• [^] # Re: Client et pub ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Boursorama n’aime pas qu’on bloque des choses. Évalué à 7.

    Tu sous-estime grandement le pouvoir de la publicité. Certes elle n'est pas responsable de tous les maux, mais elle sert d'amplificateur.

    Je croyais que la publicité n'était pas rentable ? Il faudrait savoir !

    Tu as raison, mais comme dit plus haut, c'est difficile à évaluer.

    Ou alors à la base ces filles ont envie d'êtres belles et qu'elles voient en ces produits des moyens de le devenir ou de le rester.

    Elles ont sûrement envie de plaire. Cependant, la publicité les persuade qu'elles ne sont pas bien comme elles sont et qu'elles doivent changer pour plaire. Il s'agit bien là de création de besoin. Quand des filles de 16 ans en Californie se font refaire la poitrine, ne penses-tu pas que la publicité y est pour quelque chose (publicité pour les produits de beautés, majors du disques qui promeuvent des chanteuses-mannequins, publicité pour la chirurgie esthétique évidemment) ?

    Les gamins, comme les libristes, ont une attirance pour un produit dont le logo, le design, l'univers s'inscrit dans une histoire ou une culture qu'ils apprécient.

    Un enfant de quatre ou cinq ans qui veut des chaussettes Cars, un cartable Cars, un pull Cars, c'est simplement qu'il a subi la propagande de la télévision. Il n'a pas encore un esprit critique et des goûts très définis. Un dessin animé comme "Cars" a été spécialement conçu pour vendre des produits dérivés. Tant et si bien et que si tu lui donnes des chaussettes avec une voiture qui n'est pas celle de Cars, l'enfant (qui peut être néanmoins intelligent) va la regarder avec un regard dégoûté et ne pas jouer avec. C'est un cas concret que j'ai observé, les centres aérés regorgent d'exemple.

    De même, Violetta correspond-elle vraiment dans une musique que les enfants apprécient particulièrement ? C'est simplement un produit marketing Disney, étudié pour rentrer rapidement dans la tête des enfants, ensuite son matraquage provoque un comportement passionné des petites filles.

    Sans le matraquage publicitaire de Cars ou Violetta, les enfants passeraient devant les cartables de ces "marques" dans les magasins sans spécialement les regarder plus qu'un autre cartable avec un autre dessin mignon. Il n'y aurait pas de pression sociale autour de ces produits qui seraient "comme les autres".

    Les adultes sont influençables aussi, eux aussi ils vont vouloir porter telle marque pour l'image qu'elle véhicule. Sans publicité, pas d'image quelconque, le vêtement devient également quelconque et on éprouve pas besoin d'achter spécifiquement celui-là. Là aussi il y a eu création d'un besoin. Sans la publicité, les rebelles de cité ne mettraient pas des survêtements contrefaits Tacchini mais des survêtements quelconques, qui leur coûteraient moins cher (et en plus, ils viendraient de la même usine chinoise). Dans le cas des libristes, c'est conscient et c'est militant, donc hors-sujet.

    Ce n'est pas parce que tu as des Google Ads sur ton site que ta liberté d'expression est menacée.

    Bien sûr que si. Difficile de critiquer Google si tu as Google Ads, par exemple. De plus, je suis à peu prêt certain que leurs conditions d'utilisation t'imposent des restrictions.

    On ne peut pas dire par exemple que TF1 et l'Humanité aient une ligne éditoriale semblable malgré un financement similaire et l'appartenance au même groupe.

    Ils s'abstiennent de critiquer leurs principaux annonceurs. Si L'Oréal finance ton journal à 50%, si une affaire sort sur L'Oréal, tu n'en parles pas ou tu fais juste le minimum. On voit cela dans la presse et sur Internet en permanence. Même dans le monde du logiciel libre.

    Attention, tu parlais de neutralité et tu me cites très clairement des publications très politiquement orientées. Il faut être cohérent.

    Ils sont peut-être politiquement orientés (ceci dit je suis curieux de savoir où est orienté politiquement le Canard Enchaîné), mais ils sont libres de faire ce qu'ils veulent. C'est cela qui est important. Je le rappelle, ces dernières années, c'est quasi exclusivement uniquement dans des médias sans publicités - cela inclut Wikileaks - que sont sorties des « affaires ».

    Bizarrement les industries du dopage les plus performantes ne viennent pas du privé avec les gains des compétitions mais... des États. [...] La publicité n'entraine pas le dopage

    Tu as raison, le dopage existait avant et n'a pas besoin des marques pour exister. Cependant, la publicité a amené beaucoup d'argent, donc des compétitions avec plus d'enjeux à la clef, donc fatalement plus de motivation pour tricher (et faire connaître ton sponsor).

    Le problème des salaires astronomiques est que ce n'est pas juste, simplement. Sans vouloir tomber dans un communisme ou un égalitarisme de bas étage, je pense qu'une société saine est une société où les différences entre les salaires les plus bas et les plus hauts sont raisonables. Ce n'est pas normal que Zlatan gagne en un mois (280 000 euros par semaine, près de 13,5 millions d'euros par ans) une somme qui pourrait aider des milliers de familles des quartiers Nord de Marseille, de Lille-Sud ou de Seine-Saint-Denis à simplement boucler les fins de mois.

    La publicité dans le sport, c'est aussi celle qui fait que lors de la Coupe du Monde 1998 et la victoire de l'équipe de France, on a mis en avant les joueurs qui portaient des chaussures Adidas (par ailleurs annonceur de l'équipe de France) et non pas ceux qui portaient des chaussures Nike. Ainsi, l'image d'Emmanuel Petit n'a pas été projetée sur des écrans géants, même s'il a inscrit le dernier but de la compétition, parce qu'il n'avait pas choisi la bonne marque.

    Mais le principal problème de l'argent dans le sport, dont la publicité a une large part de responsabilité, c'est la corruption. Ce sont les matchs truqués de l'Olympique de Marseille de Bernard Tapie, la coupe du monde au Qatar etc.