Mon grand-oncle n'a pas d'arthrite, mais je connais bien aussi les bouchons de la banlieue parisienne : je les ai pratiqués quotidiennement pendant des années (trajet très grande banlieue à proche banlieue mais pas dans l'axe : deux bonnes heures minimum en transports en commun) et les pratique encore parfois sur ma configuration actuelle (chaque fois que je compte quitter Paris après 22h, en fait). Mon analyse sociologique diverge légèrement de la tienne :
jusqu'au périphérique (ou, disons, à l'A86), on voit surtout des caisses de merde (y compris la mienne), immatriculées en grande couronne quand c'est pas en province, avec assez peu de costards-cravate.
dans Paris, effectivement, c'est plus "grosses cylindrées costume gomina", mais une grosse partie à l'air d'être du VTC (i.e. souvent des gens assis à l'arrière). Impression renforcée par le fait que je vois pas mal d'équipages similaires poireauter autour de la Gare du Nord.
On est tous des cas particuliers. Et une bagnole, ça coûte cher à l'achat et à l'entretien : quand tu peux t'en passer, tu le fais. Sans trop hésiter. Sauf que - expérience perso à l'appui - quand tu dois choisir entre voiture et transports en commun, tu es souvent face au choix suivant :
a) une durée moyenne D en transports en commun, avec plein de contraintes (horaires, promiscuité, fiabilité), et une durée max déraisonnable (trains parfois annulés purement et simplement) ; et
b) une durée moyenne D+10% en voiture, avec les horaires que tu veux (et la possibilité d'influer sur ton temps de parcours avec tes horaires), avec un siège garanti, ta musique, tes odeurs, ton bordel, tu peux fumer dedans si tu veux ... et une durée max qui excède rarement le quadruple de ton temps moyen (le pire que j'ai pu faire, perso, même en comptant un retour en dépanneuse).
Alors forcément, c'est difficile de préférer les transports dans ces conditions. À l'heure actuelle, j'évite la bagnole parce que je travaille intra-muros, que j'ai une très bonne ligne de train, et que j'arrive à éviter le métro une fois dans Paris. Si demain je travaille en proche banlieue, il y a toutes les chances que je retourne à la voiture.
Avec des transports beaucoup plus efficaces sur un trajet donné, tu parviens à compenser les avantages individuels de la bagnole (ou en tous cas du véhicule perso, ça peut valoir aussi pour le vélo si tu es sur une distance qui s'y prête). Mais gagner 20 minutes de trajet, ça vaut pas les désagréments des transports en commun.
[^] # Re: une généralité malheureusement
Posté par Larry Cow . En réponse au journal Taxe béton Nicolas Hulot. Évalué à 6.
Mon grand-oncle n'a pas d'arthrite, mais je connais bien aussi les bouchons de la banlieue parisienne : je les ai pratiqués quotidiennement pendant des années (trajet très grande banlieue à proche banlieue mais pas dans l'axe : deux bonnes heures minimum en transports en commun) et les pratique encore parfois sur ma configuration actuelle (chaque fois que je compte quitter Paris après 22h, en fait). Mon analyse sociologique diverge légèrement de la tienne :
On est tous des cas particuliers. Et une bagnole, ça coûte cher à l'achat et à l'entretien : quand tu peux t'en passer, tu le fais. Sans trop hésiter. Sauf que - expérience perso à l'appui - quand tu dois choisir entre voiture et transports en commun, tu es souvent face au choix suivant :
a) une durée moyenne D en transports en commun, avec plein de contraintes (horaires, promiscuité, fiabilité), et une durée max déraisonnable (trains parfois annulés purement et simplement) ; et
b) une durée moyenne D+10% en voiture, avec les horaires que tu veux (et la possibilité d'influer sur ton temps de parcours avec tes horaires), avec un siège garanti, ta musique, tes odeurs, ton bordel, tu peux fumer dedans si tu veux ... et une durée max qui excède rarement le quadruple de ton temps moyen (le pire que j'ai pu faire, perso, même en comptant un retour en dépanneuse).
Alors forcément, c'est difficile de préférer les transports dans ces conditions. À l'heure actuelle, j'évite la bagnole parce que je travaille intra-muros, que j'ai une très bonne ligne de train, et que j'arrive à éviter le métro une fois dans Paris. Si demain je travaille en proche banlieue, il y a toutes les chances que je retourne à la voiture.
Avec des transports beaucoup plus efficaces sur un trajet donné, tu parviens à compenser les avantages individuels de la bagnole (ou en tous cas du véhicule perso, ça peut valoir aussi pour le vélo si tu es sur une distance qui s'y prête). Mais gagner 20 minutes de trajet, ça vaut pas les désagréments des transports en commun.