Si on essaye pour tes deux premiers points de raisonner en terme de pouvoir d'achat plutôt que simplement de monnaie (ce qui me fera peut-être mieux comprendre).
Si le but de tout un chacun est d'augmenter son pouvoir d'achat (quelles que soient les situations de la monnaie) plutôt que d'augmenter son nombre d'euros (ou dollars ou whatever), alors placer son pognon à la banque permet de s'enrichir (variante du matelas ou du lingot d'or).
Ainsi : * Garder le pognon sous son matelas permet de s'enrichir * Les gens ne consomment que les produits de première nécessité
Non, les gens n'auraient en déflation pas plus de raison de ne consommer que des produits de première nécessité qu'actuellement ils ne préfèrent placer leur argent sur leur livret A au-dessus de l'inflation (ou placements équivalents à l'étranger) plutôt que d'aller boire un verre avec des amis. Attention à ne pas confondre déflation avec crise économique.
* Les salaires baissent tous les ans
En valeur nominale, pas nécessairement en pouvoir d'achat. De la même façon qu'aujourd'hui les salaires augmentent tous les ans, pourtant le pouvoir d'achat ne suit pas nécessairement.
* Les robinets du crédit sont fermés
Ils ne sont ouverts qu'aux projets plus rentables que le taux de déflation (cf ci-dessous).
* L'investissement n'est intéressant que pour les projets hyper-rentables (rentabilité supérieure au taux de déflation)
Oui, l'investissement n'est intéressant que pour les projets plus rentables que la déflation. Est-ce un bien ou un mal ? La réponse est politique. Bornons nous à le constater pour le moment.
Mais finalement n'est-ce d'ailleurs pas le cas aujourd'hui ? Sur quel marché financier les acteurs préfèrent faire un investissement moins rentable qu'un autre ??? Ainsi en réalité tout ce dont il s'agit, au fond, est de la perception du risque : certains acteurs préfèrent un potentiel de rentabilité supérieur au prix d'un risque augmenté, d'autres non.
La déflation donne uniquement un placement sans risque à tous (plutôt que réservé aux seules rentes de situation ou certains placements dédiés aux particuliers type Livret A en France).
Ton scénario nous propose simplement une crise économique majeure sans scénario de sortie, avec des revenus du travail qui baissent et des revenus du capital immobilisé qui montent, ça n'est un modèle pour personne (à moins que tu sois nihiliste ou un truc comme ça?).
Je ne vois pas pourquoi crise économique majeure et déflation seraient nécessairement liées. Pour moi les équilibres économiques ne font que se déplacer, et effectivement vers les investissements les plus rentables (et encore, en supposant que tous les acteurs économiques ne cherchent qu'à maximiser leurs revenus, ce qui n'est pas le cas - le secteur public représentant une grosse partie de l'activité économique). Est-ce un problème ?
Les revenus du capital immobilisé qui montent, c'est déjà le cas pour toutes les industries qui ont une barrière à l'entrée, pour les entreprises qui ont fini d'amortir leurs investissements (alors le capital immobilisé travaille gratuitement en quelque sorte), et au niveau des individus de ceux qui épargnent sur les placements qui leurs sont ouverts.
Attention à ne pas confondre déflation et crise économique. L'hyperdéflation, comme l'hyperinflation, ne sont pas des bonnes choses (dans les deux cas elles donnent une prime à ceux qui ne sont pas endettés/possèdent de l'or ou autres choses durables). Le Japon est en déflation légère depuis près de 25 ans, ça ne l'empêche pas de rester la troisième puissance économique mondiale, ni n'empêche les Japonais d'avoir toujours un niveau de vie peu égalé.
(à moins que tu sois nihiliste ou un truc comme ça?)
J'avoue que la discussion est très intéressante pour moi, cela permet d'aller au fond des choses, merci de l'avoir continuée jusqu'ici.
L'idée d'un placement sans risque ouvert à tous me paraît séduisante. Les effets pervers me semblent pouvoir se réguler par des taxes ou des incitations (du type des donations défiscalisées par exemple), de la même façon qu'actuellement.
J'ai également l'impression que les aberrations financières qu'on constate actuellement (obligations à taux négatif par exemple, emprunts à des taux inférieurs à l'inflation réelle et prévue) conduisent à un sur-investissement qui ne peut que mener à une crise supplémentaire : la croissance par le crédit n'a qu'un temps.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par khivapia . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 2.
