tl;dr : Le clavier orthogonal n'est pas la panacée et bépo n'est pas conçu ni adapté pour les claviers exotiques.
Oui, quitte à normaliser le bépo, autant le faire avec un clavier orthogonal. Si on commence à se séparer de l'historique machine à écrire autant le faire jusqu'au bout.
Cela nécessiterait de choisir un modèle unique de clavier ergonomique alors que tous ont des avantages et des inconvénients. Mon clavier ergonomique idéal n'existe pas, et même si j'avais trouvé le Graal, l'ergonomie c'est avant tout la personnalisation individuelle mais aussi selon ses usages ponctuels, ce qui n'est pas vraiment compatible avec une norme rigide de clavier unique. Le clavier ergonomique parfait serait extrêmement modulaire pour convenir à tous les usages, toutes les morphologies mais aussi à tous les handicaps ou pathologies liées à la douleur et à la perte de motricité manuelle.
Sans compter que cette norme n'est pas internationale ni même européenne et que les normes AFNOR ne sont pas obligatoires mais suggestives donc ce serait un énorme flop car rares seraient les industriels à investir dans des lignes de production de claviers orthogonaux pour un seul pays ayant un marché relativement restreint.
De plus, le décalage sur les machines à écrire ne posaient pas réellement de problèmes avant qu'IBM dans les années 50-60 ne favorise un décalage défavorisant la main gauche (c'est une observation personnelle sur l'historique des modèles de machines à écrire que j'ai faite il y a quelques années donc ça reste à prendre avec des pincettes). Un clavier orthogonal comme le Typematrix impose d'ailleurs une torsion du poignet qui n'est pas toujours meilleure qu'un décalage, la position idéale la moins stressante (proche de la position de repos) étant avec des touches placées en V inversé (Λ cf le Truly Ergonomic) donc un clavier avec un décalage de manière symétrique vers le centre ou le décalage neutre d'une demi touche, comme un mur de brique, présent sur toutes les rangées des machines à écrire avant les années 50 n'est pas moins ergonomique en soi qu'un clavier matriciel.
L'histoire des machines à écrire est très intéressante et on peut aussi y chercher des pistes de réflexion. Les contraintes des premières machines Remington qui ont imposé la création de qwerty ont rapidement été corrigées (rendant cette disposition inutile depuis plus de cent ans) et il y a eu d'autres dispositions même avant celle de Dvorak dans les années 30.
Certaines conceptions exotiques du début du XXè siècle n'étaient pas dénuées d'idées ergonomiques (touches disposées en arc de cercle) ni même de praticité (système de boule comprenant les caractères en relief et remplaçable facilement pour une boule gravées d'un autre jeu de caractères ou d'une autre police d'écriture)
Surtout que bepo est l'une des rares dispositions ayant considéré dès sa conception ces claviers.
Je ne sais pas où tu as pu trouver cette information mais bépo n'a jamais ô grand jamais été conçu pour les claviers orthogonaux ou ergonomiques, c'est même tout le contraire :
Si tu vas fouiller dans le wiki de bépo tu te rendras compte que les cartes des duels d'accessibilité conçues lors de la création de la disposition il y a plus de dix ans ont été faites sur des claviers décalés.
Le Typematrix, encore le modèle 2020 en PS/2 à l'époque, n'était pas connu du tout, les rares modèles de claviers ergonomiques un peu médiatisés existants à cette époque comme le Kinesis Contoured n'étaient (et ne sont toujours) pas abordables, le clavier Marsan n'a jamais été commercialisé, les claviers ergonomiques de chez Microsoft comme le Natural 4000 (et ses successeurs) restent décalés et plein de gens sont toujours bloqués sur ordinateurs portables. C'est pourquoi le but de bépo était de créer une disposition dvorak-fr libre à partir du clavier ISO 105 décalé tout en restant utilisable avec le clavier ANSI 104 américain.
C'est ainsi que les cartes présentant la disposition sur la page d'accueil et dans les visuels de communication sont volontairement des claviers décalés et que la communauté s'efforce de ne pas associer bépo et clavier ergonomique (et le marquage non plus) dans sa communication pour ne pas entretenir de confusion même si de nombreux utilisateurs sont aussi possesseurs de claviers ergonomiques et que depuis le début il existe des pages peu mises en avant dans le wiki (mais pas planquées) sur les différents types de claviers mais aussi les différents systèmes de pointage ou les logiciels pour les personnes voulant aller plus loin. C'est pour palier à cette limitation volontaire que l'association ne s'appelle pas bépo mais Ergodis, parce qu'au fur et à mesure des découvertes et des partages, le but de la communauté s'est rapidement élargi à la réflexion et à la promotion de l'ergonomie de toute la chaine logicielle et matérielle de l'interface homme-machine.
