en français. À peine un an plus tard, j'avais acquis un anglais courant. En 2007, au terme d'études d'ingénieur en partenariat (études à l'âge adulte en alternance et en convention avec sa propre boîte), j'ai obtenu 955 au TOEIC. Ça ne fait toujours pas de moi un native speaker ni ne me permet de prétendre en l'état au Cambridge Certificate, par exemple, mais j'ai maintenant suffisamment de confiance en moi pour téléphoner à une hotline située aux États-Unis, par exemple.
Enfin, aujourd'hui, il y a Youtube. Donc il est très facile, si on le souhaite, d'écouter en permanence des contenus en anglais ou en américain (surtout), qui soient tout autant des émissions formatées pour la télévision que des témoignages de particuliers qui font leur propre chaîne. Et plus récemment, il m'est arrivé de faire plusieurs sous-titres pour les épisodes de Veritasium, MinutePhysics ou 3Blue1Brown, mais d'autres aussi. Bon, un peu moins ces temps-ci parce que si on veut le faire sérieusement, en étant sûr de ce que l'on écrit, sans faire de contresens, en soignant son français, sa typologie, en utilisant l'UTF-8 et en ajustant bien les blocs pour qu'ils restent agréables à lire quand ils se succèdent, il faut 1h30 pour traduire une minute de vidéo.
Tout ceci fait que mon anglais est surtout de l'américain, mais c'est très bien comme ça.
Aujourd'hui, je pratique en traduisant entre autres les diatribes de Linus dans les annonces des releases -rc du noyau. :)
# Via ma boîte
Posté par Obsidian . En réponse au journal Votre rapport à l’anglais ?. Évalué à 2.
Bon, j'arrive un peu après la bataille, mais j'étais occupé à d'autres choses plus techniques (que je vais produire ici même quand j'aurai fini).
Techniquement, j'ai appris l'anglais au collège en classe de sixième, comme pas mal de monde. C'était en 1987, ce qui ne nous rajeunit pas. Je n'étais pas franchement mauvais, j'aimais ça, mais je n'ai jamais été un premier de classe non plus. J'ai donc pu pendant très longtemps me revendiquer d'un simple « anglais scolaire ». Ça me permettait tout juste de le baragouiner un peu si jamais je devais me faire comprendre quelque part (dans un aéroport, par exemple) mais guère plus côté oral. Par contre, ça me permettait de le lire relativement facilement, et la programmation exercée depuis « le plus jeune âge » sur les MO6 de l'école m'avait permis d'aborder facilement l'anglais technique.
Par la suite, j'ai commencé par essayer de lire des romans en anglais avec un dictionnaire à côté. C'est une bonne idée en soi mais franchement, pour chaque page du livre, on se réfère dix fois au dico et ça devient vraiment ingérable. Mais ça fait son effet quand même à la longue.
Le premier coup d'accélérateur est venu avec les DVD quand, après avoir vu les épisodes qui me plaisaient le plus, je les revisionnais en version originale sous-titrée (VOST). À l'époque, j'essayais aussi d'aller voir les films en VO au cinéma du quartier mais à défaut d'un niveau suffisant, on reste le nez collé sur les sous-titres, on se concentre ni sur le film ni sur l'histoire et au final, on en ressort fatigué sans avoir gagné grand chose. Mais les séries ont fini par donner des résultats et une jeune prof d'anglais connue plus tard nous avait confirmé que c'était ce qui, à l'usage, donnait le plus de résultats.
Quand j'ai commencé à me sentir suffisamment à l'aise en lecture, j'ai commencé à faire des traductions. En 1997, j'avais entrepris de traduire le painless guide to CRC error detection algorithms, à l'époque où l'ADSL était expérimentale et où on partageait encore l'info en s'envoyant des CD.
Les moteurs de recherche étaient déjà au point mais quand Google a commencé à se démocratiser, c'est devenu plus facile d'accéder à beaucoup de documents en anglais ciblant les centres d'intérêts mais surtout, il est devenu très facile de voir si tel ou tel idiome existait ou non, et la recherche par image sur un terme en anglais a permis de constater instantanément quelle est l'acception la plus fréquente d'un mot dans le langage courant. Et ça, c'est devenu un vrai atout si on ne peut pas s'immerger directement dans une population anglophone.
Mais malgré cela, ce qui m'a réellement fait faire les plus gros progrès, c'est le fait de me retrouver en environnement professionnel, dans un centre de recherche, avec des collaborateurs de toutes les nationalités (même si le centre en lui-même était à quatre kilomètres de mon domicile). L'anglais était donc de rigueur vis-à-vis de toutes les personnes dont le français n'était pas la langue native.
J'y suis entré en étant capable de comprendre mon interlocuteur mais en répondant en français. À peine un an plus tard, j'avais acquis un anglais courant. En 2007, au terme d'études d'ingénieur en partenariat (études à l'âge adulte en alternance et en convention avec sa propre boîte), j'ai obtenu 955 au TOEIC. Ça ne fait toujours pas de moi un native speaker ni ne me permet de prétendre en l'état au Cambridge Certificate, par exemple, mais j'ai maintenant suffisamment de confiance en moi pour téléphoner à une hotline située aux États-Unis, par exemple.
Enfin, aujourd'hui, il y a Youtube. Donc il est très facile, si on le souhaite, d'écouter en permanence des contenus en anglais ou en américain (surtout), qui soient tout autant des émissions formatées pour la télévision que des témoignages de particuliers qui font leur propre chaîne. Et plus récemment, il m'est arrivé de faire plusieurs sous-titres pour les épisodes de Veritasium, MinutePhysics ou 3Blue1Brown, mais d'autres aussi. Bon, un peu moins ces temps-ci parce que si on veut le faire sérieusement, en étant sûr de ce que l'on écrit, sans faire de contresens, en soignant son français, sa typologie, en utilisant l'UTF-8 et en ajustant bien les blocs pour qu'ils restent agréables à lire quand ils se succèdent, il faut 1h30 pour traduire une minute de vidéo.
Tout ceci fait que mon anglais est surtout de l'américain, mais c'est très bien comme ça.
Aujourd'hui, je pratique en traduisant entre autres les diatribes de Linus dans les annonces des releases -rc du noyau. :)