• [^] # Re: Oh une petite 95 en vue

    Posté par . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 3.

    qui favorisent clairement les détenteurs de capital, c'est-à-dire les patrons.

    Arlette Laguiller, sors de ce corps! Sérieusement, on peut se permettre de distinguer les actionnaires et les dirigeants d'entreprises? Autrement c'est du n'importe quoi.

    L'OCDE a montré que 46% des baisses d'impôts décidés allaient profiter aux 10% les plus riches de notre pays.

    ... qui payent beaucoup plus que 46% de l'impôt, donc ils y gagnent moins que les autres! Exemple typique de manipulation de chiffres. Prenons l'impôt sur le revenu, 78% de l'IR est payé par le 10e décile (les 10% les plus riches). Imaginons que l'IR total soit de 100 Mrds. Le 10e décile paye 78 Mrds, les autres déciles (surtout le 9e et le 8e en fait) payent les 22 Mrds qui restent. Tu décides de faire 10 Mrds de baisse, et 64% de ces 10 Mrds (donc 6.4 Mrds) bénéficient au 10e décile. Reste donc 3.6 Mrds pour les déciles suivant. Résultat, le 10 décile paye donc 78-6.4 = 71.6 Mrds d'IR, et les autres déciles 18.4 Mrds ( = 90 Mrds, le compte est bon). Après la réforme, le 10e décile contribue à 71.6/90 = 80% de l'IR. L'impôt est donc devenu plus redistributif, puisque les riches payent en proportion plus que les autres.

    Ce n'est pas un hasard, c'est un choix conscient.

    Très certainement.

    Et ce n'est certainement pas le fruit de discussions entre personnes qui ne sont pas d'accord.

    J'imagine que si. C'est juste que ces discussions n'ont probablement pas fait intervenir de démagogues qui font semblant de ne pas savoir compter.

    C'est l'exemple parfait de choix idéologique, quasi dogmatique.

    Rendre l'impôt plus progressif est en effet idéologique.

    On ne peut pas condamner un type de violence sans considérer l'autre type de violence.

    Je pense avoir la faiblesse de préférer un type de violence plutôt qu'un autre. Ton truc, ça peut amener à légitimer la violence physique avec un raisonnement de type "deux faux font un vrai", et je n'irais pas dans ce sens.

    Sans compter qu'il serait délirant de considérer que la violence sociale a remplacé la violence physique. Il y a un ou deux siècles, non seulement le monde était beaucoup plus violent physiquement, mais il était aussi beaucoup plus violent socialement (pas de droit du travail, esclavage ou servitude, absence totale d'ascenceur social, pas d'égalité devant la loi, etc).

    Et puis c'est où la limite pour la violence sociale? Quand tu auditionnes 5 personnes pour un job, 4 devront en chercher un autre, ils vont être déçus et se sentir rejetés. Quand tu te fais draguer, parfois tu vas dire non (enfin, j'imagine), est-ce que le partenaire déçyu ne va pas se sentir socialement violenter? Parfois, il y a des gens qui doivent se faire virer, parce qu'ils picolent, parce qu'ils ne viennent plus au travail, parce que l'usine ferme, parce que ce qu'ils savent faire n'a plus de valeur pour la société. C'est violent, mais pour moi c'est totalement indépendent du code du travail. Tu peux accompagner les changements de la société pour essayer de minimiser les effets délétères de ces changements, mais tu ne peux pas faire de loi qui empêche le monde de changer. Et j'ai l'impression que c'est ce qui est en train de se passer ; un fossé se creuse entre ceux dont l'activité ou les compétences sont valorisables pour la société, et ceux dont les compétences ne sont pas valorisables. Ce n'est pas juste, mais aucune loi miraculeuse ne pourra y remédier. Et dans ce cadre, l'idée que ça ne puisse être que la pénurie de main d'œuvre qui pourra créer les conditions dans lesquelles les salariés seront en position de force pour négocier n'est pas a priori stupide, surtout quand on voit avec quelle facilité il est possible de tourner autour du code du travail pour en éviter les contraintes.