• [^] # Re: automatisation de la session utilisateur

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Intégration d'un poste GNU/Linux dans un domaine Windows. Évalué à 4.

    Je n’ai accusé aucun décideur de culpabilité. Le fait de relever des incompréhensions, des habitudes, des mythes, des illusions ou des peurs (qui existent aussi bien chez le décideur que chez le département technique) pour expliquer un état de fait ce n’est pas accuser quelqu’un de culpabilité ni manquer de respect à sa personne, comme tu le faits.

    C’est normal qu’il y ait des incompréhensions, des préjugés, des peurs, c’est le lot des relations humaines et c’est normal. Nous sommes des êtres humains, nous avons des désirs, nous avons des craintes, nous avons besoin d’être rassuré, nous avons besoin d’être reconnus. C’est un acte de charité que d’essayer de les comprendre, et donc de les entendre et d’en prendre connaissance pour détricoter les méprises, prévenir les conflits, et le plus important : rassurer, toujours rassurer. C’est aussi extrêmement rassurant d’être reconnu dans son humanité (avec ses désirs et ses craintes) quand cette reconnaissance est la cause du respect qui nous est porté. On ne peut reprocher à quiconque d’écouter et d’essayer de comprendre ces incompréhension, c’est une connaissance très précieuse.

    Un jour un décideur te partage son inquiétude en te disant « ton Linux et ton Samba ne m’a pas l’air très standard » mais qu’il a signé sans aucune inquiétude un an plus tôt un bon de commande apporté par une société tierce qui contenait un NAS Synology qui fonctionne sous Linux et Samba sans qu’il le sache. Et là tu te rends compte que ça fait un an que ce NAS sous Linux et Samba ronronne dans la pièce à côté de ce même décideur qui te partage ses inquiétude par rapport à « ton Linux et ton Samba » pour la seule raison qu’il ne le trouve pas dans le catalogue d’une tiers qu’il consulte (alors que ledit NAS Synology en fait partie puisque c’est ainsi qu’il est arrivé), tu te rends compte que si tu avais mis une étiquette « Synology » sur ton serveur au lieu de mettre « Dell, Linux, Samba », il ne serait pas en train de te proposer de tout changer, et que ça ne tient qu’à ça. Il n’y a pas de faute, c’est normal qu’il soit inquiet de ne pas trouver dans le catalogue des autres l’intitulé exact de ce qui a été livré chez lui. Je ne considère pas qu’il y a faute de sa part. Mais je comprends qu’il y a incompréhension et qu’il faut lui expliquer pourquoi il semble en apparence ne pas retrouver ce qu’il a et qu’il a besoin d’être rassuré. Au final c’est gagnant-gagnant. Partir dans une logique de « il y a forcément un des deux qui est en faute, qui est coupable », c’est faux, destructeur et inutile.

    Mais non toi, dès lors que quelqu’un s’interroge du fait qu’il y ait incompréhension entre deux catégories de personnes qui voient le même problème sous deux angles parfois contradictoires, tu commences par mettre une culpabilité sur la tête d’une des parties et considère comme suspects les efforts d’écoute et de compréhension que cette partie ferait.

    Par exemple quand je dis que certains décideurs voient l’humain comme une ressource, ce n’est pas un reproche. C’est très utile de savoir que pour un décideur, voir l’humain comme un ressource c’est profondément rassurant et confortable et que c’est une tentation facile même avec la meilleure volonté du monde (et que si j’étais à sa place je serais tenté pareil). Quand on a compris ça, on est déjà mieux armé pour se faire respecter parce qu’alors on peut commencer à mettre de l’humain dans la relation avec la prudence nécessaire car on sait où sont les peurs et comment il faut rassurer la personne.

    J’ai travaillé pendant longtemps dans une structure, un réseau de plus de 70 entités, un jour ils ont décidé de tout remettre à plat et de lancer une grande campagne de redécouverte de chacun. Le slogan c’était qu’on devait passer d’une logique de ressource humaine à une logique de richesse humaine (ce sont les mots qui avaient été employés, littéralement). Il s’agissait de changer son regard pour voir chacun comme une richesse et non pas comme une ressource. C’est de cette expérience que je tiens l’affirmation que j’ai écrite plus loin dans la conversation qu’une ressource est par définition faite pour être exploitée. Cette phrase je la tiens de ces décideurs-là, et après ça la devise de cette entité est devenue « Joie ».

    On n’a pas besoin de tes manigances à monter les un contre les autres, à tout voir sous un angle de culpabilité, à tout juger comme si la manifestation d’une incompréhension était nécessairement le signe d’une faute d’une des parties. Non, quand quelqu’un relève une incompréhension chez un autre, cela ne signifie pas qu’il n’y a pas non-plus d’incompréhension de son coté, et cela ne signifie pas qu’il pense nécessairement que l’autre est coupable, et la seule alternative à cela n’est pas non-plus sa propre culpabilité.

    Quand tu vois quelqu’un exprimer une incompréhension, tu n’as pas le droit de 1. supposer que ce quelqu’un accuse un autre de culpabilité, 2. supposer qu’il est lui-même coupable.

    C’est toi qui veux voir de la culpabilité par tout, soit tu veux la voir directement parmi tes interlocuteurs, soit tu veux la voir dans la bouche de tes interlocuteurs à l’égard des autres. C’est faux, c’est irrespectueux et c’est mensonger. Et c’est destructeur. Est-ce que cette posture est une constante chez les porte-paroles de Microsoft ou bien est-ce uniquement toi qui tient ce langage « concurrent à windows == médiocrité » et « service technique qui tiens un langage contraire == employé en situation de faute caractérisée » ?

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