• [^] # Re: pluriel optionnel

    Posté par . En réponse au journal Écriture inclusive, comment la France a encore perdu une belle occasion de devenir leade(r|use).. Évalué à 10.

    La meilleure idée, c'est juste de comprendre que le genre grammatical est censé être une pure propriété formelle.

    Ouais, mais le problème c'est que les exceptions existent déja, typiquement sur la féministation des métiers. On dit "une directrice", "une institutrice", "une factrice", etc. Dire "L'instituteur du petit dernier est une femme", ça semble être une faute de français. Est-ce qu'on peut rester dans cet espèce d'entre-deux, où cohabitent des formes lexicalisées usitées ("présidente", "infirmière", "assistante", "avocate"), des formes lexicalisées non-usitées ("doctoresse", "mairesse"), des formes neutres ("géographe", "économiste", "ministre", "pilote"), des formes non-lexicalisées évidentes ("milicienne", "électricienne", "éboueuse"?), et des formes dégueulassoïdes non-lexicalisées et délirantes ("un sage-femme" ("maïeuticien" me semble bien plus élégant), "une autrice" ("auteuse"? Beeerk), "une pompière", "une major/majore/majorette?"), et des cas où il est virtuellement impossible de trouver une solution ("une marin-pompière?" "une maréchale-ferrante", "une grande officière de la légion d'honneur"?).

    Le problème de fond existe donc, si on dit "une boulangère" et "une couturière" et pas "une cheffesse de service", c'est pour la seule raison que pendant longtemps certaines professions n'étaient pas accessibles aux femmes et qu'on n'avait pas besoin du mot. Du coup, c'est un peu facile de se cacher derrière l'argument du mot qui n'existe pas en français, parce que le problème, c'est justement que le mot n'existe pas.

    Ceci était dit, autant je peux discuter sur la féminisation des métiers, autant cette dégueulasserie avec les points... C'est pas du vocabulaire, c'est de la grammaire. Foutre des pseudo-regexp illisibles et imprononçables dans les mots, ça ne peut pas constituer une solution. La solution, c'est surtout que quand on dit "chers collègues", les femmes n'ont aucune raison de se sentir exclues. Si elles se sentent exclues, c'est un problème de société, pas un problème de langue.