Merci d'avoir poursuivi la discussion.
Si on essaye pour tes deux premiers points de raisonner en terme de pouvoir d'achat plutôt que simplement de monnaie (ce qui me fera peut-être mieux comprendre).
Si le but de tout un chacun est d'augmenter son pouvoir d'achat (quelles que soient les situations de la monnaie) plutôt que d'augmenter son nombre d'euros (ou dollars ou whatever), alors placer son pognon à la banque permet de s'enrichir (variante du matelas ou du lingot d'or).
Ainsi :
* Garder le pognon sous son matelas permet de s'enrichir
* Les gens ne consomment que les produits de première nécessité
Non, les gens n'auraient en déflation pas plus de raison de ne consommer que des produits de première nécessité qu'actuellement ils ne préfèrent placer leur argent sur leur livret A au-dessus de l'inflation (ou placements équivalents à l'étranger) plutôt que d'aller boire un verre avec des amis. Attention à ne pas confondre déflation avec crise économique.
* Les salaires baissent tous les ans
En valeur nominale, pas nécessairement en pouvoir d'achat. De la même façon qu'aujourd'hui les salaires augmentent tous les ans, pourtant le pouvoir d'achat ne suit pas nécessairement.
* Les robinets du crédit sont fermés
Ils ne sont ouverts qu'aux projets plus rentables que le taux de déflation (cf ci-dessous).
* L'investissement n'est intéressant que pour les projets hyper-rentables (rentabilité supérieure au taux de déflation)
Oui, l'investissement n'est intéressant que pour les projets plus rentables que la déflation. Est-ce un bien ou un mal ? La réponse est politique. Bornons nous à le constater pour le moment.
Mais finalement n'est-ce d'ailleurs pas le cas aujourd'hui ? Sur quel marché financier les acteurs préfèrent faire un investissement moins rentable qu'un autre ??? Ainsi en réalité tout ce dont il s'agit, au fond, est de la perception du risque : certains acteurs préfèrent un potentiel de rentabilité supérieur au prix d'un risque augmenté, d'autres non.
La déflation donne uniquement un placement sans risque à tous (plutôt que réservé aux seules rentes de situation ou certains placements dédiés aux particuliers type Livret A en France).
Ton scénario nous propose simplement une crise économique majeure sans scénario de sortie, avec des revenus du travail qui baissent et des revenus du capital immobilisé qui montent, ça n'est un modèle pour personne (à moins que tu sois nihiliste ou un truc comme ça?).
Je ne vois pas pourquoi crise économique majeure et déflation seraient nécessairement liées. Pour moi les équilibres économiques ne font que se déplacer, et effectivement vers les investissements les plus rentables (et encore, en supposant que tous les acteurs économiques ne cherchent qu'à maximiser leurs revenus, ce qui n'est pas le cas - le secteur public représentant une grosse partie de l'activité économique). Est-ce un problème ?
Les revenus du capital immobilisé qui montent, c'est déjà le cas pour toutes les industries qui ont une barrière à l'entrée, pour les entreprises qui ont fini d'amortir leurs investissements (alors le capital immobilisé travaille gratuitement en quelque sorte), et au niveau des individus de ceux qui épargnent sur les placements qui leurs sont ouverts.
Attention à ne pas confondre déflation et crise économique. L'hyperdéflation, comme l'hyperinflation, ne sont pas des bonnes choses (dans les deux cas elles donnent une prime à ceux qui ne sont pas endettés/possèdent de l'or ou autres choses durables). Le Japon est en déflation légère depuis près de 25 ans, ça ne l'empêche pas de rester la troisième puissance économique mondiale, ni n'empêche les Japonais d'avoir toujours un niveau de vie peu égalé.
(à moins que tu sois nihiliste ou un truc comme ça?)
J'avoue que la discussion est très intéressante pour moi, cela permet d'aller au fond des choses, merci de l'avoir continuée jusqu'ici.
L'idée d'un placement sans risque ouvert à tous me paraît séduisante. Les effets pervers me semblent pouvoir se réguler par des taxes ou des incitations (du type des donations défiscalisées par exemple), de la même façon qu'actuellement.
J'ai également l'impression que les aberrations financières qu'on constate actuellement (obligations à taux négatif par exemple, emprunts à des taux inférieurs à l'inflation réelle et prévue) conduisent à un sur-investissement qui ne peut que mener à une crise supplémentaire : la croissance par le crédit n'a qu'un temps.