• [^] # Re: Orwell était un petit joueur.

    Posté par . En réponse au journal L’État d’urgence permanent. Évalué à 2.

    Moi ce que j'en retire des critiques contre cette Institution (notamment dans l'article en question) c'est que les gens veulent accorder les Droits de l'Homme aux êtres humains et aux situations qui les arrangent.

    Les Droits de l'Homme ne sont pas des prescriptions précises : ce sont des principes généraux dont l'interprétation est laissée à la discrétion d'instances particulières (législatives ou juridiques). Les Droits de l'Homme ne sont nullement un corpus juridique applicable tel quel. Ce qui est en question dans les critiques faites sur l'activité de la CEDH, c'est l'interprétation particulière que la CEDH fait des droits de l'Homme.

    La beauté sublime des Droits de l'Homme c'est son universalité

    Oui, c'est peut-être sublime. Mais ensuite, il faut redescendre sur Terre : le droit ne se préoccupe pas du sublime (ça, c'est l'art ou la religion) mais de situations concrètes. Et le diable est dans les détails.

    Mais si tu commences à ajouter des exceptions à ces droits

    Pardon, mais des exceptions, il y en a déjà et depuis fort longtemps, et je ne vois pas grand'monde s'en offusquer. Par exemple, les lois sur la liberté de la presse énoncent une série d'exceptions qui sont largement acceptées (interdiction de la diffamation, etc.). Ces exceptions sont en réalité inévitables, car le droit ne peut être fait d'absolus.

    Si le sujet t'intéresse, je te suggère de lire Le droit et les droits de l'homme, de Michel Villey.

    son universalité paraît frustrant et contre intuitif par rapport à certaines situations

    C'est surtout que leur universalité les rend absolument impropres à une application directe et sans interprétation. Et l'interprétation qu'on en fait comporte nécessairement un élément de décision politique.