Le fait que certains claviers ergonomiques comme les modèles de Typematrix soient compatibles avec le bépo natif n'est dû qu'à leur proximité physique avec les claviers ANSI ou ISO. On a pu mesurer la limitation de bépo quand les claviers entièrement programmables ont commencé à se démocratiser, à sortir de l'univers des claviers de points de vente comme le fait Tipro pour arriver enfin sur le marché de l'ergonomie.
Quand le Truly Ergonomic est arrivé il y a environ quatre ans, certaines personnes ont voulu y adapter bépo et l'améliorer notamment pour exploiter sa barre d'espace scindée. Il n'y a pas eu d'autre choix que de créer des variantes, par exemple pour mettre la lettre E sous le pouce gauche et récupérer une très bonne place qui engendre des déplacements en cascade.
La même chose est arrivée quelques mois plus tard avec la sortie du Ergodox qui, de par la programmation bas niveau en C de son microcontroleur AVR (un Atmega32u4 avec USB natif et compatibilité Arduino) a poussé la réflexion plus loin. Par exemple sur la possibilité de différenciations séquentielles par la pression ou le relâchement d'une touche avant ou après les autres qui permettrait une forme de clavier à accords ou des compositions basée sur des roulements.
Pour faire les choses correctement avec la méthode Dvorak, il faudrait donc refaire des cartes d'accessibilité pour chaque clavier ergonomique et relancer l'algorithme (voir lui ajouter des améliorations rendues disponibles) ce qui créerait des dispositions très (trop) différentes les unes des autres même en gardant le même corpus de texte et la même pondération entre la typographie du français, la programmation et les autres langues.
Bépo n'est finalement qu'un compromis "legacy" entre claviers physiques ISO et ANSI et les différents usages informatiques. Le fork est une pratique encouragée dès sa création de par sa licence libre et l'accès aux outils, corpus et documents utilisés pour sa conception.
[^] # Re: clavier orthogonal et disposition bépo
Posté par Anonyme . En réponse à la dépêche Vers une norme AFNOR pour le clavier français. Évalué à 10.
tl;dr : Le clavier orthogonal n'est pas la panacée et bépo n'est pas conçu ni adapté pour les claviers exotiques.
Cela nécessiterait de choisir un modèle unique de clavier ergonomique alors que tous ont des avantages et des inconvénients. Mon clavier ergonomique idéal n'existe pas, et même si j'avais trouvé le Graal, l'ergonomie c'est avant tout la personnalisation individuelle mais aussi selon ses usages ponctuels, ce qui n'est pas vraiment compatible avec une norme rigide de clavier unique. Le clavier ergonomique parfait serait extrêmement modulaire pour convenir à tous les usages, toutes les morphologies mais aussi à tous les handicaps ou pathologies liées à la douleur et à la perte de motricité manuelle.
Sans compter que cette norme n'est pas internationale ni même européenne et que les normes AFNOR ne sont pas obligatoires mais suggestives donc ce serait un énorme flop car rares seraient les industriels à investir dans des lignes de production de claviers orthogonaux pour un seul pays ayant un marché relativement restreint.
De plus, le décalage sur les machines à écrire ne posaient pas réellement de problèmes avant qu'IBM dans les années 50-60 ne favorise un décalage défavorisant la main gauche (c'est une observation personnelle sur l'historique des modèles de machines à écrire que j'ai faite il y a quelques années donc ça reste à prendre avec des pincettes). Un clavier orthogonal comme le Typematrix impose d'ailleurs une torsion du poignet qui n'est pas toujours meilleure qu'un décalage, la position idéale la moins stressante (proche de la position de repos) étant avec des touches placées en V inversé (Λ cf le Truly Ergonomic) donc un clavier avec un décalage de manière symétrique vers le centre ou le décalage neutre d'une demi touche, comme un mur de brique, présent sur toutes les rangées des machines à écrire avant les années 50 n'est pas moins ergonomique en soi qu'un clavier matriciel.
