Mouai, faut voir, un dév qui commence par dire qu’il faut tenir compte de la machine quand on lui demande un algo rapide. C’est pas forcément bon signe du point de vue d’un recruteur. T’as l’impression qu’il cherche à noyer le poisson pour entuber son monde.
De plus, dans un contexte professionnel, surtout pour une moyenne/grosse entreprise, c’est très mal barré. Le dimensionnement, l’architecture matérielle, le contexte d’exécution des machines de production, c’est pas au dév de s’en occuper. Elles sont amenées à changer dans le temps, à être différentes suivant le contexte (développement, recette, production), etc. Bref, le dév ne contrôle pas du tout la machine qui exécute le code. Tu as l’air de penser que les ingénieurs techniques auraient donné raison au candidat, mais pour moi ce n’est pas si évident, car ne pas avoir intégrer ça, c’est très clairement un signe de lacune : incapacité à s’insérer dans un SI un tant soit peu important.
C’est une série de questions très "scolaires" qui sont posées dans ce genre de questionnaire, et dont on n’attend pas forcément la réponse de génie, ni que le dév se la pète, mais un état de l’art du métier. Dans le monde du travail on n’aime guère les têtes qui dépassent, que ce soit légitime (personne très talentueuse/compétente) ou illégitime (qui pète plus haut que son cul). Normalement c’est juste pour écarter ceux qui falsifiraient leur CV, ce genre de chose...
Dans 99.999% des cas, le dév ne développe pas un algo de tri : il va chercher à utiliser un tout fait. Ce qu’on lui demande c’est juste de prendre le bon. C’est aussi une question de coût, payer un ingé XX € de l’heure pour qu’il optimise afin de gagner 3 centimes sur du temps CPU... Faudrait pas oublier les fondamentaux : on travaille pour rapporter de l’argent à son employeur, pas pour en coûter.
Dans mon domaine le tri est massivement utilisé, mais on se contente de faire appel au programme ad-hoc et ce sont d’autres que nous qui s’occupent de le paramétrer pour des performances optimales sur les machines du moment... Remarque à ce stade, que si le poste est celui d’un ingé qui s’occupe du hard ou du dit paramétrage de l’algo, dire "ça dépend du CPU" est au contraire une réponse éligible.
Après je me garderai bien de dire ce que je pense des recruteurs. Vu mon passif j’ai beaucoup de choses à leur reprocher car j’en ai vu des vertes et des pas mûres. Forcément maintenant que je suis plus en position de négocier voir même imposer certaines choses, ça se passe mieux (sur certaines pratiques très limites de SSII d’ailleurs il faut savoir dire "non" d’emblée pour partir sur de bonnes bases). L’avantage de l’informatique c’est qu’il y a plus de boulot que d’informaticiens dans un certain nombre de métiers, surtout passé le cap du stade "junior", et du coup on peut se permettre d’avoir certaines exigences vis-à-vis des employeurs (toute proportion gardée). C’est devenu rare à l’heure du chômage structurel de masse, et c’est une chance extraordinaire. Surtout qu’avec la politique économique actuelle ça ne va pas s’arranger pour les autres... (Macron s’attaque au chômage frictionnel, ça représente peanut).
Le coup du questionnaire technique foireux sur les bords, c’est le moindre des reproches qu’on peut faire (et certainement pas le plus légitime).
chanceux d’avoir exactement la même manière de penser que l’auteur du questionnaire
Voilà, c’est exactement ça. Si celui qui a pondu le questionnaire est très précisément son futur collègue avec lequel il devra travailler en étroite collaboration ? Alors peu importe que les questions/réponses soient dans l’absolu les plus justes possibles. L’important ici est de savoir si untel va pouvoir travailler correctement dans telle équipe/entreprise.
Oui c’est totalement arbitraire, totalement injuste vis-à-vis du candidat. Ça ne tient pas non plus compte des capacités d’adaptation/intégration.
Mais que veux-tu ? À la base l’idée qu’on puisse savoir si untel conviendra à tel poste pour x années en se basant sur un processus de recrutement qui dure au mieux quelques heures, c’est totalement illusoire. La période d’essai est là pour ça, mais les employeurs ne veulent même plus s’en servir (ie. accepter de payer quelqu’un moins productif pendant 2-3 mois pour lui laisser le temps de prendre ses marques... quitte à l’augmenter après 1 ans, voir 6 mois...).
[^] # Re: Fake
Posté par .Nicolas. . En réponse au journal Recrutons. D'accord, mais sur quels critères ?. Évalué à 4.
