• [^] # Re: Jean-François Revel commente ainsi la féminisation des mots

    Posté par . En réponse au journal Partage. Évalué à 5.

    Mais une dame ministresse, proviseuse, médecine, gardienne des Sceaux, officière ou commandeuse de la Légion d’Honneur contrevient soit à la clarté, soit à l’esthétique, sans que remarquer cet inconvénient puisse être imputé à l’antiféminisme.

    Moi, ce qui m'amuse c'est le talent particulier qui consiste à dire que l'on sait ce qu'est l’esthétisme de la langue: je ne vois pas en quoi commandeuse est d'une laideur (ou d'un manque de clarté) insoutenable alors que que l'on ne s'aigrit pas de lire qu'il y a "des mains baladeuses". Je ne vois pas en quoi "gardienne des Sceaux" pose le moindre soucis, ni même proviseuse ou ministresse.

    Je crois que le seul argument à cet anti-esthètisme est le fait, qu'enfant nous ayons voulu imaginer ces mots (car ils sont basés sur des racines et de sufixes "logiques") et que nos parents, proches, la maîtresse (ou le maître) nous ont corrigés face à l'inesthètisme innaceptable de ces mots là. C'est du conservatisme ancrés profondément en nous.

    médecine est le seule mot ou l'on peut argumenter l'inesthètisme dans le sens ou il sonne comme le terme général du domaine, encore que le français soit fait de tellement d'homonymes et de byzarreries qu'il soit étrange de s'en offusquer (nos "académiques" les apprécient pourtant).

    Je n'ai pas de position sur l'écriture inclusive, mais parler de l'esthètique d'une langue comme de quelque chose d'élémentaire me dresse le poil sur la tête.