L'histoire des machines à écrire est très intéressante et on peut aussi y chercher des pistes de réflexion. Les contraintes des premières machines Remington qui ont imposé la création de qwerty ont rapidement été corrigées (rendant cette disposition inutile depuis plus de cent ans) et il y a eu d'autres dispositions même avant celle de Dvorak dans les années 30.
Certaines conceptions exotiques du début du XXè siècle n'étaient pas dénuées d'idées ergonomiques (touches disposées en arc de cercle) ni même de praticité (système de boule comprenant les caractères en relief et remplaçable facilement pour une boule gravées d'un autre jeu de caractères ou d'une autre police d'écriture)
Je ne sais pas où tu as pu trouver cette information mais bépo n'a jamais ô grand jamais été conçu pour les claviers orthogonaux ou ergonomiques, c'est même tout le contraire :
Si tu vas fouiller dans le wiki de bépo tu te rendras compte que les cartes des duels d'accessibilité conçues lors de la création de la disposition il y a plus de dix ans ont été faites sur des claviers décalés.
Le Typematrix, encore le modèle 2020 en PS/2 à l'époque, n'était pas connu du tout, les rares modèles de claviers ergonomiques un peu médiatisés existants à cette époque comme le Kinesis Contoured n'étaient (et ne sont toujours) pas abordables, le clavier Marsan n'a jamais été commercialisé, les claviers ergonomiques de chez Microsoft comme le Natural 4000 (et ses successeurs) restent décalés et plein de gens sont toujours bloqués sur ordinateurs portables. C'est pourquoi le but de bépo était de créer une disposition dvorak-fr libre à partir du clavier ISO 105 décalé tout en restant utilisable avec le clavier ANSI 104 américain.
C'est ainsi que les cartes présentant la disposition sur la page d'accueil et dans les visuels de communication sont volontairement des claviers décalés et que la communauté s'efforce de ne pas associer bépo et clavier ergonomique (et le marquage non plus) dans sa communication pour ne pas entretenir de confusion même si de nombreux utilisateurs sont aussi possesseurs de claviers ergonomiques et que depuis le début il existe des pages peu mises en avant dans le wiki (mais pas planquées) sur les différents types de claviers mais aussi les différents systèmes de pointage ou les logiciels pour les personnes voulant aller plus loin. C'est pour palier à cette limitation volontaire que l'association ne s'appelle pas bépo mais Ergodis, parce qu'au fur et à mesure des découvertes et des partages, le but de la communauté s'est rapidement élargi à la réflexion et à la promotion de l'ergonomie de toute la chaine logicielle et matérielle de l'interface homme-machine.
Le fait que certains claviers ergonomiques comme les modèles de Typematrix soient compatibles avec le bépo natif n'est dû qu'à leur proximité physique avec les claviers ANSI ou ISO. On a pu mesurer la limitation de bépo quand les claviers entièrement programmables ont commencé à se démocratiser, à sortir de l'univers des claviers de points de vente comme le fait Tipro pour arriver enfin sur le marché de l'ergonomie.
Quand le Truly Ergonomic est arrivé il y a environ quatre ans, certaines personnes ont voulu y adapter bépo et l'améliorer notamment pour exploiter sa barre d'espace scindée. Il n'y a pas eu d'autre choix que de créer des variantes, par exemple pour mettre la lettre E sous le pouce gauche et récupérer une très bonne place qui engendre des déplacements en cascade.
La même chose est arrivée quelques mois plus tard avec la sortie du Ergodox qui, de par la programmation bas niveau en C de son microcontroleur AVR (un Atmega32u4 avec USB natif et compatibilité Arduino) a poussé la réflexion plus loin. Par exemple sur la possibilité de différenciations séquentielles par la pression ou le relâchement d'une touche avant ou après les autres qui permettrait une forme de clavier à accords ou des compositions basée sur des roulements.
Pour faire les choses correctement avec la méthode Dvorak, il faudrait donc refaire des cartes d'accessibilité pour chaque clavier ergonomique et relancer l'algorithme (voir lui ajouter des améliorations rendues disponibles) ce qui créerait des dispositions très (trop) différentes les unes des autres même en gardant le même corpus de texte et la même pondération entre la typographie du français, la programmation et les autres langues.
Bépo n'est finalement qu'un compromis "legacy" entre claviers physiques ISO et ANSI et les différents usages informatiques. Le fork est une pratique encouragée dès sa création de par sa licence libre et l'accès aux outils, corpus et documents utilisés pour sa conception.