Mouai, faut voir, un dév qui commence par dire qu’il faut tenir compte de la machine quand on lui demande un algo rapide. C’est pas forcément bon signe du point de vue d’un recruteur. T’as l’impression qu’il cherche à noyer le poisson pour entuber son monde.
De plus, dans un contexte professionnel, surtout pour une moyenne/grosse entreprise, c’est très mal barré. Le dimensionnement, l’architecture matérielle, le contexte d’exécution des machines de production, c’est pas au dév de s’en occuper. Elles sont amenées à changer dans le temps, à être différentes suivant le contexte (développement, recette, production), etc. Bref, le dév ne contrôle pas du tout la machine qui exécute le code. Tu as l’air de penser que les ingénieurs techniques auraient donné raison au candidat, mais pour moi ce n’est pas si évident, car ne pas avoir intégrer ça, c’est très clairement un signe de lacune : incapacité à s’insérer dans un SI un tant soit peu important.
C’est une série de questions très "scolaires" qui sont posées dans ce genre de questionnaire, et dont on n’attend pas forcément la réponse de génie, ni que le dév se la pète, mais un état de l’art du métier. Dans le monde du travail on n’aime guère les têtes qui dépassent, que ce soit légitime (personne très talentueuse/compétente) ou illégitime (qui pète plus haut que son cul). Normalement c’est juste pour écarter ceux qui falsifiraient leur CV, ce genre de chose...
Dans 99.999% des cas, le dév ne développe pas un algo de tri : il va chercher à utiliser un tout fait. Ce qu’on lui demande c’est juste de prendre le bon. C’est aussi une question de coût, payer un ingé XX € de l’heure pour qu’il optimise afin de gagner 3 centimes sur du temps CPU... Faudrait pas oublier les fondamentaux : on travaille pour rapporter de l’argent à son employeur, pas pour en coûter.
Dans mon domaine le tri est massivement utilisé, mais on se contente de faire appel au programme ad-hoc et ce sont d’autres que nous qui s’occupent de le paramétrer pour des performances optimales sur les machines du moment... Remarque à ce stade, que si le poste est celui d’un ingé qui s’occupe du hard ou du dit paramétrage de l’algo, dire "ça dépend du CPU" est au contraire une réponse éligible.
Après je me garderai bien de dire ce que je pense des recruteurs. Vu mon passif j’ai beaucoup de choses à leur reprocher car j’en ai vu des vertes et des pas mûres. Forcément maintenant que je suis plus en position de négocier voir même imposer certaines choses, ça se passe mieux (sur certaines pratiques très limites de SSII d’ailleurs il faut savoir dire "non" d’emblée pour partir sur de bonnes bases). L’avantage de l’informatique c’est qu’il y a plus de boulot que d’informaticiens dans un certain nombre de métiers, surtout passé le cap du stade "junior", et du coup on peut se permettre d’avoir certaines exigences vis-à-vis des employeurs (toute proportion gardée). C’est devenu rare à l’heure du chômage structurel de masse, et c’est une chance extraordinaire. Surtout qu’avec la politique économique actuelle ça ne va pas s’arranger pour les autres... (Macron s’attaque au chômage frictionnel, ça représente peanut).
http://lemonde-emploi.blog.lemonde.fr/2011/10/07/la-gueule-de-lemploi-un-document-choc-sur-le-recrutement/
Le coup du questionnaire technique foireux sur les bords, c’est le moindre des reproches qu’on peut faire (et certainement pas le plus légitime).
Voilà, c’est exactement ça. Si celui qui a pondu le questionnaire est très précisément son futur collègue avec lequel il devra travailler en étroite collaboration ? Alors peu importe que les questions/réponses soient dans l’absolu les plus justes possibles. L’important ici est de savoir si untel va pouvoir travailler correctement dans telle équipe/entreprise.
Oui c’est totalement arbitraire, totalement injuste vis-à-vis du candidat. Ça ne tient pas non plus compte des capacités d’adaptation/intégration.
Mais que veux-tu ? À la base l’idée qu’on puisse savoir si untel conviendra à tel poste pour x années en se basant sur un processus de recrutement qui dure au mieux quelques heures, c’est totalement illusoire. La période d’essai est là pour ça, mais les employeurs ne veulent même plus s’en servir (ie. accepter de payer quelqu’un moins productif pendant 2-3 mois pour lui laisser le temps de prendre ses marques... quitte à l’augmenter après 1 ans, voir 6 mois...).